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 parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN

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Adam Richmond
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MessageSujet: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 25 Nov - 12:26

BRAVE NEW WORLD.
Un tsunami, un séisme, une tornade, un typhon, une éruption volcanique, il n'aurait pas pu décrire ce qui s'était passé. Il y a des nausées, des relents de dégoûts qui jaillissent de sa poitrine, s'il n'avait pas été en public il aurait vomi volontiers, pour se dégager de cette gangue affreuse de sentiments contradictoires. Alors, à défaut de pouvoir rendre son petit-déjeuner, Adam se contente de marcher d'un pas vif, se drapant d'une verve qu'il ne possède pas. Au fond, il le sait, il est anéanti, détruit ou brisé, mais il est trop fier pour se l'avouer à lui même. C'est beau le mensonge et l'illusion. De prétendre qu'on ne connait pas ces sentiments d'une violence inouïe et qu'on est juste un peu troublé alors qu'en fait on est carrément bouleversé.
Et c'est fou, la mocheté du jour. Le ciel est bleu, d'un bleu fade, les gens sont laids, idiots, bruyants, les regards sont désagréables, ça dégoûte. Il se dit alors qu'il est juste un peu fatigué, encore énervé par le message de son père. En fait la réalité est tout autre. Il pensait l'avoir oublié, avoir fait son deuil mais non. Jordan était là, présente. Et Jordan était n'importe où. Il la voyait chez n'importe qui, sur n'importe quel sourire, dans n'importe quel rire. Au fond on n'oubliait jamais son premier amour. Il n'avait donc pas oublié Jordan, venice beach et les après-midis passés à Santa-Monica, où la joie embaumait l'air comme la fragrance des parfums de sa mère. Il n'avait pas oublié le goût sucré de ses lèvres, l'odeur de ses cheveux et son air désolé, cet essai sincère et émouvant de ne pas le brusquer. Je t'aime bien Adam. Beaucoup même. Mais je n'y arrive pas. Alors il avait ri, de son rire d'enfant. Non ce n'était pas grave il s'en remettrait. Et puis il avait eu ce grand sourire. Tu verras, tu m'aimeras un jour. La prédiction avait été fausse. La semaine s'était écoulée et Jordan était partie sans promesse, sans cérémonie, dans un grand mouvement de ses cheveux bruns. Et le vert de ses yeux était devenu une relique du passé. Un souvenir, l'un des rares, qu'il souhaitait conserver. Un qui en valait la peine. Sauf que ce souvenir l'avait frappé avec la force d'une trente-six tonnes ce matin, quand nonchalant il avait allumé son ordinateur.
Facebook est une arme de destruction massive ; Jordan « … » est désormais en couple avec « … ».
Il reste désarçonné. Quelque part, une bombe atomique a explosé. Ses lèvres tremblent, il ne s'en rend pas compte, un n'importe quoi l'énerve, il s'accroche à un bout de rien du tout.

Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Certains craquent, d'autres crient, d'autre se confient pour évacuer. Adam lui compacte ses sentiments. Comme pour les broyer, comme pour les enterrer, il les chasse, il les repousse, les noient quelque part. Il a juste besoin de minutes d'un peu de temps pour que tout aille mieux. De rien d'autre et surtout pas d'une main ou d'une épaule. Adam se débrouille bien tout seul, il a toujours su se débrouiller seul. Aujourd'hui il est simplement en rogne, c'est tout. Ça allait partir, ça partirait, forcément. Ça ne pouvait que partir.
La démarche coupante, le regard sombre, il ignore ces gens là, qu'il connaît. Les visages se font offusqués, en fait il s'en fiche, il snobe, il ne veut pas d'eux maintenant. Il n'a pas besoin d'eux. Pressé, Adam bouscule certaines personnes sans ménagement, sans excuses. Elles viendront plus tard, jamais peut-être, il n'en a cure. Il se dirige vers le fond des couloirs, scrute les salles de classes. Il s'engouffre dans celle qui est désertée et s'affale une chaise. Un rire amer secoue ses poumons. Il passait peu de temps sur les bancs de l'école, l'ambiance d'une salle de classe était pourtant celle qui le détendait le plus. Il aime bien l'odeur de craie, les grands tableaux noirs, le bois des tables, un peu tout.
Un peu plus apaisé, Adam expire et sort de son sac une feuille d'arithmétique. Sans cérémonie, il se met à résoudre les exercices. On aurait pu avoir du mal à y croire. Au fond ça n'a rien de surprenant. Adam aime bien la logique, il n'aime pas apprendre bêtement et simplement. Et perdu entre deux lignes de calculs il y a, son esprit qui s'effrondre.


Dernière édition par Adam Richmond le Mer 28 Nov - 0:24, édité 3 fois
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Lun 26 Nov - 19:11



You could be happy and I won't know
But you weren't happy the day I watched you go.
Je déteste le dimanche.
Je déteste le dimanche parce qu'il n'y a rien à faire. Juste se regarder dans le miroir, dans le blanc des yeux, et attendre. Je ne veux pas sortir, je ne veux pas voir d'amis, je n'ai pas d'amis, mes devoirs sont faits, ma chambre est rangée, mes cheveux sont en ordre, mes fringues sont repassées, Noah doit être en train de poursuivre Lula dans un coin paumé de l'académie, je ne peux pas me permettre de suivre Jason tous les jours sans raison valable sous peine de passer pour une psychotarée en puissance.
Je ne suis pas folle.
Je n'accepte juste pas d'être démunie. C'est fatiguant, de n'avoir rien à faire. On a plus de temps pour soi. Plus de temps pour se fixer, en face, bien droit. Plus de temps pour voir ses défauts. Et j'ai tellement de défauts. Ça en devient une torture. Je tourne, et tourne, et tourne en rond dans ma chambre, comme un lion en cage. Je vois ma vie qui défile, mes problèmes qui me sautent aux yeux comme des grenouilles en papier. Il faut que je fasse quelque chose, n'importe quoi, vite, tout de suite !

En désespoir de cause, j'allume mon ordinateur. Ma session, mon mot de passe que je connais sur le bout des doigts, ça m'occupe, c'est parfait. Je me retrouve devant mon fond d'écran. Google. Et puis. Le vide. Forcément. Je n'ai pas facebook. Ni twitter. Ni quoi que ce soit. Inutile, futile. Mon ordinateur me sert à faire mes exposés, à composer mes devoirs.
Et je n'ai pas de devoirs.
Pourquoi n'ai-je pas de devoirs.
Rageusement, je délaisse l'écran dans un coin de ma chambre, et sors en claquant la porte.

Je suis fatiguée, fatiguée par la vie, par ce vide qui me happe, m'entraîne, de plus en plus loin dans le noir, j'ai peur, si peur, il faut que je tienne debout, ne pas m'écrouler, ne pas me montrer faible, tous ces regards sur moi, sans arrêt, j'ai faim, je mange beaucoup en ce moment, je deviens énorme, il ne faut pas surtout pas que je devienne envahissante, je ne veux pas être un poids, je ne veux pas, je ne veux pas, je veux disparaître, je veux devenir poussière, je veux- STOP.

Je tourne à l'angle, descends les escaliers quatre à quatre, manque tomber, remonte jusqu'au quatrième. Je suis tellement essoufflée que je dois faire peur à voir. Mais tout le monde est dehors. Tout le monde rit. Tout le monde s'amuse. C'est dimanche.
Moi je ne m'amuse pas.
Je me sens partir, petite mort dans ma tête, les jambes qui tremblent. Et cette envie de vomir, vomir jusqu'à mes tripes, pour ne plus avoir à regarder cette graisse immonde qui constitue mon corps. Ne plus avoir à être quelqu'un. Ne même plus exister de cette Terre qui me répugne, de ce monde qui ne me sert à rien. Ne plus devoir me lever le matin, quand mon réveil sonne et m'informe qu'une nouvelle journée à être jugée, examinée par des centaines de regards est arrivée. Ne plus devoir répondre aux questions, ne plus devoir parler du tout, ne plus voir, ne plus entendre, ne plus respirer.
N'être plus qu'un silence. Un rien.

En courant, j'arrive jusqu'aux couloirs du quatrième. Les élèves de l'université sont là. Ils travaillent, eux, ils sont sérieux. Moi je ne suis qu'une gamine à bout de souffle, à bout de tout. Je passe devant eux à toute vitesse, ne pas les regarder, où le peu de confiance qu'il me reste s'écroulera comme un château de cartes dans un courant d'air. Je ne sens plus mes pieds, ils avancent seuls. Ils n'ont besoin de personne.

Je pourrais ne pas être là.

J'arrive au bout du couloir, ouvre la première porte que je vois, la referme derrière moi, prend la plus grande inspiration jamais prise de l'histoire de l'humanité. C'est le brouillard autour de moi, du blanc, du noir, du gris, et c'est tout, partout. Mon cœur qui brûle, mon cœur qui bat à deux cent à l'heure, qui trépigne et tressaute. Il faut que je me calme, maintenant. Mais est-ce que je sais encore faire ça ? La sérénité. Je ne sais même plus à quoi ça ressemble. Je ne sais même plus ce que ça fait. J'ai froid. L'horloge qui sonne une nouvelle heure, loin, loin de moi. Je n'arrive pas à compter le bruit des cloches. Je n'arrive à rien. Si ce n'est à me tenir debout. Si froid. Qu'est-ce que je fous là, au juste ? Qu'est-ce que je fous là.

Mes yeux papillonnent, les couleurs reviennent. Un tout petit peu, pâles, fades, ternes. Mais suffisamment là pour que je réalise. Mon nez se fronce sans que j'ai rien demandé, un peu tremblant. Peut-être que je tremble. Je ne me vois pas. Du mal à articuler.

« Ah non, pas toi... »

C'est sorti tout seul. Sérieux, il manquait plus que ça.
Le blond de service au rapport.
Tellement froid.


Dernière édition par Gabrielle E. Larsen le Sam 22 Juin - 20:20, édité 2 fois
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Mar 27 Nov - 14:16

A SORT OF HOMECOMING.
Son crayon suit. Il s'écrase avec un bruit mât sur la table de bois ; Adam soupire, frustré, et chiffonne sa feuille en une petite boule qu'il jette de toutes ses forces jusqu'au bout de la salle. Et sa tête bascule légèrement en arrière, sa chaise tangue sur ses deux pieds, un soupire brise l'éclat de ses lèvres ; Il n'y arrive pas. Entre deux lignes serrées d'écriture bâclée il y a eu Jordan qui s'est insérée, encore toujours. Il n'avait pas pu l'oublier et lointaine elle le narguait avec son grand sourire d'enfant. Au fond, elle ne serait jamais à lui, pire encore, elle était à un autre.
Et ça le tue, ça le mine, ça le ronge, comme s'il avait avalé de l'arsenic, ce matin là. Dans la solitude, Adam touche un fond, creuse, s'enfonce, sa respiration est lourde comme le râle d'un mourant. Il a les yeux à mis clos, qui fixent le plafond de leurs iris innocents. Alors il se rend compte, qu'il y a vraiment beaucoup de choses qui ne vont pas dans cette salle de classe. Il y a une petite lézarde qui courre là, une lumière qui déconne un peu et un ventilateur poussiéreux qui tourne à moitié. Dans ses contemplations triviales, il essaye de s'oublier, de perdre ou de noyer le temps. Mais rien ne part, Jordan s'est soudée à lui comme un parasite infect. Et ça l'énerve, d'être aussi humain, d'être aussi faible. C'est vachement idiot l'amour quand on y pense. C'est beaucoup d'efforts, beaucoup d'espoirs, pour au final, très peu de choses en retour. Quand il y repense, il n'avait jamais cru à l'amour avec le grand 'A'. Pour lui le mariage avait toujours été obsolète, une idée lointaine d'une autre génération à laquelle il ne se ferait jamais. Et il y avait eu Jordan. Son père l'avait déjà averti pourtant, tu verras Adam ta première fois elle tombe comme ça bim bam boum et la magie dans tout ça, c'est de se complaire dans l'idée qu'il ne se terminera jamais. Tu verras tu auras mal, mais c'est ce qui forge les hommes.
Forger les hommes, il a le rire amer, agressif. Son téléphone sonne, sa chaise retombe brusque.
Vous avez un nouveau message.
Il fronce les sourcils, il ne connaît pas le numéro, il n'a même pas envie de lire et soupire, soupire, soupire, soupire. Il ne sait plus si le temps coule, s'il y aura un lendemain.
Dans la solitude il n'y a plus que lui et ça lui convient parfaitement. Sauf qu'il y a la porte qui s'ouvre, se referme presque aussitôt.
Il ne remarque rien au début, seulement à partir du moment où le silence se fissure.

« Ah non, pas toi... »

Sa voix il l'entend de loin, comme si elle venait du bout d'un tunnel. Il n'en comprend pas les mots. En fait, elle l'affecte à peine et quand Adam tourne la tête, rien de particulier ne lui vient à l'esprit. Ni joie, ni embarras, ni sourire ni grimace, il pense juste à son prénom, à elle de manière concise. C'est Gabrielle se dit-il. Elle est mince, très mince, grande, on dirait qu'elle hyper-ventile et ses yeux sont verts. Il n'avait jamais remarqué auparavant ; le vert de ses yeux. Son cerveau traite l'information, la rejette. Gabrielle et ses yeux verts, en ce lieu et moment sont inappropriés. Au final, Gabrielle, il n'en a pas grand chose à faire.
Ce n'est pas un de ces jours normaux, où il lui saute au cou, lui chuchote des trucs aux creux de l'oreille, aujourd'hui, Gabrielle est sans rapport. Un visage comme un autre, un détail qui s'est incrusté de la salle de classe, il ne lui dit rien, parce qu'il n'a rien à lui dire. Alors il se contente de la dévisager avec intensité, les lèvres serrées. Et il finit par se perdre dans les détails de Gabrielle. Comme un homme qui se noie il s'accroche, pour ne pas couler, à un peu de tout ; Ses cils son nez, sa bouche, ses joues, les lignes de son visage et sa minceur. Dieu sa minceur, qu'elle est maigre. Et les lèvres d'Adam esquisse quelques mots fades, éteints, hors sujets.
Il a eu froid d'un coup, sans savoir pourquoi, malgré sa veste et son pantalon et il détache son regard d'elle, plonge son visage entre ses mains. Elles sont glacées.

- J'ai froid.

Je meurs.


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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 2 Déc - 20:26



I'm falling alone, i'm falling on the ground
I'm falling deeper undergroung, all my system is going down
Il y a le monde entier qui danse la valse autour de moi. Il y a les murs qui tombent, le sol qui s'effrite, le plafond qui s'ouvre en deux. Il y a les tables qui ne tiennent plus en place, la porte qui me soutient à peine, mes jambes qui tremblent, mon souffle précipité. Il y a mon drame qui se joue en un acte.
Et puis il y a lui.
Il est assis sur une des chaises en bois taguées au blanco de l'académie. Il a tout un tas de feuilles pleines de chiffres étalé devant lui, un tas qui me donne mal à la tête et que j'évite. Il me fixe. Oui. Adam me fixe comme on fixerait une poussière sur un meuble impeccable. Je suis étrange, incongrue, inappropriée.
Je suis là où il ne faut pas, peut-être.
Il faudrait que je parte, que je me casse d'ici, vite, le plus vite possible. Il faudrait que je retourne dans le couloir, que je cherche plus loin, une autre salle, un autre endroit, vide, où personne ne pourrait me voir. Où personne ne pourrait me juger. Pas de oui, pas de non, pas de peut-être, juste moi, mon égoïsme et mes idées noires. Tête à tête insolent. Il faudrait que je parte. Ma main cherche la poignée de la porte. Tâtonne, hésite. Pourquoi est-ce qu'il me regarde comme ça, pourquoi est-ce qu'il me dévisage ainsi de ses yeux ternes ? Ça me répugne, m'affole, me rend malade. Partir, partir maintenant. Partir tout de suite.

Il ne me regarde plus. Je me fige.

« J'ai froid. »

Sa tête dans ses mains me paraît minuscule ; mais trop lourde pour lui. Il donne l'impression de ne plus pouvoir la soutenir. C'est trop difficile. Trop difficile. Épuisant. Harassant.
Comme je le comprends.
Je compatirais presque avec cet imbécile. C'en est risible. Je le déteste. Il m'énerve. Je devrais la seule à pouvoir compter dans mon esprit, la seule dont je pourrais me préoccuper un tant soit peu. Alors pourquoi est-ce que je n'arrive pas à actionner cette putain de poignée de porte ? Pourquoi est-ce que je ne fuis pas cette salle et cette ambiance pesante, étrange, inhabituelle ? Pire encore, pourquoi est-ce que j'avance vers lui ? Pourquoi est-ce que je prends cette chaise, pourquoi est-ce que je m'assoies, pourquoi est-ce que je le regarde ?

Il est tellement inintéressant.

Mes doigts se croisent, mes doigts se tordent. Je devrais peut-être dire quelque chose. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais jamais quoi dire. Ça me fait peur la communication. Et puis c'est inutile de toute façon. Personne ne s'écoute jamais dans ce monde. On parle, on parle, on fait comme si on écoutait parce que ça rend bien auprès du bas peuple, mais au fond, on en fait toujours qu'à sa tête. Quand on a des idées bien précises, on ne les abandonne pas comme ça. On apprend à faire semblant d'être d'accord, c'est tout. On sourit et on fait « oui oui oui » même quand on pense « non non non ». D'habitude j'arrive à m'y faire, même si ça me brûle le ventre.
Mais aujourd'hui. Aujourd'hui je n'y arrive pas. Je n'ai pas envie de sourire, je n'ai pas envie de faire des efforts, je n'ai pas envie de faire comme si. Ça ne m'intéresse plus les mouvements qui font briller les yeux, qui éblouissent parce que c'est beau, mais qui ne servent à rien. Je veux remplir mon existence de faux-pas.

« Moi aussi. »

Je veux remplir mon existence de mots inutiles, de phrases qui n'ont pas de sens, de rires et de pleurs inachevés. Je veux voir ce que ça fait. De ne plus exister. De ne plus réfléchir. De n'être plus qu'un corps, et des émotions sans avenir. Lentement, silencieusement. Cesser de vouloir être conventionnée.

« C'est la convention du dimanche qui veut ça. »

N'importe quoi, je raconte n'importe quoi. J'ai froid, je tremble, j'ai mes doigts qui se tordent, et je parle pour ne rien dire. Parce que ça m'occupe, ça m'empêche de penser. Cette impression de vide. Je pose mon menton sur le bureau. Mes yeux se perdent dans le rien. Adam doit me prendre pour une dingue. Je m'en fous. Je m'en fous complètement. Il n'y a plus de pourquoi qui tiennent. Moi je sais que je ne suis pas folle, c'est l'important. Moi je sais pourquoi je suis là, maintenant.
Moi je sais qu'il ne faut pas que je reste seule.
Moi je sais que même un peu, j'ai besoin de lui.
Ne serait-ce que pour ne pas basculer.

C'est la convention du dimanche qui veut ça.


nawak ma vie, on m'en veut paaas. /o/


Dernière édition par Gabrielle E. Larsen le Sam 22 Juin - 20:19, édité 1 fois
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 9 Déc - 9:46

BOYS WILL BE BOYS.
Et d'un coup il n'y a plus rien eu. Le monde a disparu derrière deux paupières closes, des mains qui s'entrelacent comme des branches fourchues et sinueuses. Il n'y a que le noir qui subsiste encore, persistant, oppressant, angoissant, avec les fracas de sa respiration un peu chaude sur les paumes givrées de ses mains. Dans sa poitrine son coeur bat fort. On dirait comme un tambour. Ça c'est l'inquiétude, la peur un peu insidieuse du noir qui l'a happé, qui est revenu. Au fond il n'était jamais vraiment passé au dessus. C'était le grand retour de ses nuits californiennes, lors des afters pleines d'angoisses où l'on se demandait s'il y aurait bien un lendemain, si la terre tournait vraiment dans le bon sens. Parce qu'on avait l'impression que le plafond était devenu le sol et on avait les tripes un peu retournées, qui semblaient vouloir sortir ; L'envie profonde de vomir.
En ce moment c'est exactement ça, moins l'impression de brume. Mais c'est ça, l'impression de s'être égaré, d'avoir prit un mauvais virage, d'avoir percuté un bon gros mur en pleine course. Et là il n'est plus vraiment certain d'être encore dans cette salle du quatrième étage, il n'est plus vraiment certain d'exister tout court en fait. L'espace d'une seconde, il est hors du temps, hors de tout, dans les palabres de son esprit qui divague, puis il y a elle.
Elle fait du bruit, genre, beaucoup de bruit. Il y a le son de ses pas et on dirait qu'elle s'agite. Quand il entend le bruit d'une chaise traînée sur le sol, Adam daigne lever la tête pour l'observer. Il s'étonne un peu de la voir s'avancer, s'asseoir tout près et plonger son regard dans le sien. À ce moment là, il n'est plus vraiment certain de faire face à Gabrielle. On ne dirait pas vraiment elle.

« Moi aussi. »

Il y a ses mots qui résonnent. C'est bien Gabrielle se dit-il, c'est bien le timbre de sa voix qu'on entend là mais il ne sait pas vraiment quoi en penser. Pas quoi répondre non plus. Et ses poings se serrent ; il n'aime pas l'impression de perdre pied et il fallait lui dire au juste, depuis quand il était devenu aussi incertain et hésitant.
Sa chaise cesse alors de tanguer et il se lève, détourne son regard de Gabrielle. Ses avants bras battent le vide, ses jambes s'actionnent et il tourne en rond comme pour se dire que oui, Adam est bien vivant. Qu'il y a des trucs qui fonctionnent encore et que même si son esprit s'éparpille un peu, son corps se mobilise. Un petit sourire bat le flanc de ses lèvres, il est encore là, s'en satisfait. Il n'avait jamais aimé céder à ses relents de faiblesse mais maintenant il comprenait le regard de June, un peu distant et défiant, qui vivait d'un peu trop loin.
Quand la voix de Gabrielle s'élève à nouveau, il tourne la tête, daigne entendre.

« C'est la convention du dimanche qui veut ça. »

Elle est résignée où décidée ; il n'arrive pas à faire la différence. Mais dans cette salle, il n'y a pas de Gabrielle ni dAdam, il a l'impression qu'il y a juste deux ados un peu paumés, qui se persuadent du contraire. Ou peut-être que c'est lui qui continue à penser n'importe quoi, mais au fond, il fallait vivre. Même fissuré.
C'est n'importe quoi, il fait n'importe quoi, pense n'importe quoi. Mais il avance, la respiration un peu courte, un peu brève, il se place derrière Gabrielle et ses paumes s'appuient sur le dossier de la chaise. Il sent alors, ses phalanges froides contre les omoplates de Gabrielle et il se dit qu'elle est vraiment, vraiment trop osseuse. Cependant il n'arrive pas à s'en préoccuper alors perché au dessus d'elle, il se contente d'observer le sommet de son crâne. Il n'y a rien de fascinant, la naissance de ses cheveux bruns pas grand chose d'autre à dénoter.
C'est vraiment n'importe quoi. Et elle à froid.
Il ne pense pas vraiment quand il enlève sa veste et qu'il l'étend sur les épaules de Gabrielle ; Il pense juste à lui, au fait que son corps lui obéisse encore, que son cerveau puisse encore suivre un processus normal de pensées.
« Elle a froid -> La réchauffer. »
Il remet ses mains aux mêmes endroits, sur le dossier de la chaise, contre les omoplates de Gabrielle qu'il ne sent plus ; Ça le conforte de ne pas sentir un tas d'os contre ses phalanges, comme un cadavre qui se décompose. Et maintenant il faut qu'il parle, sinon ça sera bizarre. Il faut qu'il réponde, pour pas qu'il ne se sente bizarre.
Il faut parler, pour vivre.

- C'est trop banal pour nous les conventions.



Spoiler:
 
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 23 Déc - 14:37



I'm always gonna be
the last one standing.
On vit dans un monde de fous.
Il n'y a rien de vrai, rien de faux. Juste des incertitudes, partout, qui nous entourent. Qui m'entourent. Et qui me font frissonner. C'est comme un immense point d'interrogation qui plane au-dessus de ma tête. L'avenir, grand inconnu, l'anonyme de l'histoire, me nargue. S'il croit que je vais me laisser faire. Pour le moment je suis dans le brouillard, je divague, mais quand je me relèverai il n'aura qu'à bien se tenir. Je contrôle ma vie, moi. D'habitude. Aujourd'hui n'est qu'une exception, une futile exception. Un court instant de relâchement, en compagnie du grand dadais blond.

Je sais me tenir, moi.

D'ailleurs, je me redresserai immédiatement, s'il n'y avait pas ces deux paumes appuyant sur mes épaules. Parfaitement ; je suis obligée de rester affalée, ce n'est pas de ma faute. Rien n'est jamais de ma faute. Je suis ininflammable, imperméable, impénétrable. Je suis intouchable. Je suis indestructible. Exactement.
C'est amusant comme ses mains sont chaudes, tiens.
Je le laisse mettre sa veste sur mes épaules, après tout pourquoi pas. J'ai dis indestructible, pas insensible au froid. Et puis au fond, j'agis dans l'intérêt d'Adam, non ? Il a besoin de se sentir utile. Il a besoin de suivre un chemin, peu importe lequel. Je lui en offre un. Pas très long, pas très ardu, mais un chemin quand même. Il joue au fier-à-bras quand il me croise dans les couloirs, se jouant de moi et prenant un malin plaisir à me voir rougir, mais au fond quoi. Il est comme les autres. Un adolescent qui hésite, qui tâtonne, qui se cherche, mais qui a un peu peur de se trouver.  

« C'est trop banal pour nous les conventions. »

Je décolle mon menton du bureau – il doit être rouge maintenant, c'est malin –, me tortille la tête pour arriver à le regarder dans les yeux. Je pensais ressembler à un cadavre, prête à disparaître. Je pensais être au plus bas. Je pensais n'être plus qu'une ombre. Mais quand je vois la tête de ce mec, je pense surtout qu'avec un peu de chance, je ne lui ressemble pas. Il a l'air tellement désemparé que j'ai presque pitié. Limite je me demande ce qu'il a. J'essaye de voir un élément d'explication dans son regard, sur son visage pâle, ses fringues. N'arrive qu'à me choper un torticolis. Mon cou craque dans un bruit monstrueux ; je remets ma tête droite d'un coup, plaquant ma main contre ma nuque et plissant le nez.

« Tu te marres, je t'explose la face. »

J'ai toujours eu un vocabulaire tout en finesse.


Spoiler:
 


Dernière édition par Gabrielle E. Larsen le Sam 22 Juin - 20:18, édité 2 fois
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Ven 21 Juin - 2:35


BIG BOYS PANTS.
Adam ne sait pas à quoi il s’attend. Derrière Gabrielle, il se tient droit, les lèvres terriblement sèches, le regard ancré sur le tableau noir du fond de la classe, expectatif.
Elle ne répond pas.
Mais elle se retourne. Il la sent remuer, voit son cou se tordre dans des angles improbables jusqu’à ce que leurs yeux se rencontrent. Et c’est le vert d’Adam plongé dans le vert de Gabrielle. Mais il y a quelque chose de dérangeant dans le regard de Gabrielle. Une lueur inquisitrice un peu intimidante.
C’est comme la lueur des lampadaires, trop vives le soir, qui vous crament la rétine. C’est comme le regard faussement sympathique de sa mère, lorsque dans un de ses rares élans maternels, elle cherche à comprendre. C’est le regard de June qui cherche des explications. C’est le regard vert de maman, qui apporte son jugement.
Alors Adam soupire, il se détache du regard de Gabrielle qui le rend un peu nerveux et se remet à fixer le tableau, toujours aussi noir, du fond de la classe.
Il ne sait plus vraiment quoi penser.
Il ne sait plus vraiment où il en est en fait. Entre l’espoir, l’irritation, le marasme, la joie ou l’indifférence, l’optimisme ou le pessimisme. Il se sait exister, mais il ne sait pas comment le faire, là tout de suite.
C’est à ce moment-là, que le fracas d’un craquement monstrueux retentit dans la salle, comme un petit coup de tonnerre. Ou plutôt, un léger craquement, qui semblait paraitre plus que ce qu’il n’était vraiment à cause du silence qui régnait plus tôt.
C’est des Os qui ont craqué, Adam le sait, il le connait ce bruit. Il l’a entendu des centaines de fois, phalanges, doigts, cous, quand on s’ennuie en classe, on s’ennuie.
Quand il regarde un peu en plongé, il la voit, sa main osseuse plaquée contre la nuque. Son cou a craqué, Gabrielle. Et elle a tourné la tête elle ne le regarde plus. Si ça se trouve, elle a choppé un torticoli.

- Tu te marres je t'explose la face.

Alors c’est plus fort qu’Adam, en retirant ses mains des épaules de Gabrielle il rigole de bon cœur, parce qu’il l’imagine en train de grogner intérieurement et maudire sa convention de dimanche. Il rigole parce que la situation est un peu absurde au fond. Il rigole parce que d’un coup, un peu toutes ses inquiétudes se sont envolées dans ce craquement.
Il se laisse tomber sur sa chaise à côté de Gabrielle, le regard un peu espiègle et la détaille en souriant.

C’est la convention du Dimanche qui veut ça.


Puis le sourire d’Adam s’élargit, comme rempli de toutes les certitudes du monde.

- C’est pour me voir que tu es venu ici un dimanche Gaby ? T’es chou.
 
 
 


Spoiler:
 
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Lun 1 Juil - 15:21



It’s time to try defying gravity

Il enlève ses mains de mes épaules, et c'est froid d'un coup. Ou peut-être n'ai-je jamais cessé de trembler ? Je ne sais pas trop. Tout ce que je sais, c'est que je lui ai demandé de ne pas rire, et qu'il vient de se fendre en deux sous mes yeux. J'essaye un instant de prendre un air contrarié, les sourcils froncés et les lèvres pincés ; et puis je sens l'esquisse d'un sourire me rattraper. Ça me fait mal pourtant ce cou. Je devrais pleurer. Mais non.
Je me retiens même de rire.
C'est tellement ridicule, cette situation. Tellement insensé. Pas de haut, pas de bas. Juste des phrases sans queues-ni-têtes qui s'enchaînent. Peut-être qu'on a un problème, au fond.
Sérieusement.
Il me regarde avec cet air amusé qu'il me réserve toujours quand il s'apprête à se foutre de moi. Je le sens venir mais je le laisse aller. Moi ça ne va pas et lui non plus ça ne va pas. Peut-être que pour une fois – juste une fois – je pourrais essayer de l'aider. Si lui va mieux, peut-être que je me sentirais moins vide. Peut-être. Je n'en sais juste foutrement rien. Je m'accroche à ce qu'il y a autour de moi, à ce qui constitue les dernières fibres de ma vie et j'espère que ça suffira à me maintenir en dehors de l'eau.
Peut-être qu'on se noie tous les deux, finalement.

« C’est la convention du Dimanche qui veut ça. »

Il a son large sourire d'idiot qui lui déforme le visage. Je pensais être en train de raconter n'importe quoi. Je croyais que ce n'était pas pour nous, les conventions.
Et puis tant pis.
Ou plutôt, tant mieux. Oui, si ça le fait rire, tant mieux.
Il est assis sur cette chaise à côté de la mienne et je me demande qui est ce mec plus illogique que moi-même. Adam, il possède toujours cet air sûr de lui et ces yeux qui crient qu'il va bien et qu'il s'en fout de la vie parce qu'il est jeune et américain et populaire. Alors qu'est-ce qu'il fiche ici un dimanche après-midi s'il est aussi parfait ? Il devrait s'amuser. Il devrait profiter d'une vie que je ne peux qu'effleurer du bout des doigts. Il me regarde, je le regarde, il me sourit ; qui est-ce ?

« C’est pour me voir que tu es venu ici un dimanche Gaby ? T’es chou. »

Ah oui, ça me revient. Adam Richmond est un petit con. Je sens mes mains qui se plaquent sur la table, je sens mes jambes qui se tendent quand je me relève brutalement, je sens le rouge qui envahit mes joues, monte le long de mon front, glisse sur mes oreilles. Je sens mes yeux qui s'écarquillent et ma langue cherchant les mots au creux de ma gorge sans parvenir à en saisir un. Jusqu'à cette seconde bénie où je retrouve un semblant de contenance.

« Je. Je suis pas venue pour toi petit crétin narcissique ! C'est. C'est. »

C'est quoi déjà ? Pourquoi est-ce que je suis ici ? Pourquoi est-ce qu'il me fixe comme ça avec ses yeux verts trop verts, pourquoi est-ce qu'il s'amuse quand je panique ? Pourquoi est-ce que je panique ? C'est ridicule, parfaitement ridicule. Je voulais l'aider pour m'aider moi-même, je voulais l'empêcher de se noyer pour me sauver ensuite. Mais au final, je ne suis même plus sûre de qui est le plus à plaindre ici. Il est tellement étrange mon dieu, tellement incompréhensible. Je ne me comprends déjà pas, comment voulez-vous que je comprenne un garçon tordu comme ça ?

« Je sais pas. Je m'ennuyais c'est tout. Je me sentais seule. Je ne suis pas "chou". »

Je grommelle la fin de ma phrase.
Je ne sais pas nager, je manque d'air.
Nous ne sommes pourtant que dans un verre d'eau.
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Mar 2 Juil - 11:45


I'LL CATCH YOUR GRENADE.
Il la regarde avec ses grands yeux brillants de plaisir. Il a le rire déjà prêt à s’envoler ; Comme une boule de canaris jaunes enthousiastes logés au milieu de sa gorge. Parce qu’Adam sait parfaitement ce qu’il va se passer.
Il ne fallait pas être une lumière ou particulièrement perspicace pour savoir ce qui allait se produire.
En premier lieu, Gabrielle aura un peu trop de sang dans ses joues. Elle aura rougie, sera rouge comme une tomate, rouge piment, rouge fraise ou rouge pivoine. Le temps qu’elle saisisse l’information. Puis elle aura l’air offusquée et totalement outrée. Comme s’il venait de dire les choses les plus horribles et les plus inacceptables du monde. Enfin elle aurait l’air d’un poisson, avec ses joues qui s’agitent dans l’effort désespéré de produire un son. Fait qu’elle n’accomplira que quelques secondes plus tard. Et les mots s’agglutineront comme les wagons d’un train sur une route rocailleuse. Ils seront brusques, un peu maladroits. Et très spontanés.
Adam savait déjà.
Gabrielle réagirait comme ça il ne fallait pas être une lumière.
Et il ne se trompa point.
Elle s’était levée raide, d’un coup. La chaise avait grincée. Et debout sur ses deux jambes levées comme des piquets, Gabrielle avait cet air terriblement confus auquel Adam s’attendait. La peau de son visage comme prévu avait également changé de couleur. Et elle semblait vouloir dire quelque chose, mais elle ne parvenait pas à le faire tout de suite, comme sous le coup d’une émotion trop forte. Puis les mots volèrent.

« Je. Je suis pas venue pour toi petit crétin narcissique ! C'est. C'est. »

Il ne s’était pas trompé Adam.
Il sait déjà. Et Gabrielle l’amuse horriblement. En toute honnêteté. Il sait que c’est un peu cruel et pas forcément drôle pour elle ce qu’il fait. Mais c’était tellement plus fort que lui. Elle était tellement mignonne un peu effarouchée. Elle est un peu comme une petite sœur qu’on taquine sans aucune raison.

Adam se lève aussi, lentement. Il se plante devant Gabrielle en gloussant. Il a les yeux qui pétillent de plaisir un moment, puis il a le regard intense et brûlant.
Soudain son rire tombe à plat sur le sol, comme un œuf.

« Je sais pas. Je m'ennuyais c'est tout. Je me sentais seule. Je ne suis pas "chou". »

Il l’écoute d’une oreille distraite. Il ne la comprend pas au fond Gabrielle. Elle est toujours si sérieuse, si diligente, si ponctuelle. Savait-elle s’amuser au fond Gabrielle ? Savait-elle vivre ?
Il la voit toujours le pas hâtif, si haute et indifférente, comme si elle n’avait pas le temps pour les inepties de l’adolescence. Et Adam veut savoir pourquoi elle semble toujours si terre-à-terre, pourquoi elle se comporte comme si le monde peut s’écrouler d’un moment à un autre.
Il sait qu’elle est fière. Il sait qu’elle n’aime pas beaucoup cette manière qu’il a de lui montrer son affection. Mais c’est plus fort qu’Adam au fond. Il aime bien la voir avec ses émotions vives.
Ça te rend tellement plus vivante Gabrielle, si tu savais.
Quand elle grommelle, au lieu de lui rire au nez, Adam rapproche soudainement son visage tout près de celui de Gabrielle. Si près, qu’il sent son souffle à elle contre le grain de sa peau. Il ne sourit pas. Il la regarde avec intensité, une seconde, deux secondes. Il contient merveilleusement bien son rire qui semble vouloir gicler à n’importe quel moment. Alors avec une lenteur délibérée il approche ses lèvres de l’oreille de Gabrielle et il murmure tout doucement.

- Ça te dit 20 minutes sans sentiments ?

Il a réussi à retenir son rire. Et il sait qu’elle va venir comme un taureau. Il sait qu’elle va exploser à nouveau.
Mais au moins t’es vivante comme ça Gabrielle.
C’est tellement mieux d’être vivant non ?
Il espérait juste qu’elle épargne sa joue. Il n’aime pas beaucoup les gifles.
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 21 Juil - 19:50



Wish I'd been a teen, teen idle

Qu'il est agaçant, ce garçon. Avec ce sourire factice à même pas deux centimes, ces cheveux faussement décoiffés et cet air désinvolte déconcertant. Je ne sais pas être désinvolte, moi. Je suis toujours dans ce contrôle extrême et irrévocable, qui me tire en arrière tout en me permettant de tenir sur mes deux jambes. Je file loin de l'inconnu pour rester sur un terrain que je connais par cœur. Mon terrain. Ma vie rangée par ordre alphabétique, par taille et par couleur. Que me resterait-il, si je perdais cette organisation à toute épreuve ? Mon existence entière foutrait le camp. Ce serait la fin de toutes mes certitudes. Une projection vers un monde te coupant le souffle.
La chute en avant.
Un peu comme cet instant, ou cet imbécile se lève et me fixe de cet air trop sérieux pour être vrai. Je sais qu'il s'amuse, je sais que pour lui je ne suis qu'un jeu, je sais que je ne suis là que pour lui faire passer le temps. Je sais que rien de ce qu'il fait ou pourrait faire ne devrait m'importer. Mais c'est toujours comme ça. Je m'emballe, je me sens mal à l'aise, j'ai envie de le pousser loin de moi et de lui demander ce qu'il me veut à la fin. Il y a son souffle s'éclatant doucement contre ma peau, et ma gorge qui s'assèche. Son visage qui s'approche du mien, ses lèvres qui se collent à mon oreille ; et mes joues pâles qui s'empourprent.
Comme trébucher au bord du vide.

« Ça te dit 20 minutes sans sentiments ? »

Je voudrais le découper en petits morceaux, le réduire en charpie et le donner à manger aux crocodiles, je voudrais le voir se décomposer devant moi, je voudrais lui balancer tous les malheurs du monde sur le dos, je voudrais l'asperger d'acide, je voudrais l'envoyer en prison et qu'il se fasse frapper par son voisin de cellule, je voudrais.
Je voudrais qu'il s'excuse de me rendre aussi malade.
Au lieu de quoi je reste simplement plantée là, les yeux grands ouverts comme pour laisser le ciel entrer, sans un bruit. Je me répète cette question idiote qu'il vient de me poser, en boucle ; et je me demande si c'est une blague. Mais c'en est forcément une. Il ne fait que ça. Se moquer de moi, indéfiniment.
Il n'a rien d'autre à faire, Adam.
Il fait comme s'il était fort, mais ce n'est qu'un gosse qui cherche à se rassurer. Et moi je ne suis pas celle qu'il lui faut. Je n'ai pas de confiance en moi. Je n'ai pas ce sentiment de réconfort à lui offrir. Je n'en ai déjà pas assez pour moi, qu'est-ce qu'il croit.
Mes mains cessent de trembler, un instant ; un court instant où elles se posent sur le buste de ce petit con pour l'écarter de moi de toutes mes forces. Je n'ai pas de force.
Il va quand même s'écraser sur la chaise dans son dos.

« Pauvre mec. »

Je sens mes lèvres qui se pincent d'indignation contenue et mes yeux qui valsent de ce garçon à la fenêtre comme pour prouver mon envie de le voir s'écraser au sol. Pourquoi est-ce qu'il n'est pas simplement comme tout le monde, dis-moi ? Pourquoi ne me laisse-t-il pas faire mon chemin sans me déranger, pourquoi ne m'ignore-t-il pas, pourquoi se sent-il obligé de toujours s'interposer entre moi et ma petite mort ?

« T'es même pas fichu de faire tes phrases toi-même, t'es obligé d'aller les pomper dans un film. J'espère qu'on va venir t'enfermer pour plagiat et que tu crèveras tout seul dans ta cellule. Sale hypocrite pervers. »

Je m'enflamme, je m'enivre, le monde ne tourne plus parce que toute mon énergie est concentrée sur ce crétin. Il me prend tout. Je m'approche de son corps encore affalé sur la chaise et il garde cet air, presque hébété, causé par la chute. Ah Adam, tu vois, tu vois ce que c'est alors ? Tu vois ce que c'est que de se sentir tomber. C'est désagréable n'est-ce pas ? C'est effrayant. Tes cheveux faussement décoiffés me perturbent alors je les aplatis d'un geste de la main. Pour une fois, plie-toi à mon monde carré. Laisse-moi te ranger dans une des boîtes de ma vie au lieu d'essayer de m'entraîner dans tes folies. Arrêtons de valser autour de ce précipice, restons en sécurité.

Parce que moi la vie, ça me fait peur, Adam.


Dernière édition par Gabrielle E. Larsen le Dim 15 Déc - 10:21, édité 2 fois
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Ven 6 Déc - 15:10


HELL IS EMPTY, THE DEVILS ARE HERE.
C'est une corrida.
Il est le matador et Gabrielle le taureau. Il agite sous son nez fulminant, ses vannes et son sourire malicieux comme un grand drapeau rouge. Elle le foudroie d'un regard outragé comme l'animal prêt à attaquer.
Adam la sent venir, il entend le claquement de ses sabots sur le sol, voit la fumée s'échapper de ses naseaux. Alors il sourit betement, comme tout le temps, comme toujours. Il se prépare, parce que l'arrivée est imminente et totalement prévisible. Selon lui du moins. Il s'attend à une gifle ou à une longue floppée d'injures maladroitement dites. Mais Adam se trompe ; Il a toujours été mauvais aux devinettes. Pas très perspicace et un peu bête.
Alors il est debout, relaxé, son visage à quelques centimètres de celui de Gabrielle seulement. Soudain, il la sent. Ses deux mains sur son torses qui appuient ; fort. Fort.
Elles appuient si fort en fait, qu'Adam se sent faire quelques pas en arrière jusqu'à ce que ses mollets se cognent contre les barres métalliques de la chaise sur laquelle il était assis un peu plus tot. Il s'y laisse tomber avec un grand bruit, son sourire bête encore accroché à ses lèvres, disparait, remplacé par une moue dubitative.
Il aurait ri de la situation si ce n'était pour le regard foudroyant de Gabrielle ; Encore plus electrisant que celui d'un peu plus tot.
Il y a quelque chose de condescendant, un côté hautain ; Un côté dégouté.
Alors le sourire d'Adam rétrécit, il la dévisage. Gabrielle mur de glace. Gabrielle le congélateur. Gabrielle l'antarctique. Gabrielle trop loin du soleil pour dégager de la chaleur.
C'est fou au fond. Pour la première fois il se rend compte de leurs différences. Gabrielle est glacial, Adam est ardent. Il aurait alors parié que Gabrielle venait d'un pays tout gris. D'un pays où le soleil se cache en permanence, enclavé et sans aucune plages. L'opposé total de sa Californie chérie, ensoleillée été comme hiver, chaude comme le coeur d'un amoureux.

«  Pauvre mec. »

Il l'écoute d'une oreille insensible, trop habitué à s'être fait découper en rondelles par les rumeurs fallacieuses qui avaient rongé les sols  de son ancien lycée. Ce qui le choque, c'est l'expression de Gabrielle. Elle est encore pire qu'avant.
Dure et méprisante ; Le visage de June trop sévère quand elle le houspille après une incartade. Une part d'Adam se révolte alors ; Parce que Gabrielle n'est pas assez vieille pour jouer à l'adulte, pas assez vieille encore pour ne pas rire à ses plaisanteries. Et Gabrielle est trop immature pour le traiter comme un enfant.
Mais au fond, il n'en a cure.

« T'es même pas fichu de faire tes phrases toi-même, t'es obligé d'aller les pomper dans un film. J'espère qu'on va venir t'enfermer pour plagiat et que tu crèveras tout seul dans ta cellule. Sale hypocrite pervers. »

Il ne sourit pas. Mais il s'en fiche. Il s'en fiche de plagier. Il s'en fiche d'être hypocrite. Il s'en fiche d'être pervers.
Parce que la vie n'a pas de sens ; Les gens sont bêtes et méchants, les gens sont des loups déguisés en moutons, ou des moutons déguisés en loups. Les gens mentent sans cesse, les gens prétendent à tout-va. Alors il fait de sa vie une comédie, quelque chose de divertissant ; Quelque chose pour passer son temps en s'amusant un peu.
Et Gabrielle l'amuse terriblement ; Il sent sa main dans ses cheveux comme pour les applatir. Alors il se met à lui sourire de plus belle. Pour la rendre folle. Il est comme un gamin qui appuie sur tous les boutons d'une télécommande pour faire buguer la télévision. Il n'attend que ça, de faire disjoncter Gabrielle. De la faire sortir de sa vie trop carrée et trop rigide. Parce que la vie n'a pas de sens, la vie est trop courte. Alors il faut sauter Gabrielle, sauter dans le vide parce qu'on est jeunes et immortels.
Parce que c'est l'âge d'être idiot. L'âge d'être vivant
Il la regarde  droit dans les yeux en se levant soudainement de sa chaise et lui fait face quelques secondes en la devisageant. Il ne sait pas quoi lui dire à ce moment exact alors qu'elle conserve son air glacial et méprisant.
Puis il fait quelques pas en avant et l'enlace soudainement. De toutes ses forces. Il n'y a rien de tendre, rien de charnel. Il veut juste qu'elle l'entende ; Le coeur d'Adam qui bat comme un tambour. Le coeur d'Adam qui crie à la vie.
Il est si grand qu'il peut aisément poser son menton sur le sommet du crâne de Gabrielle, qui intérieurement doit être au bord de la crise de nerf.

- Tu voudrais que j'aille en prison ? C'est pas très sympa ça.

Il la tient toujours avec force, le temps qu'elle comprenne que tout ça n'est qu'un jeu. Qu'au fond la vie ne commence vraiment que lorsqu'on se rend compte à quelle point celle-ci est insensée ; Qu'au fond avec un peu d'optimisme tout ira toujours bien.
Il la garde quelques secondes avant de l'écarter puis se penche en avant, souriant betement de toutes ses dents.

- Si tu veux t'excuser tu peux me faire un bisou.

Alors il ferme les yeux, contracte ses lèvres et garde cet air trop niais parce qu'évidemment il n'est pas sérieux.
Il veut juste que Gabrielle soit un peu plus vivante. Que Gabrielle décongèle juste un tout petit peu.

- Tu entends comme il bat fort mon coeur ?
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Dim 15 Déc - 14:50



But god knows I just want to escape

Je ne suis pas sûre que quiconque sur cette Terre soit capable de réellement me comprendre. Même moi parfois, je me perds dans les méandres de mes pensées. J'avance de quatre pas, je recule de six. Je dis vouloir m'améliorer, sortir de mon univers étriqué ; et l'instant d'après je retourne dans ma boîte bien rangée. C'est toujours pareil. Toujours la même chose. C'est cette peur qui me tord le ventre à tout instant, cette impression de ne jamais être à la hauteur, ce vertige qui me prend lorsque je réalise jusqu'où mes ailes m'ont portée. Alors je tombe. La loi de la pesanteur qui me rattrape irrévocablement.

Et lui qui sourit, quand je meurs, ça me rend dingue.

C'est comme s'il me narguait, du haut de son petit nuage. Comme s'il me disait ô combien il s'amuse dans sa vie folle d'adolescent complètement ahuri. Je voudrais lui crier de redescendre, je voudrais lui faire réaliser que l'existence, la vraie, ce n'est pas ça. Je voudrais lui montrer comme il se trompe. Parce que la vie ça ne sert qu'à vous heurter, brûler vos rêves, réduire à néant vos espérances. A quoi ça sert d'être jeune, à part à se faire écraser par les plus grands ? On ne cesse de nous le répéter. L'avenir sera sombre pour nous. Nous sommes la génération en perdition. Celle à qui, pour seul cadeau, on offre le déficit et la guerre. Vous voulez être artiste ? Quelle idée ! Devenez plutôt ingénieur ou scientifique.
Vous pourrez construire les bombes de demain.

Je sais tout ça, moi. Lui, il ne sait rien. Il se lève et me surpasse de ses quelques pauvres centimètres, pensant être le plus fort. Il n'a rien compris. Il pense m'intimider en me dévisageant comme on dévisage un animal au zoo. Il pense me faire fléchir en faisant peser sur moi tout le poids de sa confiance en lui. Il pense me troubler en me prenant dans ses bras. Mais non. Je suis forte, moi, je suis courageuse, moi, je suis inébranlable, moi.

Alors le bruit de son cœur qui cogne contre mon oreille, je m'en fous.
La force de ses bras dans mon dos, je l'ignore.
Et la chaleur de son menton sur le haut de mon crâne, je la rejette.

Ou alors j'en garde ; mais seulement un peu. Pour la route.

- Tu voudrais que j'aille en prison ? C'est pas très sympa ça.

J'ai pas envie d'être sympa avec toi, crétin. J'hésite à lui dire de me lâcher, d'arrêter de jouer avec moi comme une gamine jouerait à la poupée. J'hésite à fermer cette parenthèse un peu dingue de ma vie, à mettre un point final à ce dimanche complètement gâché. En fin de compte, c'est lui qui me lâche avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit. Comme d'habitude, je me suis laissée faire. Il tire les ficelles avec une facilité déconcertante. Il se penche vers moi de son air niais exagérément exagéré.
Oh Dieu, comme je le déteste en ce moment même.

- Si tu veux t'excuser tu peux me faire un bisou.

Il ferme les yeux. Son cœur qui bat devant moi, face au mien si froid ; tellement froid. Il me demande si je l'entends. Oui je l'entends. Je l'entends si bien que c'en est désagréable. Je l'entends sur ce rythme régulier. Bobom bobom. Lui aussi, il se moque de moi. Il rit. Gabrielle, Gabrielle, tu vois, je bats, je bats pour toi, je bats pour te déconcerter, je bats pour te faire valdinguer, même si je ne serais jamais à toi, je suis là, tu me vois, tu m'entends, tu me sens ; tu ne m'attraperas pas. Je ne l'attraperai pas. Je ne serai jamais comme lui. Mais au fond, qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Si vivre ça signifie ressembler à Adam Richmond, plutôt me tuer tout de suite. Sincèrement.

Néanmoins je dois vous avouer quelque chose. Une idée fantastique, incommensurable, fascinante vient de me traverser l'esprit. Une idée qui va être en totale contradiction avec tout ce que j'ai pu dire jusqu'ici mais qui me paraît tout simplement parfaite à ce moment précis. Une idée qui me répugne autant qu'elle me réjouit. Quelque chose qu'il n'aurait pas pu imaginer. Quelque chose de surprenant. Quelque chose comme poser mes lèvres sur celles d'Adam un temps qui me paraît ridiculement long puis les embrasser comme j'aurais embrassé la joue de ma grand-mère détestée ; avec si peu d'amour que c'en est risible.

Je me recule en souriant. Je n'avais jamais embrassé un garçon ; ce n'est pas si terrible au fond. Dommage que ç'eut été lui le premier.

- Mon cher Adam je suis sincèrement désolée si je t'ai froissé. J'espère que tu ne m'en veux pas.

Je n'ai jamais fait quelque chose d'aussi stupide et d'aussi merveilleux de toute ma vie.

- Et tu devrais penser à te laver les dents. Honnêtement, c'est un conseil d'ennemie.

Maintenant je croise les bras autour de ma poitrine et j'attends, fière comme la petite reine que je ne suis pas. J'attends de voir cet air magnifiquement déconfit s'inscrire sur son visage d'ange pourri gâté. J'attends le moment, sublime, où il se rendra compte que maintenant c'est moi qui dirige le navire.

Et là, doucement, il y a mon cœur qui rit.
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Lun 16 Déc - 3:29


I'D DIE, I SWEAR I'D DIE, JUST TO GET A SECOND KISS

Il se rappelle de Bruce.
Sans savoir pourquoi, il se souvient.
Bruce était une ordure, Bruce était un fumeur, Bruce était accroc à la cigarrete.
Et pour Bruce, les femmes étaient des cigarettes. Il les consumait les unes après les autres, des cigarettes maigres et longilignes qui partaient trop vite en fumée. Et il les jetaient inlassablement, sans jamais s'arrêter.
Il s'était enfermé dans ce cycle avec un rictus au bord des lèvres, parfaitement conscient du fait qu'il était un gros connard, mais ne s'en insurgeait pas. Après tout disait-il en jetant un bras autour du cou d'Adam ; À quoi ça sert d'être moralement juste, à quoi ça sert d'être quelqu'un de bien.
Pour vivre dans un monde de salaud, il faut être un salaud.

Alors moi je suis le pire des salopards, répétait Bruce avec ce sourire dégoutant accroché aux lèvres, comme le trophée de milles conquêtes.  Alors moi je m'en fous si elle est vierge ou catin, je m'en fous si elle est sensible ou coeur de pierre, moi je suis égoiste. Moi je brûle, je casse et je m'en vais, c'est pas mon problème.
Et Adam, exaspéré, avait fini par lui casser la gueule tout en se faisant aussi démonter la tronche. Parce qu'il trouvait ça bête et idiot, qu'on pouvait faire n'importe quoi, mais qu'il y avait des limites à ne pas franchir.

Il se souvient surement de ça, parce qu'Adam se fait l'effet d'être Bruce, en acculant Gabrielle de tous les côtés.
Il a peur, parce qu'au fond il sait que Gabrielle est innocente, que Gabrielle n'a rien demandé. Il a peur que Gabrielle finisse par y croire, que Gabrielle finisse par céder.
Elle sait hein, Gabrielle ? Elle est intelligente Gabrielle. Elle sait que tout ça n'est que du feu.
Adam a peur, alors son coeur bat plus vite, il file comme une ligne de métro. Pitié que Gabrielle le claque, pour faire dérailler le train. Que Gabrielle le giffle pour que la journée reprenne enfin son aspect normal.
Mais il voit son visage s'approcher, ses yeux se fermer ; Il n'a pas le temps de réagir. Les lèvres de Gabrielle sont contre les siennes, un instant trop long ; C'est la relativité d'Einstein mise en pratique. Quelques secondes, quelques minutes, quelques heures ? Il ne sait pas, il ne veut pas savoir.
Et les lèvres de Gabrielle sont froides, elles sont dures et fermées, comme de la pierre. Il sent leurs goût, un peu sucrée, comme les lèvres de Jordan dont il ne se souvient que trop bien. Alors à cet instant la, plus rien n'a d'importance. Au diable les standards moraux, ce n'est plus sa faute, plus son combat, Gabrielle a cédé il n'y peut rien. À cet instant, les lèvres de Gabrielle lui rappelle trop celles de Jordan, alors il décrète qu'elle lui appartient.

Quand Gabrielle recule, il est encore sonné. Il a le tournis.

C'est trop déconcertant.

C'est trop innatendu.

Adam est irrévocablement choqué comme rarement il l'a été. Il entend Gabrielle, s'excuser de quoi ? D'avoir perdu la tête ? Elle est folle. Il a vraiment du la faire disjoncter.

- Et tu devrais penser à te laver les dents. Honnêtement, c'est un conseil d'ennemie.

Et elle sourit en plus, elle sourit, comme si elle était fière d'elle. Elle sourit comme une gamine qui vient de commettre la pire des gaffes mais qui s'en tape complètement parce que c'était rigolo. Alors il devrait sourire lui aussi, sourire parce qu'il a décroché le graal la tout de suite. Mais il est choqué, choqué parce qu'il ne comprend pas. Larsen l'a embrassé.. Larsen le congélateur. Larsen aurait du lui mettre une paire de gifle ou suggérer qu'il aille se faire voir.
En aucun cas, dans aucun scénario elle n'aurait du l'embrasser. Embrasser Adam aurait du être une page internet déserte.

404 not found.

Elle n'aurait pas du taper l'adresse, elle n'aurait pas du aller sur ce site. Elle n'aurait pas du poser ses lèvres sur les siennes, c'était impensable. Inimaginable.
Au moins cinq minutes il reste bouche bée, un peu sonnée, la mine déconfite. Il est k.o, Gabrielle l'a mis au tapis d'un crochet du droit venu de nulle part. Elle a fait sauter tous les boulons qui se remettent péniblement en place. Et elle n'aurait pas du. Parce que Jordan brûle encore derrière la rétine d'Adam, parce que Gabrielle vivante, ressemble à Jordan. Et Adam aime encore Jordan, à s'en crever les yeux, à s'en crever le cœur.
Alors il serre Gabrielle de toutes ses forces, il la serre comme il aurait serré Jordan,. Il l’étreint avec passion, la soulève du sol pendant quelques secondes en enfouissant son nez dans son cou. Et silencieusement il dit adieu à Jordan, qui est à présent en couple avec un inconnu,
Enfin il repousse Gabrielle en la tenant par les épaules. Adam ne sourit plus. Il ne joue plus.
Gabrielle a gagné la partie.
La vie est misère, il meurt. Il meurt et il a froid.
Et cette fois c'est lui qui embrasse Gabrielle, un court instant, il cherche les dernières traces de Jordan pour les enterrer au plus profond de lui.

Enfin il se détache, sans sourire, le regard intense il fixe Gabrielle. Il fait un deuil.

- Tu me hais non ? C'est marrant tu sais, il parait que la haine c'est de l'amour qu'on admet pas.

Il rapproche son visage de Gabrielle, comme pour l'embrasser à nouveau mais il ne le fait pas.

- Et si tu m'aimais Gabrielle, et si t'étais amoureuse de moi ? Il murmure doucement.

La bataille est finie. Gabrielle a atteint le dernier navire d'Adam ; Touché-Coulé il n'y a plus rien. Elle l'a eu d'une balle en plein coeur. Il coule Adam.
Alors il essaie de la faire sauter elle aussi.

Chavire, chavire donc avec moi Gabrielle.
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Sam 21 Déc - 19:18



Your heart is too strong anyway

Je pensais sincèrement avoir gagné.
Game over, fin de la partie, victoire écrasante de Gabrielle Larsen dans ce jeu interminable. Je pensais qu'il me regarderait avec un mélange de surprise de consternation et peut-être de dégoût ; avant de partir. Avant de virer de ma vie, de valser loin de moi, une bonne fois pour toute. Je pensais pouvoir prendre entière possession de cette salle de classe, en profiter comme une reine profiterait de son royaume fraîchement conquit. Au lieu de quoi, il a simplement l'air paumé. On dirait que je viens de l'assommer avec une batte de baseball. Je sais que j'embrasse très mal, mais à ce point, il ne faut pas exagérer. Je sais que c'était un geste inattendu, mais ce n'est pas non plus la fin du monde – et puis il doit avoir l'habitude, non ? -. Je sais que tout ça ne me ressemble pas, mais ce n'est pas la peine de prendre ce visage désespéré. Alors je ne comprends pas. Je ne comprends pas ce qu'il attend pour s'en aller.

Peut-être que je suis allée trop loin. Peut-être qu'il pense que je suis sérieuse. Ça se voyait, que je n'étais pas sérieuse, n'est-ce pas ? Bien sûr que ça se voyait. Jamais je n'aurais pu faire une chose pareille sincèrement. Il le sait. C'est Adam. Le mec qui passe son temps avec de jolies filles ou avec des potes à ne rien foutre de sa vie. Et moi c'est Gabrielle. La fille qu'il embête tout le temps et qui a si peu de vie sociale qu'on se croirait dans un mauvais film. On se déteste. On se détestera toujours. Il le sait, c'est évident, il ne peut pas en être autrement. Il le sait. Je pensais qu'il savait.

Jusqu'à ce qu'il me prenne dans ses bras et me serre, si fort que mes os semblent crier.

Je sens mes pieds quitter le sol et son nez froid dans mon cou froid. Je sens ses cheveux qui chatouillent ma joue et son souffle si proche. Je sens la mécanique de mon cœur qui s'enraille alors qu'elle ne devrait pas. Parce qu'Adam et Gabrielle sont ces deux enfants un peu trop grands qui se détestent et se détesteront jusqu'à la fin de leurs jours. C'est ainsi. Ça doit être ainsi. N'est-ce pas ? Dites moi. Dites moi à quel moment exactement les choses ont dérapé à ce point. Parce que moi, je ne comprends plus rien. Il me regarde à présent avec cet air sérieux qui me fait tellement peur que j'en tremble, il me tient par les épaules, il ne me quitte pas des yeux ; il faut que je m'en aille.
Tout de suite.
Cette proximité qu'il y a entre nous est malsaine, dangereuse, contre nature. Ce pas qu'il franchit en posant ses lèvres sur les miennes l'est encore davantage.

Pourquoi ne sourit-il pas ?

- Tu me hais non ? C'est marrant tu sais, il parait que la haine c'est de l'amour qu'on admet pas.

Ses yeux sont tellement près que j'ai cette impression désagréable de devoir loucher pour ne pas cligner. Je suis si insipide. Si creuse. Pourquoi ne sourit-il pas ? Pourquoi ne s'en va-t-il pas ? Je n'ai rien pour moi. Il n'a rien pour lui. Continuer à jouer à ce jeu auquel on s'amuse depuis quelques minutes est inutile à présent, il n'a pas besoin de se forcer, pas besoin de faire semblant. La haine c'est de l'amour qu'on admet pas ? C'est n'importe quoi.
Il ferait mieux de partir ; il ferait mieux de sourire.

- Et si tu m'aimais Gabrielle, et si t'étais amoureuse de moi ?

C'est un murmure. Je ne savais même pas qu'il était capable de parler aussi délicatement. Il y a sans doute tout un tas de choses que j'ignore sur lui. C'est certain, même. Je ne connais ni sa date d'anniversaire, ni sa couleur préférée, ni le nom du dernier film qu'il a vu à la télévision. Je ne sais pas où il habitait, avant d'arriver sur cette île perdue. Je ne crois pas l'avoir un jour entendu me parler de ses parents, de ses amis ou de ce qu'il aime en réalité. Et voilà qu'il me parle d'amour, comme on en parlerait après des mois de sourires en coin et de discussions passionnées. Comme on en parlerait après des jours passés le cœur battant à attendre un message. Il est fou.
Je le suis sans doute un peu aussi.

- L'amour ça n'existe pas. C'est pour les enfants. C'est ma mère qui me l'a dit.

Et je ferme les yeux, parce que c'est tellement difficile d'affronter son regard à cet instant. J'avais envie de rire quelques secondes auparavant. Maintenant je ne sens plus que les larmes, coincées au fond de ma gorge, attendant le moment le plus propice pour éclater. Il me fait vivre les montagnes russes des émotions, le grand huit des relations humaines. Je colle mon front au sien et ça me donne cette impression, comme si deux icebergs se rencontraient et tentaient vainement de ne pas sombrer. J'ai si froid. Encore et toujours, indéfiniment. Peut-être resterais-je toujours aussi glaciale. C'est ce que je disais un peu avant. J'avance de quatre pas, je recule de six.

- J'ai jamais été une enfant, moi.

Je pose mes mains dans son dos. C'est presque tiède. Maman a vécu une histoire d'amour, et Maman on l'a quittée. Maman a fini avec un mec qu'elle n'aimait pas vraiment et je suis née. Maman maintenant, elle est toute seule, parce qu'elle a un trop mauvais caractère pour garder quelqu'un auprès d'elle. Maman, elle est malheureuse.
Je ne veux pas être malheureuse.

Mais avec Adam, c'est juste une histoire de haine. Alors je ne sais pas.
Je ne sais pas si c'est différent.
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Mer 25 Déc - 9:42


LET ME GIVE YOUR HEART A BREAK

Gabrielle ne rayonne plus. Gabrielle s'est tue. Elle a l'air affreusement confuse d'une personne qui se trouve juste au bord du gouffre, sur le point de tomber. Peut-être parce qu'en fait, c'est lui qui l'y pousse, à chaque mot qu'il prononce, à chaque regard trop sérieux qu'il lui lance.

Adam attend. Il attend qu'elle cède, qu'elle tombe enfin sous les coups de buttoir inexorables qu'il lance sans remords. Ça fait si longtemps qu'il aime Jordan, tellement qu'il en est malade et que son coeur crie à la libération. Alors il appelle Gabrielle à le rejoindre pour briser ses chaines, peu importe que ce soit de l'amour ou de la haine, tant qu'elle a quelque chose à lui offrir, même si c'est de l'amertume, même si c'est de la méprise, tant qu'elle est là. Parce qu'Elle n'est pas comme les autres. Elle est différente, fascinante, depuis qu'il l'a rencontré. Il ne sait rien d'elle, mis à part qu'ils semblent être des opposés polaires. Il est l'Équateur, elle est l'Arctique. Il gravite autour du soleil, Gabrielle se promène avec Pluton dans le froid mordant de la galaxie.  Adam est la vie dans ce qu'il y a de plus excessif, de plus irraisonnable de plus innatendu, de plus désordonné. Et elle est l'ordre rigide et frigide, inaltérable, statique, logique. Gabrielle a vécu trop d'étés, elle se veut adulte et mature. Adam se voit éternellement adolescent.

Il sait qu'ils ne sont pas du même monde. Gabrielle est la fille que personne ne connait, que personne ne voit ou que tout le monde ignore. On lui avait dit qu'elle était un peu raleuse, très travailleuse, fortement asociale. Qu'elle n'en valait pas la peine. Larsen ne boit pas, Larsen ne fume pas. Sans déconner tu fais quoi avec ça Adam ? Il les avait ignoré, les voix de ses potes. Parce qu'Adam aimait tout le monde, ou presque, les rejetés, les cassos, les geeks et les boloss, il aimait bien cultiver cet image de garçon sympathique. Il aimait bien ensoleiller la vie des gens où y mettre le bordel ; Il aimait bien etre la personne cool qu'on était ravi de voir arriver, avec qui on se réjouissait de trainer, meme pour cinq minutes et qu'on regardait partir avec un petit pincement au coeur.

Alors il avait approché Gabrielle, sans trop se rappeller comment et ça l'avait choqué, cette attitude qu'il trouvait un peu pompeuse et hautaine pour une personne de son âge. Mais il avait compris qu'il n'y avait pas que ça, que la glace n'était pas de la glace, quand elle rougissait comme une tomate lorsqu'il était trop tactile, quand elle semblait froncer des sourcils et faire appel au seigneur lorsqu'elle le voyait. Forcément, il n'avait pas pu s'empecher d'habiter son quotidien, il trouvait ça trop divertissant. Forcément il s'était rapidement aperçu qu'ils venaient d'un univers différent.

Forcément il a eu envie que Gabrielle mette un pied dans l'univers d'Adam. Ce monde ou la vie est belle quoiqu'il arrive, où l'espoir ne meurt jamais, où l'on vit le coeur battant, à plein poumons.

Alors tombe enfin Gabrielle, tombe, tombe. Tombe et retrouve le soleil que Jordan a éteint et observe après, comme ce monde est beau.

Il l'attend quelques minutes, enfin la voix de Gabrielle perce doucement le silence de la pièce.

- L'amour ça n'existe pas. C'est pour les enfants. C'est ma mère qui me l'a dit.

Et Gabrielle a baissé les yeux rapidement, comme une personne coupable qui vient de faire un aveu. Il la sent fébrile et incertaine, comme si finalement, elle se met enfin à sentir, le poids du monde qu'elle porte sur ses épaules. Comme si elle a conscience, qu'il y a quelque chose de malheureux, de pitoyable dans sa réponse pessimiste.

Alors à ce moment, le coeur d'Adam bat plus vite. Il comprend enfin.

Il se dit que Gabrielle a peur. Peur de tout. Alors elle se prive de tout, même de l'amour. Que Gabrielle n'a jamais rien connu de bien affolant, que Gabrielle ne volera jamais. Puisqu'elle s'est elle même coupée les ailes.

Et doucement, elle pose sont front sur le sien, il est froid, résolument froid. La réponse qui suit l'est encore plus.

- J'ai jamais été une enfant, moi.

Et elle pose ses mains sur son dos, comme pour mieux s'accrocher, comme pour mieux se rassurer, comme si elle a peur d'être blessée.
Alors Adam hésite, il entend le souffle de Gabrielle trop proche de lui. Ils sont quasiment enlacés mais pas tout a fait, il y a une certaine pudeur dans leur étreinte, Gabrielle semble encore à moitié réticente, un pied dedans, un pied dehors. Et le coeur d'Adam accélère, il bat la chamade, plus que d'habitude, ça fait trop longtemps qu'il n'a plus atteint ce rythme la et il ne sait plus quoi faire.
Il se mord les lèvres, les yeux fermés, déglutit péniblement et colle sa joue contre celle de Gabrielle, approche ses lèvres tout près de son oreille et la blottit avec délicatesse contre lui. Il a peur ; Peur de se jeter dans le ring à nouveau. Mais il a envie, trop envie de sentir Gabrielle vivante. Parce que ça lui fait mal, de voir le monde dans lequel Gabrielle vit, il fait trop froid pour quelqu'un d'aussi joli. Mon monde a moi est plus agréable Gabrielle, promis.
Alors lentement il murmure ;

- Peut-être. Peut-être que ça n'existe pas l'amour. Mais toi tu existes Gabrielle. Et si tu vivais un peu ?

Il la serre encore un peu, le coeur qui bat trop vite, le cerveau brouillé. Il ne sait pas quoi dire. Il ne sait pas quoi faire. Il voudrait la rassurer, il voudrait lui dire qu'il n'est jamais trop tard, qu'il est là pour lui proposer un accord bénéfique à eux deux. Que s'ils se perdent, qu'ils le fassent ensemble, puisque la misère n'aime pas la solitude. Ou qu'elle se laisse faire, qu'elle le laisse lui montrer son monde, dès que le soleil s'y lèvera de nouveau.

Alors il murmure de nouveau ;

- Je m'en fiche Gab, que tu sois chiante et psychorigide, je m'en fiche que tu me haisses, mais laisse moi t'aimer.

Juste pour oublier Jordan. Et pour te montrer que tu te trompes sur toute la ligne. Que tu ne finiras pas malheureuse puisque t'es trop bien pour ça. Laisse moi te faire briller Gabrielle. Et il détache sa joue de celle de Gabrielle, pour lui sourire légèrement. En priant.

En priant pour qu'elle saute enfin.


joyeux noel hihihi ( voila mon cadeau. /meurt/)
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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Jeu 26 Déc - 22:20



anyone else but you

Il me semble avoir été amoureuse deux fois en tout et pour tout dans ma vie.
La première, c'était en maternelle. Il s'appelait Gavin. Gavin et Gabrielle, du haut de mes cinq ans, je trouvais que ça sonnait bien. On se tenait par la main dans la cour de récréation et on jouait à chat tous les deux. Je me souviens que je criais en faisant semblant d'avoir peur ; au fond j'étais tellement heureuse qu'il me court après. On faisait des dessins avec une grande maison, des arbres plein de pommes et des chiens. Je rêvais d'avoir un chien quand j'étais gamine. Ça m'a refroidie quand ma mère m'a dit qu'un chien, dans un appartement londonien et avec sa paye, ça ne pourrait que crever sur le paillasson. Du coup je me suis mise à élever des fourmis, dans une boîte au fond de mon placard. Mais Gavin, quand il a vu ça, il a dit que c'était pas drôle les fourmis. Et il a arrêté de me parler.
(Noah il aimait les fourmis, lui. Il leur apportait de la terre de son jardin et des branches mortes. Parfois on les regardait bouger dans tous les sens pendant des heures, et ça me faisait un peu peur, cette vie grouillant tout autour de nous. Je l'ai jamais dit à Noah. Il m'aurait traitée de poule mouillée. Je veux pas être une poule mouillée.)
La deuxième fois, c'était il y a quelques mois. Quand j'avançais dans les couloirs et que j'ai vu Jason discuter de son air éternellement calme avec un autre garçon – tellement insignifiant en comparaison. Je me souviens avoir senti mon cœur s'emballer et mes pensées s'embrouiller sans que je ne puisse rien contrôler. Ça aussi, ça m'a fait peur. De voir qu'il existait des situations que je ne pouvais pas maîtriser. De voir qu'il était possible qu'une personne me barre la route. Involontairement, il occupait mon esprit. Quand je me levais le matin ou quand je me couchais le soir ; il était là. J'étais dingue. Je le suivais quand il partait se promener, je l'attendais des heures dans le froid pour faire comme si je venais de le croiser par hasard, je cherchais des sujets de conversation que je notais sur des morceaux de papier partout dans ma chambre. C'était cet amour que l'on raconte dans les livres. L'amour adolescent, un peu idiot, un peu niais ; il m'avait englobé toute entière. Il me collait à la peau. Il me colle à la peau. Ça fait pourtant des semaines que l'on ne s'est pas croisés. Il est toujours là, irrémédiablement, incapable de me quitter. J'ai essayé de l'oublier, une fois, deux fois, cent fois, mais c'est comme si tout mon être se refusait à laisser tomber. Il suffit que je cesse d'y penser ne serait-ce qu'une journée pour qu'il revienne à sa place, claquant comme un élastique sur mes tempes. Mon deuxième amour.

Adam, lui, je ne l'ai jamais aimé. Au contraire. C'est celui que je tente à tout prix d'esquiver dans les couloirs, celui que je maudis lorsqu'il m'arrive quelque chose, celui que j'envie et que je méprise chaque jour davantage. C'est celui qui vient me voir et me tire à coup sûr un rougissement. C'est celui qui semble être à sa place même aux pires moments de ma vie. Il s'incruste dans le paysage. Il prend tout mon espace vital jusqu'à ce que j'étouffe, réclame de l'air. Toujours. Même à cet instant. Même là, lorsque je sens son cœur qui bat sous le mien, sa joue sur la mienne, son souffle le long de mon oreille, ses bras sur mes épaules. Même là. Il me prend tout.

- Peut-être. Peut-être que ça n'existe pas l'amour. Mais toi tu existes Gabrielle. Et si tu vivais un peu ?

Et lui ; plus près encore, plus près. Je le hais. Je le hais d'être aussi présent, aussi vivant. Ça ne sert à rien, de vivre. La vie c'est cette chose qui bouge si vite qu'on ne peut pas l'attraper. C'est effrayant, ça donne le tournis, c'est idiot la vie. Moi je ne veux pas. Ou juste un peu, pour voir. Enfin savoir ce que c'est, de se sentir entière ; de comprendre à quoi sert l'oxygène dans mes poumons, l'eau dans ma gorge. Ce qui m'inquiète, c'est surtout après. Une fois que je saurais. Et si j'y prenais goût ? Et si je devenais dépendante de la vie ? Ça fait tellement souffrir d'être vivant.
Oh Adam. Adam je te hais.

- Je m'en fiche Gab, que tu sois chiante et psychorigide, je m'en fiche que tu me haisses, mais laisse moi t'aimer.

Adam tu ne devrais pas être ainsi. Adam tu ne devrais pas me sourire. Pourquoi tu me souris ? Quand je veux te voir sourire, tu ne souris pas. Quand je ne veux pas te voir sourire, tu souris. Tu fais tout à l'envers. Tu ne comprends rien. Tu mélanges tout. Moi je suis perdue. Je voudrais pouvoir te haïr en paix mais tu ne m'en laisses pas l'occasion. Je suis amoureuse de Jason, je l'ai dit, je l'ai pensé tout à l'heure. Alors pourquoi est-ce que mon cœur tressaute comme ça ? C'est insensé. Je ne sais pas. Surtout pour lui. Pourquoi lui mon Dieu, pourquoi lui.

Aurais-je eu envie de jouer à chat avec Adam, si nous avions eu cinq ans ?

Si je lui dis oui, ce sera terrible. L'inconnu, le vide, le trou noir, l'après. Tout ce que je déteste et que je fuis. On me pointera du doigt parce que je serai la fille qui est aimée par Adam Richmond alors qu'elle n'a pas d'ami. Je serai l'anomalie, le point noir, la faute de frappe. On murmurera plein de choses sur moi, quand mon seul et unique but dans la vie est de me faire oublier. Devenir si fine qu'on m'oublierait. Disparaître. Un fantôme. Si je lui dis oui, ce sera terrible.
Si je lui dis non, je serai tranquille. Je retournerai à ma vie dans le calme. Ma vie avec Jason au loin qui m'entrave le cœur. Ma vie avec des couleurs si fades qu'on dirait du noir et blanc. Je contrôlerai tout. Je serai capable de tout maîtriser, tout ranger. Je recommencerai à manger des chips devant la télé avant de les vomir au bout du couloir. Si je dis non.

- D'accord.

Et je le regarde dans les yeux, parce que cette fois je suis sérieuse, infiniment sérieuse, plus sérieuse que jamais. Parce que cette fois il n'a plus le droit de rire, plus le droit de reculer. Parce que cette fois j'ai dit oui alors que j'aurais dû dire non, j'ai dérapé, viré de bord, basculé dans une terre étrangère. J'ai fais un choix déraisonnable, Adam. Alors ne te moque pas de moi. Ne te moque pas au moment où je décide de placer tout ce qu'il y a de plus fragile en moi entre tes mains.

- J'espère seulement que tu me rendras pas malheureuse. Ce serait bête.

Je souris un peu, de ce sourire qui me prend parfois quand je ne sais plus quoi faire de moi, de mes bras, de mes jambes. Quand je ne sais plus où aller pour être l'abri. Je souris comme sourirait un enfant découvrant la vérité sur le Père Noël.

- Ça voudrait dire que je serais tombée amoureuse de toi.

Maintenant Adam. Emmène-moi à l'aventure.
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Adam Richmond
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MessageSujet: Re: parce que parfait n'est plus mon créneau - LARSEN   Jeu 2 Jan - 9:54


ONE LIFE TO LIVE, ONE LOVE TO GIVE, ONE CHANCE TO KEEP FROM FALLING

C'est bête.

C'est bête un coeur ; mais c'est comme ça.

Hier Adam, si on lui avait dit qu'il serait à deux doigts, un mot et un battement de coeur, de sortir avec Larsen la fille que personne ne connait, il aurait ri tant l'idée lui aurait paru saugrenue, bizarre, trop improbable et trop irréelle. Alors, avec son grand sourire collé au visage il aurait dit de faire tourner, et vite.

Parce qu'évidemment, pour proférer de telle choses, il aurait forcément fallu carburer avec une substance légèrement douteuse. Un peu de Mary-Jane par exemple.

Et même pas un peu, beaucoup. Des tas et des monticules, une quantité si grande que même la Chine entière n'aurait pas pu tout consommer en une seule journée. C'était ce genre d'hyperboles qu'il fallait utiliser pour décrire l'invraisemblance de ce scénario cliché grotesque, sorti tout droit d'un film hollywoodien déstiné à un public d'adolescentes prépubères.
Il était le garçon trop populaire au coeur un peu volage, à l'insouciance insolente et irrésistible. Elle était la fille lambda, de l'ombre, forcée contre son gré sous le feu dévorant des projecteurs. Il était le feu, elle était la glace.

Ils étaient ce scénario horriblement mièvre, terriblement fascinant.

Alors Adam attend, le souffle court, son coeur victime de secousses sismiques que même l'échelle de richter n'aurait pu calculer. Il ne sait pas pourquoi il a peur. Il n'a jamais peur normalement. Parce que rien ne l'atteint jamais. Mis à part les Quarter Pounders du macdonald et le regard terriblement perturbant des chats.

Et Gabrielle ne bouge pas, le regard absent, plongée dans son monde à elle, intouchable et hors d'atteinte, comme pour le torturer. Il la tient encore par les épaules, ses yeux plongent droit dans les siens, mais les pupilles de Gabrielle ont l'air étrangement vides. Visiblement absorbées dans de profondes réflexions.
Oui ou non.
Oui ou non.
Oui ou non.
Dieu qu'elle a l'air fragile en fait Gabrielle. Il ne l'avait jamais remarqué. Elle avait un port de tête trop fier, un regard trop foid, une rigidité trop adulte, pour qu'on s'appitoie sur son sort. Mais à cet instant, Adam trouve qu'elle a les poignets trop fins, les chevilles trop rachitiques, les hanches trop étroites. Son corps est une aiguille. Gabrielle est une brindille en fait.
Il se rend compte à ce moment, qu'il a peut-être gaffé Adam. L'importance de la situation est plus délicate qu'il l'imaginait. Gabrielle est fragile. Gabrielle est brisable. Et si elle dit oui. Elle tombe entre ses mains. Ses mains irresponsables, ses mains égoistes, ses mains insousciantes. Et Adam en tremble un peu, se mordant la lèvre inférieur, le sourire qui s'éfface un peu soudainement. Il n'a pas l'habitude d'aimer. S'occuper de quelqu'un d'autre n'est pas quelque chose qu'il fait particulièrement bien. C'est ce qu'elles lui reprochaient toutes. Adam n'est pas assez passionné, Adam s'en fout, Adam est plus un pote qu'un petit copain.

Alors il n'avait jamais eu de relation très longues. Il n'avait jamais su ce que c'était de s'occuper de quelqu'un.

Mais Gabrielle c'est différent, il se dit alors pour se rassurer. Gabrielle n'attendra rien, juste sa compagnie. Pas vrai ?

Et elle a ses lèvres qui bougent. Il entend. Elle le perce d'un regard infiniment sérieux, si sérieux qu'il y a son sang qui se fige dans ses veines.

Gabrielle est d'accord. Gabrielle est officiellement, plus ou moins, officieusement, sa petite-amie. Sur Facebook, il aurait hésité à mettre, en couple, c'est compliqué ou en union libre.
Gabrielle a fait le saut. Le grand saut, sans aucune attache. Droit dans ses bras, comme si elle savait qu'Adam serait la pour la rattraper.

- J'espère seulement que tu me rendras pas malheureuse. Ce serait bête.

Et elle sourit, d'un sourire timide. D'un sourire incertain. D'un sourire qu'il ne l'a jamais vu arboré. De ce sourire bizarrement enfantin. Et il la trouve belle soudainement, paré de cette candeur étrangère. Alors les battements de son coeur ralentisse, sa respiration s'apaise.
Il ne pourra pas briser Gabrielle. Jamais.

- Ça voudrait dire que je serais tombée amoureuse de toi
.
Il ne sait pas quoi dire exactement. Alors il sourit timidement lui aussi.

Il a le coeur en lambeaux, Jordan y a fait exploser une bombe nucléaire, a ensuite tapissé la zone de napalm, comme pour s'assurer qu'elle aurait été à jamais la dernière habitante.

Mais Gabrielle a planté une fleur, timide et fragile. Gabrielle est là devant lui. Et la vie continue, toujours.

Ils sont toujours les deux mêmes adolescents paumés d'il y a quelques minutes, sauf qu'à présent, ils se tiennent ensembles comme une seule et même personne. Alors Adam saisit la main de Gabrielle, la dirige jusqu'à la sortie.

Et il sourit. Il sourit parce qu'il a enfin un peu de compagnie dans ce tunnel noir qu'est sa vie.
Viens Gabrielle, viens. Je t'emmene à l'aventure.

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