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 Quand j'avais dix ans, que j'étais sauvage, j'aurais bien voulu être ton copain ✿ libre

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Effie Ashen
 Greenery
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Section : Greenery
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MessageSujet: Quand j'avais dix ans, que j'étais sauvage, j'aurais bien voulu être ton copain ✿ libre   Jeu 20 Juin - 23:26



Effie voulait écrire. Effie voulait passer sa vie à écrire. Jusqu’à vivre dans les écrits.
Mais aujourd’hui, pas d’encre dans le stylo. Pas de lettres dans les mots. Pas de taches sur la feuille. Pas de bosse d’écrivain au doigt.
Ces jours sans inspirations. Ils arrivent comme le vent, comme la pluie. Sans invitation. Ils s’installent et laissent attendre. Attendre qu’ils passent. Qu’ils aient finit leur caprice et s’en aillent, ennuyés. Jusque là, c’est celui qui attend, qui s’ennui.
Effie s’ennui. Et se sent mal de ne pas pouvoir écrire. Elle regarde par la fenêtre. Une assez belle journée. Des nuages, mais blancs. Sont-ils chargés d’eau au point d’en pleuvoir. Dur à dire, Effie ne s’y connait pas en météo. Pourtant, quand ils sont prêts à pleurer, ils ont l’air d’enfants chagrinés. Masses grises, pleines de nœuds.
Ils sont là, blancs et purs, passant par sa fenêtre. Par son bout de ciel. Ils s’échappent, se montrent à moitié, la boude un peu. Effie sourit. Vraiment, elle ne peut pas les voir autrement qu’à la façon d’enfants capricieux. Et Effie. Adore les enfants.

Sans y penser. Sans réfléchir. Elle s’évade. Suit les enfants des airs. Joue à chat avec les nuages. Attrapera, attrapera pas. Effie sourit. Marche, court, à pas-chassés, à pas de fourmis, à pas de géants. Ses joues deviennent rouge. Par son rire, par son manque de souffle.
Elle se sent libre, Effie. Elle sent le vent dans ses cheveux. Il la décoiffe. Il pense avoir l’autorisation de la décoiffer. Peut être l’a-t-il. Peut être le vent est-t-il un adulte qui aime décoiffer les enfants quand il passe près d’eux. Peut être qu’Effie n’est plus une enfant, mais face au vent, elle est si petite après tout.

Elle continue ainsi, le sourire de sorti. Elle veut oublier. Tous ses petits tracas. Ces choses sans grand intérêt. Qui ne sont rien face aux nuages qui rigolent et au vent qui la pousse. Qui la pousse tellement qu’il semble lui donner un chemin. Elle passe, entre les rues, larges ou étroites. Sous des fenêtres, sur des murets qu’elle escalade, sur des marches qu’elle saute par deux ou par quatre. Elle veut oublier qu’elle n’est plus une enfant.
Qu’elle ne l’a jamais été.
Ou qu’elle n’a jamais arrêtée d’être.
C’est dur à dire.

Parfois, entre deux pas, ses jambes la porte en un saut. Comme une fausse ballerine. Qui continue, quelques pas plus loin, et tourne sur elle-même. Sans grand équilibre, elle manque de tomber. Se reprend, mais sans grâce. Peu importe. C’est une petite fille à présent.
Petite blonde qui ne pense à rien. La tête dans les nuages. Les pieds sur terre.
Elle ne se rend pas vraiment compte de ce qu’elle fait, ce qu’elle devient. Mais en même temps si. Mais en même temps. Qui s’en soucis?
Pas elle.

Et la voilà, elle ne sait comment, face à ces étendus d’eau maitrisées. Toutes couleurs portées. Effie s’approche, à pas timides, se voit dans l’eau. Sourit à son reflet qui n’a plus seize ans. Autour, tout est blanc. Et c’est encore plus beau.
C’aurait été un autre jour, elle se serai baignée. Mais pas cette fois.
Cette fois.
Elle recule.
Retire ses petites chaussures.
Et s’approche du rebord du bassin bleuté.
Elle s’y assoie, et lentement, doucement, y plonge ses pieds.
Pieds dans l’eau, pieds mouillés.
Pieds plus tout à faits distincts, image troublée. C’est étrange, car, elle connait très bien ce phénomène, mais celui-ci lui semble nouveau.
Aujourd’hui, elle voit tout différemment. Aujourd’hui, Effie a des yeux d’enfant.
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Cassandre Julliard
 Etincelle
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Date d'inscription : 12/07/2013

MessageSujet: Re: Quand j'avais dix ans, que j'étais sauvage, j'aurais bien voulu être ton copain ✿ libre   Ven 26 Juil - 20:30

사랑은 알수록 나빠질 수밖에 없나봐
Love is so bad, bad, bad, bad, bad
Do, ré, mi, fa, sol, et peut-être fa, mi, ré même – Cassandre a les notes de musique coincées au travers de sa gorge. Elle ne peut pas les avaler et elle ne peut pas les recracher, en fait elle aimerait les vomir ces notes car elles sont trop belles, trop belles pour un être aussi laid qu'elle. Mais Cassandre ne peut rien faire, elle a ce quelque chose coincé dans au travers de sa gorge, des notes de musique peut-être, de l'air impur, ou alors une malédiction. C'est ancré en elle, accroché aux parois de sa vie,  et ça vit dans ses pores, et ça l'empêche de dire la vérité.
C'est un quelque chose qui la tord de douleur lorsqu'elle essaye de dire un « je t'aime » à quelqu'un. C'est un quelque chose qui lui broie les cellules de son corps et qui brûle ses lèvres lorsqu'elle essaye de demander pardon sincèrement. C'est un quelque chose invisible qui plante ses ongles dans sa peau et qui fait une danse tout le long de son corps quand elle aimerait être honnête. Quelque chose qui l'embrasse fougueusement pour la narguer quand elle a une vision et qu'elle essaye de prévenir d'un danger.

Cassandre ne parle plus, elle n'est désormais qu'un amas de mensonges.
En fait, elle a toujours été un amas de mensonges.
Ce n'est que le sort qu'elle mérite.

Mais Cassandre a cette petite fille qui pleure et qui chagrine tous les jours dans son cœur, cette petite fille qui aimerait crier au monde sa solitude et ses regrets, et hurler ses erreurs et son pardon. Le monde est sourd, oh le monde est sourd.
Personne ne l'entend.

Tout ce qui lui reste, c'est le contact. Les pieds nus sur le carrelage froid des eaux colorés, cette sensation désagréable qui lui arrache une grimace de douleur – ce n'est qu'à ce moment là qu'elle se sait encore vivante, car on devient vite fou quand on ne parle plus, quand plus personne ne vous croit.
Elle plonge, d'un coup, dans le bassin glacé. Son corps est parcouru de picotements, sa mâchoire tremble, elle est saisie d'une envie urgente de sortir de cette eau de torture. Mais elle y reste, et ses yeux parcourent le lieu.

Ah, quelqu'un.
Assise là, plus loin, plus loin.
Elle reste là, elle la regarde, la fixe d'un air impassible. Aucun signe, pas de sourire, juste deux enfants qui discutent dans le silence, deux âmes esseulées qui fuient.

« L'eau est trop chaude. » Mais elle est froide.
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Effie Ashen
 Greenery
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MessageSujet: Re: Quand j'avais dix ans, que j'étais sauvage, j'aurais bien voulu être ton copain ✿ libre   Mer 14 Aoû - 2:15


Comme c’est étrange. Cette fille qui se jette à l’eau. Sans crier gare. Sans se soucier des regards alentours. Effie n’entend que l’eau d’abord. Le plongeon. Mais ne relève pas la tête, fixe l’eau. Jusqu’aux vagues lui léchant les pieds. Pieds dans l’eau.

Lentement, sa tête remonte. Lascivement, déjà au courant qu’elle ne sera étonnée de rien. Car aujourd’hui Effie n’est plus Effie. Plus tout à fait. Ni à moitié. Pas juste un peu. Trop, ou pas assez. Elle est complètement.
C’est mystérieux. Une journée comme les autres. Pourtant tout est différent.

Des nuages ont le temps de passer sans se presser. Laissant un temps des marques sombre au sol puis sur l’eau. Et continuent leur chemin. Les vagues se sont arrêtés déjà. Des deux corps, aucun ne bouge. Les deux filles se regardent. Sans sourire, sans grimace. Sans jugement dans les yeux. Sans rien.

Elle parle, ses cheveux collés sur le visage. Des mots simples, pourtant Effie ne comprend pas ce qu’elle dit. Car ça n’a pas de sens.
Elle pourrait acquiescer.
Approuver les propos de l’autre.
Après tout, ça ne change pas grand-chose.

Mais les pieds d’Effie sont dans l’eau. Froide, l’eau. On s’y habitue, à force. Si l’on si introduit progressivement, tout le corps s’adapte à la température. Mais la brune s’est jetée. Un saut en dernier acte, comme si à part ce geste plus rien n’avait d’importance.

Effie rit. Ça a grimpé, comme ça. Un chatouillement dans la gorge. Un sourire gagnant du terrain. Et ça a voulu sortir. Sa voix d’abord trop aigu, qui s’est ressaisi, maîtrisé. D’un rire un peu gaffeur, aveuglé par la lumière après être sorti du corps chaud et sombre, acclimaté et prêt à ce jeter dans l’eau. Cette eau froide.
Un rire qui n’a peur de rien. Un rire de gamin.

La blonde se soulève. Reste sur les marches toujours trempées. Avance, bras écartés, comme une funambule sur un fil. Et non pas sur une large marche. Au bout, à l’arrondi d’angle, elle se voit confrontée à un choix. Retourner au carrelage sec, ou s’enfoncer une marche plus bas.
Elle descend.
Rit encore un peu. C’est froid. Mais elle a le temps, ça va. S’habituer, pour descendre encore. Peut être. Regarde un moment ses pieds troublés par l’eau, puis recherche l’autre du regard. Toujours même endroit. Portant ses mains autour de sa bouche, elle dit:

Fais attention; en restant trop longtemps dans cette eau tu risques d’attraper un coup de chaud!
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