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 .: S I D N E Y ; remember when.

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Sidney G. Carter
Ecume
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Messages : 126
Date d'inscription : 16/10/2012
Age : 20
Âge du personnage : 18 ans
Section : ecume
Classe : h

MessageSujet: .: S I D N E Y ; remember when.   Mar 16 Oct - 19:14


Sidney Gabriel Carter



When I see you at the finish line
Doesn't matter if I take my time
I'm coming home.
Sidney Gabriel Carter; 18 piges; 3 mars; australien; Ecume; classe H; transformation en Doodle Jump





Track one.

Boy, one day you'll be a man
Oh girl, he'll help you understand
Smile like you mean it.
Taille : Un mètre soixante-treize.
Poids : Soixante kilos.
Couleur des yeux : Noirs.
Couleur des cheveux : Bruns.
Signe distinctif : Peut porter un anorak en été et une chemise en hiver. Juste parce qu'il a pas fait gaffe.





Track two.

tonight, we are young
so let's set the world on fire
we can go brighter
than the sun.
« Sidney ? Le décrire en quelques mots ? Mais pourquoi ? Il a encore fait une bêtise je suis sûre... Il a peut-être dix-huit ans mais dans sa tête, c'est encore un bébé parfois, vous savez ? Il fait sans arrêt des paris, avec son amie Avery. Comment appellent-ils ça exactement déjà... ? Ah oui, des cap ou pas cap. Ils se lancent des défis en quelque sorte. Et ils sont bien trop bornés, l'un comme l'autre, pour refuser de faire quoi que ce soit. Je ne vous raconterai pas toutes les fois où j'ai trouvé dans la boîte aux lettres des courriers d'avertissement de l'école, ce serait bien trop long. Oui, avec lui, c'est souvent n'importe quoi. Le problème, c'est qu'il ne se pose pas de questions. Certains pourraient dire qu'il est un peu à côté de la plaque. Je ne sais pas vraiment s'il ne réalise pas si c'est bien ou mal, ou s'il n'a juste pas envie de se fatiguer, mais il a tendance à avancer sans réfléchir. Il ne fait que ce qu'il a envie de faire, mon petit cœur... Et de temps à autre, avouons-le, c'est agaçant. Il n'a pas peur de blesser quelqu'un par un refus, ni de bouleverser toute une classe par une action stupide. Il ne prend pas de pincettes. Il n'est pas « subtil ». Sans compter que c'est un flemmard de première ! Il fait un exercice sur trois, apprend la moitié de ses leçons au mieux, traînasse dans sa chambre pendant des journées entières... une vraie larve humaine ! Il est impossible ! »
Bethie Carter, 46 ans, infirmière.

« Ah, Carter ! J'étais dans sa classe l'année dernière, je m'en souviens. Il était assez sympa, ce mec. Un peu renfermé au début, toujours fourré avec sa pote, là... C'était qui... ah ouais, Avery Standford. Une hystérique cette nana. Bref. On est rentrés ensemble une fois, avec Sidney, et on a joué de la basse ensemble, c'était cool. Il était plutôt doué même ! J'étais limite jaloux à un moment. Jusqu'à ce que je capte que s'il y arrivait aussi bien, c'était parce qu'il se défonçait au travail. Il foutait rien en cours. Il donnait tout dans ses partitions. C'était un truc de fou ! Il passait grave du temps avec son instrument. Il disait qu'il voulait devenir le bassiste le plus doué du monde. Pour pouvoir rester avec Standford, ou je sais pas trop quoi. En tout cas, ça déchirait. Dès qu'il arrivait pas à jouer un passage, il le recommençait à s'en faire saigner les doigts pour le passer. J'me rappelle avoir pensé qu'il était un peu fou. La musique, c'était la seule chose pour laquelle il s'animait vraiment. Sinon, il était plutôt stone comme mec. Il s'endormait en maths des fois. Ça me faisait bien marrer. Ouais, vraiment sympa, Carter. J'espère qu'il va réussir, avec sa basse. Ça tue d'avoir un rêve comme ça. »
Charlie McLewis, 18 ans, lycéen.

« Il a explosé mon record à Doodle Jump une fois !
-Ouais, et il jouait au basket avec nous !
-Mais il était plus doué à Doodle Jump ! Il jouait tout le temps à ça avec son Ipod !
-Tu te rappelles pas des trois points qu'il nous mettait, idiot !
-Si je m'en rappelle d'abord ! Mais moi j'me souviens encore plus de la fois du mariage de la vieille, là.
-Hein ?
-T'sais, celui où il a joué tout du long pendant l'échange des vœux.
-Ah ouaiiiis. C'est vrai ! En même temps, elle était un peu moche à regarder, la vieille... C'était pas très intéressant. J'me suis endormi j'crois.
-Il avait défoncé son score ce jour-là.
-Ouais. Ouais. Bon, ok, c'est vrai qu'il était beaucoup sur Doodle Jump. Mais c'était bien, le basket, aussi, non ?
-Il trichait...
-Il connaissait pas les règles, surtout.
-Ah ouais ?
-Ouais.
-T'aurais dû lui apprendre.
-Pas pensé.
-Il était un peu con, alors.
-C'était marrant.
-Ouais.
-Ouais. »
Gosses du quartier sud, 11 ans, collégiens.

« Quoi, heu, Sid ? Vous voulez que je vous dise des choses sur lui... ? Mais j'en ai DES TONNES ! C'est mon ami d'enfance, je pourrais vous en raconter des vertes et des pas mûres à son sujet ! Vous connaissez la fois où je lui ai coupé les cheveux avec mes ciseaux dans les toilettes pour filles du collège ? Non ? Ah, c'était excellent ! Et le jour où je lui ai fait porter ma jupe rose sur la tête, j'ai cru me pisser dessus ha ha ! Oh, et...
Hein ? C'est pas ce que vous voulez entendre ? Roooh, vous êtes pas des marrants, vous, hein. Bon, très bien. Écoutez convenablement, parce que j'vais pas me répéter. Sid, déjà, il est pas mal vulgaire. J'sais pas trop s'il le fait exprès. Je lui ai demandé une fois, il m'a dit que c'était un tic de langage. Pour lui « merde » c'est comme « genre ». N'importe quoi. Un vrai débile, celui-là. Et puis il passe son temps à m'embêter. Remarquez, je lui rends bien...
Sinon. Sinon, il est vraiment sympa. Il fait renfermé, geek, out of the world, mais en vrai je sais qu'il est gentil. Il fait tout ce que je veux. Il me donne tout ce que je demande. Il ne s'énerve pas. Il boude parfois, mais ça lui donne un côté... humain. Même si souvent ça m'agace et me fait culpabiliser. Et puis je sais que je peux lui faire confiance. Il ne répétera pas mes secrets si je lui dis que c'est vraiment important. C'est mon meilleur ami. Ou alors mon frère. Je l'aime beaucoup.... Et je sais que lui aussi. Mais peut-être un peu trop. Maintenant, fichez-moi la paix. »
Avery Standford, 18 ans, lycéenne.

« Numéro un au concours de mister crétin, je nomme Sidney Gabriel Carter, mon cousin adoré ! »
Billie Westwood, 17 ans, lycéenne.

« J'ai faim. Et j'adore le Dr Pepper. C'est fini ? »
Sidney Carter, 18 ans, cas désespéré.

Une saison : L'été
Un animal : Un escargot
Une couleur : Le bleu
Un endroit : Sa chambre





Track three.

don't you know i'm strong
I could win the world
for you.
Tu t'appelles Sidney Gabriel Carter. Tu es né le 3 mars 1994 à six heures, trente-trois minutes et quarante-cinq secondes du matin. Le premier instant de ta vie a eu lieu cinq ans plus tard. Un jour de janvier qui aurait dû être on ne peut plus banal et insignifiant, mais fut pourtant le plus incroyable de ton existence.
Le jour où la petite fille en robe bleue débarqua à tes côtés.
Tu t'en souviens ? Oui, n'est-ce pas. C'était le tout début de la journée, tu avais proclamé silencieusement que le bac à sable serait ton nouveau royaume. Tu te disais que tes parents t'avaient abandonné là, alors tant qu'à faire, il valait mieux que tu sois confortablement installé. Les mains sur les hanches, un air très sérieux collé sur ta bouille ronde de gosse, tu avais commencé à imaginer une forteresse de sable. Là-bas il faudra mettre quelques tours, et puis dans le coin tu créeras une salle de jeux avec tous les Action Man du-monde-de-l-univers-de-la-galaxie, pourquoi ne pas ajouter des canons pointant d'entre les mâchicoulis ? Enfin, quand tout t'avais semblé parfait, tu t'étais retourné, prêt à entamer le beau chantier qui t'attendait avec ton petit seau et ta pelle en plastique. Tu n'avais pas prévu qu'elle serait là.
Elle a toujours été imprévisible.
Alors forcément, dans ton élan, tu lui as écrasé le pied. C'était le droit. Ou le gauche, tu ne sais plus bien en fin de compte. Tout ce dont tu te rappelles, c'est qu'à cet instant précis, elle a poussé le cri le plus aigu que tu aie jamais entendu. Et qu'après elle t'a frappé. Sauvagement. Avec le plat de sa main, sur ton crâne. Tu t'es retrouvé sonné un moment, les tympans grésillant et la tête en feu. En reprenant tes esprits, tu as entendu la voix de ta mère dans les tréfonds de ton esprit. Un gentleman digne de ce nom ne frappe pas une fille. Oui mais tu n'étais pas un gentleman. Et tu emmerdais ta mère.
Avec un regard noir, comme ceux que ton père te lançait parfois, tu frappas la petite fille en robe bleue.
Elle te rendit à nouveau la pareille, plus fort encore. Alors tu lui sautas dessus et tu lui tiras les cheveux. La suite est trop emmêlée pour être racontée et pour que tu t'en rappelles. Un méli-mélo de bras et de jambes, de cris et de larmes, d'ongles et de dents.
Au bout de quelques minutes, tu t'es senti faiblir. Ton adversaire devenait mou lui aussi. Avec un grognement, tu t'es laissé tomber sur le côté, les cheveux et les vêtements plein de sable, le souffle court, les membres endoloris. Un silence passa. Tu t'es dit que c'était vraiment n'importe quoi, cette fille. Et puis sa petite voix enjouée vint frôler ton oreille, doux carillon te faisant tressaillir, et tu en oublias ton bras lacéré de mille griffures.
« Eeh dis ! Tu veux jouer à un jeeu ?! »
Tu as tourné la tête pour pouvoir la fixer. Elle jouait avec une mèche de cheveux. Tu as trouvé ça mignon, mais as décidé de te la jouer gros dur ronchon. Un moment, tu t'es dit que t'allais pas répondre, que t'allais la laisser là dans ce silence embarrassant. Juste un moment. Après tu as craqué.
Tu as toujours craqué, face à elle.
« ...Quoi comme jeu ?
- Ma grande sœur m'en a raconté un nouveau ! »
Ah.
« Ouuais mais, c'est quoi comme jeu ?
- J'te dis un truck et tu me dis si t'es cap ou pas de le faire.
- Euh...ouais.
- Cool ! Aloooors cap ou pas cap...
- De chanter le générique de pokémon en entier. Sans te tromper. »
Tu avais réussi à l'interrompre. Un petit sourire satisfait éclaircit ton visage. Sale gosse, va.
« Eh c'tait à moi de dire !
- T'es pas cap ?
- Bien sûr que si ! Tu vas voir ! Au fait, moi c'est Avery.
- Sidney. »

Ce jour-là, Avery se mit à chanter le générique du dessin-animé. Ce jour-là, tu oublias le sable pour te concentrer sur sa voix fluette, sa voix de poupée qui sait tout. Ce jour-là, elle sauta un vers et bégaya au mot « traquant ». Tu t'en rappelles comme si c'était hier.
Ce jour-là fut le premier jour du reste de ta vie.

- - -

été 2001

« Hey, Sid.
- ...
- Sid.
- ...
- Sidney !
- ...
- DISNEYLAND ! »
Les trois-quarts de la plage se retournèrent vers leur petit carré de serviettes bleues. L’intéressé ôta ses lunettes de soleil, se releva péniblement et tourna la tête pour pouvoir observer à sa guise la petite fille en maillot à pois, actuellement avachie sur son bout de tissu sablonneux. Ses cheveux clairs s'éparpillaient sur ses épaules comme des centaines de petites tentacules. Des tentacules un peu abîmées par le sel, qu'il avait envie de laisser filer entre ses doigts.
« C'est quoi ce surnom, là ?
- Le tien. J'viens de le trouver.
- Ça craint.
- N'importe quoi. Regarde, tout le monde aime : ils se sont tous retournés pour voir qui tu étais !
-Y'se sont surtout tous demandés qui était la timbrée qui hurlait comme ça...
- Au moins j'ai été cap de crier !
- Bon. T'avais un truc à me dire au moins ?
- Ouais.
- Et... ?
- J'ai plus envie.
- T'es sérieuse ? Alleeez, dit !
- Nan. »
En soupirant, le petit brun se rallongea sur sa serviette. Il ferma les yeux, croisa les bras, et se mit à ruminer en silence sur cette fille qui lui en faisait voir de toutes les couleurs. Pour qui elle se prenait, hein ? Le reine espagnole d'Angleterre ? La princesse du monde et de l'univers ? Pourquoi il traînait avec elle, d'abord ? Il allait plus lui parler, d'abord ! Ce serait plus son ami, elle aurait qu'à s'en trouver d'autre ! Na ! Et puis même, il allait commencer à l'ignorer dès maintenant, voilà, et même que...
« Hey, Sid.
- Quoi ? »
Et merde.
« Tu boudes ? »
Il rouvrit les yeux. Les lèvres un peu pincées, il se retourna vers Avery. Son regard se posa sur sa figure ronde, sa peau blanche, son air un peu inquiet. Il se sentit flancher avant même la troisième seconde de confrontation. Il était faible.
« Nan.
- Ah, ouf.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire, tout à l'heure ?
- J'ai chaud.
- On va se baigner ?
- Oui. »
Les faces rougies par le soleil, la peau craquelée par le sel et couverte de crème, un léger sourire aux lèvres, les trois-quarts de la plage virent les deux enfants s'éloigner vers la mer. Sautillant un peu sur le sable brûlant, ils se tenaient par la main.
Pour ne pas risquer de se perdre.

- - -

Tu étais allongé sur ton lit quand c'est arrivé. Les cris qui fusent, les mains qui volent, et puis la porte qui claque. Tu avais à peine cligné des yeux, sur le moment.
« N'ESSAYE MÊME PAS DE REVENIR, CONNARD ! »
La voix de ta mère, dans le silence. Ultime trace de la bataille entre tes parents. Quelque part dans un coin de ta tête, tu te répétais « Non, il ne reviendra pas. Non, je ne le reverrai plus. », cherchant la pointe de tristesse que tu aurais dû ressentir. Et pourtant, rien. En cette nuit de juillet 2002, les insectes vrombissaient au-dehors, le vent criait, les arbres craquaient, ta mère pleurait, ton père venait de se casser, et toi, tu étais plus vide qu'une coquille de noix. Il était onze heures passées. Tu attendais que le sommeil arrive, les yeux perdus sur le plafond de ta chambre. Te posant des questions.
Pourquoi est-ce qu'il était parti maintenant, et pas avant ?
Pourquoi est-ce que ta mère pleurait un mec qu'elle avait traité de connard ?
Pourquoi est-ce que ce putain de moustique pouvait pas se barrer de ta maison, lui aussi ?
Pourquoi est-ce que ton père ne t'avait pas dit au revoir ?
Pourquoi est-ce que tu n'avais pas pu le retenir, même un peu ?
Pourquoi est-ce que...
Pourquoi est-ce que...
Pourquoi est-ce que tu t'en fichais autant, de tout ça ?
Tu comprenais pas. Tout te paraissait flou, compliqué, embrouillé. Dans ta tête de petit garçon, les événements te semblaient chiants à crever. T'avais pas envie de t'en occuper. T'avais pas envie de consoler ta mère, en bas. Il fallait que tu dormes. Ouais, voilà, t'allais faire comme si t'avais rien entendu, et puis merde. En ronchonnant un peu, tu t'étais enroulé dans ta couverture. T'avais fermé les yeux. Et t'avais attendu.
Une heure.
Deux heures.
Trois heures.
Des cernes jusqu'au bas des joues, t'avais fini par rouvrir les yeux. Nouvelle question.
Pourquoi est-ce que j'arrive pas à dormir ?
Ça t'agaçais. Ta mère pleurait toujours en bas. Elle n'avait pas arrêté une seule seconde. Un instant, tu t'étais même demandé comment elle faisait pour produire autant de larmes. T'avais peur de la retrouver déshydratée le lendemain. Vieille chiffe toute sèche. En soupirant, t'avais fini par te lever pour aller la voir. Peut-être que c'était ça qui t'empêchais de t'endormir. Ta conscience qui te pesait. Tu savais pas trop, tu trouvais ça con. Mais fallait essayer.
A pas lents, tu avais descendu une à une les marches de l'étroit escalier en bois. La troisième marche avait grincé.
Ta mère était assise sur une des chaises bancales de la cuisine, plongée dans le noir. Son dos était secoué de tremblements et de hoquets. Un peu paumé devant ce spectacle, tu l'avais observé un moment, immobile dans l'encadrement de la porte. Et puis tu avais allumé la lumière, et tu étais allé la prendre dans tes bras.
Elle qui n'avait jamais eu le temps de t'embrasser.
« Tout va bien se passer. »
Tu ne savais pas quoi, tu ne savais pas pourquoi tu disais ça. Mais tu sentais qu'il fallait que tu le dises.
« Tout va bien se passer. »
Tu te sentais idiot. Les soubresauts de ta mère te secouaient dans un mouvement saccadé qui te donnait envie de vomir.
« Tout va bien se passer. »
Combien de fois allais-tu répéter ça ? Aucune idée.
« Tout va bien se passer. »
Lentement, ta mère avait commencé à souffler pour se calmer. Inspiration, expiration. Encore et encore.
« Tout va bien se passer. »
D'un seul coup, elle s'était tue.
« Tout va bien se passer. »
Plus de cris, plus de gémissements, plus de larmes. Juste ta voix.
« Tout va bien se passer.
- D'accord. »
Précautionneusement, comme si tu tenais un verre en cristal, tu l'avais lâché. T'avais peur qu'elle se remette à pleurer, tu t'en souviens. Ça te faisait une boule dans le ventre, une boule dans la tête, une boule dans l'coeur. Sans un mot, tu lui avais tendu un mouchoir en papier, avant de lui laisser tout le paquet dans un sursaut de lucidité. Tu étais reparti comme tu étais venu.
A deux heures et demi du matin, tu avais pris le téléphone. A deux heures et demi du matin, tu avais appelé Av'. A deux heures et demi du matin, tu t'étais pris le savon du siècle par son père.
Tu avais pourtant tellement besoin d'elle.

- - -

automne 2004

« On se fait chier, non ?
- Ouais.
- Même le ciel il se fait chier.
- Hein ?
- Il en a tellement marre de changer de temps qu'il a même plus la force d'amener des nuages.
- N'importe quoi.
- C'est pas n'importe quoi ! Ose dire qu'on crève pas de chaud, là ?
- ...
- Tu vois, t'as rien à dire. On se fait chier, le ciel se fait chier, même le tableau du prof, là, il se fait chier. C'est déprimant, la vie est nulle, j'vais aller me jeter de dessus un pont, on retrouvera mon corps en bouilli sous les roues d'une voiture et...
- Cap ou pas cap de dire « banane » à chaque fois que le prof pose une question ?
- Tu changes de sujet, là, Sid'. Idiot. Cap !
- On va vite voir ça.
- Hey, vous deux, je vous rappelle que vous êtes en cours ! Je vous dérange, peut-être ?
- Banane.
- Qu'est-ce que vous fabriquez, enfin ? Je peux savoir de quoi vous parlez, exactement ?!
- Banane, banane.
- Avery, tu vas arrêter immédiatement de te ficher de moi. Et Sidney, je peux savoir pourquoi tu ris ? Il n'y a rien de drôle dans les pitreries de ta voisine !
- Banane !
- C'est une blague ?
- Banane.
- Ça suffit ! DEHORS ! Vos parents en entendront parler, j'espère que vous êtes au courant !
- C'est une question ?
- Que... ?
- Banane ! Bonne fin de journée, madame ! »

Le lendemain, les deux familles recevaient un rapport d'expulsion pour la semaine. Chacun d'eux furent enfermés dans leurs chambres pour la durée de la punition. Ils s'en fichèrent royalement. C'est qu'ils étaient comme ça, Sid et Av... ils ne supportaient pas de s'ennuyer. Alors ils se parlaient de tout et de rien, inventaient des jeux idiots, faisaient des conneries. Peu importaient les conséquences, tant qu'ils étaient deux.

Cette fois-là, lorsqu’ils retournèrent en cours, ils en riaient encore.

- - -

Tu t'étais assis sur un des bancs face au collège. Adossé contre le bord en bois, les jambes étendues devant toi, ton regard oscillait entre les grilles encore fermées de l'imposant bâtiment et le petit paquet carré posé sur tes genoux.
Tu avais séché, ce jour-là. Et tu n'avais pas prévenu Av'. Elle allait probablement avoir des envies de meurtres. Mais tu avais une excellent excuse.
Restait à savoir si tu arriverai à l'utiliser.

Tout avait commencé le matin même. Rien qu'en ouvrant les yeux, tu avais senti que l'ambiance était différente. Tu avais cherché à comprendre ce pressentiment un moment, avant d'abandonner. Ce 14 février n'avait décidément rien de plus ou de moins qu'un 13 ou qu'un 15. Tu t'étais levé.
Tu aurais peut-être mieux fait de rester coucher.
A peine descendu pour prendre ton petit-déjeuner, ta mère t'avait sauté dessus avec de petits gestes précipités, enchaînant les phrases sans que tu arrives à les saisir. Le regard encore un peu ensommeillé, tu avais passé ta main derrière ta nuque. La voix suraiguë de ta mère avait fini par percer tes barrières dans un claquement.
« Alors, qu'est-ce que tu comptes donner à Avery, aujourd'hui ? Tu as bien prévu quelque chose, n'est-ce pas ? Une jeune fille de son âge doit bien attendre des chocolats de ta part. C'est la Saint Valentin, tout de même ! Donc, dis-moi ?
- Hein ? »
C'est tout ce que tu avais réussi à dire, avec ta tête d'idiot. Tu n'avais rien prévu. Absolument rien. Tu aurais dû ? Tu ne savais pas qu'il était d'usage de donner des chocolats à ses amis. Première nouvelle. Alors ça voulait dire que... tu étais très très en retard ? Et qu'Av' allait t'en vouloir pour des semaines ? Et qu'il allait te falloir lui acheter un truc super cher pour te faire pardonner ?
« Merde.
- Sidney ! Reste poli ! Sidneeeeey ! »
Tu t'étais déjà barré en courant, comme un voleur. D'un bond, tu avais passé la barrière du petit jardin ; celui où ta mère cultivait toutes ses roses. T'aimais pas les roses. Tu préférais les pâquerettes. Mais sur le coup, t'avais pas capté. Tu les avais juste dépassé sans un regard. Plus rien ne t'importait, si ce n'étaient ces fichus chocolats et l'endroit où tu pourrais les trouver. Tu savais qu'il y en avait au supermarché, mais tu n'en voulais pas. Tu ne tenais pas à avoir l'air d'un nul. Alors quoi ? Il fallait que tu trouves une chocolaterie, c'était ça ? Il n'y en avait pas dans votre ville paumée. Déjà essoufflé, tu t'étais stoppé net pour pouvoir réfléchir. Une chocolaterie. Où est-ce qu'il y en avait, déjà... ?
Un bus te passa devant.
Tu te remis à courir pour l'avoir. Tu devais aller en ville. Là-bas, tu trouverais forcément.

C'était ce que tu t'étais dit, hein ? Tu pensais que tu n'avais qu'à aller en centre-ville, à entrer dans une chocolaterie, et à retourner au collège.
FATAL ERROR.
Déjà, la première chocolaterie était fermée.
Ensuite, la seconde était en rupture de stock.
Après, la troisième n'ouvrait pas avant quatre heures.
Enfin, tu avais mis quatre heures à trouver la dernière.
Sans compter le temps de trajet aller-retour, plus les trois-quarts d'heure qu'il t'avait fallu pour être servi au comptoir.
Gros bordel.
Tu étais arrivé face au collège à cinq heures passées, une demi-heure avant la fin des cours, en nage, complètement mort, le porte-monnaie à sec. Tu t'étais écroulé sur le premier banc à ta portée. Dans un coin de ta tête, tu juras qu'on ne t'y reprendrai plus. La saint Valentin, ah ! Quelle connerie !

Et puis tu avais attendu. Les bras ballants, tournant et retournant le paquet entre tes mains, hésitant. Tu avais la vague impression d'être l'un de ces prétendants neuneus qu'on pouvait voir dans certains dessin-animés. Ceux qui restaient plantés devant les maisons de leurs chères et tendres, un sourire niais aux lèvres, juste avant de se faire jeter.
Sauf que tu n'étais pas un débile.
Que tu n'avais pas de sourire niais aux lèvres.
Et que tu n'étais pas amoureux d'Avery.
La boule dans ton ventre, c'était de la fatigue et du stress. Voilà tout. Rien de plus. Il n'y avait pas d'autres explications.
La sonnerie avait retenti dans le bâtiment.
Un instant, tu t'étais demandé s'il ne valait pas mieux fuir sur-le-champ. Mais tu étais resté. Tu étais resté. La gorge sèche, le cœur en vrac, la tête comme un marteau-piqueur. Tu étais resté.
« SIDNEY JE VAIS TE TUER ! »
Une furie aux cheveux clairs courait vers toi. Tu avais eu le temps d'observer ses jambes fines, son teint rose, ses yeux brillants de colère. Tu avais eu le temps de sentir ton cœur battre dans tes tempes comme jamais auparavant. Tu avais eu le temps de mettre le paquet bien en évidence devant toi et de fermer les yeux. Avant qu'elle ne débarque.
« Comment t'as pu me laisser toute seule ?! T'es vraiment nul, Sid, vraiment nul ! Sérieux, c'est pas sympa, c'est même dégueulasse, c'est, c'est, c'est... C'est quoi ? »
T'avais rouvert un œil. Elle pointait le présent du doigt. Bon. Tu devais lui donner. Tu devais lui donner. N'est-ce pas ?
Offrir un cadeau ne t'avait jamais paru aussi compliqué.
« C'pour toi.
- Mais c'est quoi ?
- Des chocolats.
- Des chocolats ? Des chocolats de St Valentin ?
- Ouais.
- C'est un truc d'amoureux, ça.
- Peut-être. Mais comme ça, je s'rai pas obligé de te payer un nouveau micro parce que j'ai oublié. Allez, viens, on rentre. »
Tu t'étais levé, avais mis les mains dans tes poches. Avais commencé à marcher, enfonçant ton visage dans ta veste jusqu'au nez. Jamais tu ne t'étais senti aussi mal à l'aise de toute ton existence. Ni aussi rouge. Ce qui était stupide. Tu ne l'aimais pas, après tout. C'était juste une pote, Av'. Juste une pote. Tu ne ressentais rien pour elle. Dans un mouvement agacé de la tête, tu avais rejeté toute cette ambiguïté dans un coin de ton esprit.

Pourtant, cette fois-là, ton monde entier avait changé.
Elle n'était rien.
Devint tout.

- - -

hiver 2006

Pinçant une à une les cordes de sa basse, Sidney essayait pour la centième fois de jouer un des passages de ses nouvelles partitions. Il avait beau se concentrer, il se trompait toujours au même endroit. Vague impression d'être un robot. Un programme erroné, ne pouvant s'empêcher de tout gâcher à l'instant le plus important. Ting, ting, ting. Dzong.

« Merde.
- C'est pas très poli... Tu veux pas jouer autre chose ? Ça m'énerve cette petite musique, là.
- Tais-toi Billie. Si ça te plaît pas, t'as qu'à t'en aller.
- T'es pas gentil.
- Et descends de mon lit. Si Av' arrive, elle va encore me faire une scène.
- Av' ? C'est qui, ça ? Ta copine ?
- Non, une pote. Et elle débarque toujours à l'improviste. Alors bouge.
- Pas envie... Puis si tu l'aimes pas, y'a pas de raison que ça te dérange qu'elle me voie sur tes couverture.
- Billie. Dépêche-toi. Je te jure que je vais venir te chercher.
- Ah oui ?
- Je compte jusqu'à trois.
- J't'attends.
- Un. Deux. Tr... »

La porte s'ouvrit dans un claquement sourd, buttant contre le mur avec fracas. Les entrées en scène d'Avery étaient toujours tonitruantes. Le jeune garçon enserra ses tempes du bout des doigts. Il savait bien qu'elle allait débarquer.

« HEY DISNEYLAND, TU DEVINERAS JAMAIS ! »

Sidney eut un petit toussotement, avant de rouvrir les yeux dans l'espoir de voir que la blondinette de service avait déserté son lit. Mais non. Elle était toujours là, un sourire presque triomphant aux lèvres. A la fin de la journée, promis juré, il le massacrerait. Il lui ferait manger son ours en peluche, avant de la balancer tête la première dans les toilettes. Billie le balai à chiotte. L'idée était prometteuse.
Posant sa basse dans un coin, le petit brun leva son regard vers Av'. Av' qui avait actuellement l'expression d'un poisson rouge. Av' qui n'allait probablement pas tarder à poser des questions. Av' qui prenait son inspiration. Av' qui pointait du doigt la chose sur son lit.

« C'est qui, ça ?
- Ça, c'est ma cousine.
- Tu peux me le prouver ?
- J'ai pas relevé quand t'as dit « ça ».
- Mais encore ?
- Je peux la mordre, si tu veux, ça lui fera les pieds.
- Hey ! Ça va pas dans ta tête, Sidney ! J'vais le dire à tatie ! »

Avery eut un moment de réflexion. Ses yeux croisèrent ceux de l'autre petite fille. Un orage parut éclater dans la chambre. Dans le plus grand des silences. Flippant. Sidney passa sa main derrière sa nuque, vaguement embarrassé. Il fallait qu'il dise quelque chose. Non ? Si. Et vite, de préférence.

« Heu. Ouais. Billie, j'te présente donc Avery. Avery, Billie. Elle a un an de moins que nous. Elle est là pour une semaine. Si tu pouvais m'aider à la traîner jusqu'à la salle de bain, ce serait cool... »

La plus grosse connerie du monde.
Il n'empêche qu'Avery refusa de porter Billie.
Il n'empêche que Billie remercia Avery.
Il n'empêche que Sidney se retrouva seul contre deux.
Il n'empêche qu'elles devinrent les meilleures amies du monde, ou quelque chose de ressemblant.
Comme quoi, la vie est mal faite.

- - -

Allongé sur ton lit, la tête penchée dans le vide, tu jouais à Doodle Jump. Tu essayais d'aller le plus loin possible. Pourtant, tu n'était pas très concentré. Tu songeais à autre chose, ton esprit vagabondait loin au-delà de ton jeu. Avery était assise dans un coin de la chambre, cherchant à réparer la basket qu'elle avait défoncé en essayant de chevaucher un chien errant. Se mordillant légèrement la lèvre inférieure, armée du rouleau de scotch, elle enroulait, renroulait et rerenroulait la semelle dans le ruban adhésif. Et toi, au lieu d'échapper aux monstres comme tu aurais dû, tu la regardais. Tes yeux sombres hésitaient un peu. Un coup ils la fixaient, un coup ils essayaient de ne pas perdre à Doodle Jump. Abandonnant, tu finis par éteindre ton Ipod. Tu le gardas en l'air comme si tu l'utilisais toujours, pour ne pas donner l'air de ne rien faire.
Et tout en observant Av, tu te mis à analyser la situation.
Ça faisait un moment que tu doutais. Un moment que tu ne savais plus très bien. Qui était cette fille ? Qui était-elle, exactement ? Avery Chance Standford, oui, mais encore ? Ta mère disait que c'était « une jolie fille ». C'est vrai qu'elle était jolie. Elle avait un grand sourire qui te donnait envie de décrocher la lune. Et des yeux qui disaient regardez-moi. Les profs juraient que c'était « une fauteuse de trouble pas croyable » . Ça aussi, c'était vrai. Toi aussi, tu étais « un fauteur de trouble pas croyable ». A vous deux, vous aviez fait plus de conneries qu'une armée de gosses en furie. Avery avait toujours tout un tas d'idées pour ne pas s'ennuyer. Ton voisin riait qu'elle « n'avait pas froid aux yeux » et en faisait « une petite folle ». Oui, une petite folle, qui marchait sur ses plate-bandes et cueillait ses fleurs.
Mais pour toi, qui c'était ? Hein, qui c'était, Av ?
A la base, juste une pote. Une fille que tu connaissais depuis la maternelle, sympa, avec qui tu faisais les quatre cents coups. Une gamine avec qui tu te disputais, une imbécile complètement timbrée, une adorable chipie à protéger.
Mais maintenant ? Dis, dis, maintenant ?
Maintenant, c'était... l'idiote la plus incroyable au monde. Celle à qui tu pensais quand tu t'entraînais à la basse le soir. La fille que tu avais envie de frapper tellement elle pouvait t'énerver, puis d'embrasser jusqu'à en étouffer. Pas une de ces jolies lycéennes passant dans la rue. Juste la plus jolie. La seule qui te faisait sortir de ta léthargie. La seule capable de te faire réagir. La seule.
Donc tu l'aimais ?
Donc tu l'aimais.
Voilà où t'avais porté ton analyse. Tu étais amoureux d'Avery. C'était bizarre, tordu, voir même complètement dingue. Mais tu n'avais pas fait exprès, hein. Ça t'était tombé dessus. Tu n'avais pas pu y échapper. Elle était unique.
La tête toujours penchée en arrière, tu lâchas ton Ipod. Tu fixas toute ton attention sur la jeune fille à l'autre bout de ta chambre, entre le bureau et la basse. Tu caressas des yeux ses mèches claires. Ton ventre se serra vaguement. La vie ne serait plus pareille, à présent.
« Av.
- Hmmm ?
- Je t'aime.
- Hein ? Ah, moi aussi je t'aime beaucoup. Mais attends, là, je suis concentrée, mon doigt est collé au scotch... C'est chiant...
- Non, moi, je ne t'aime pas beaucoup. Je t'aime tout court. »
Elle se stoppa net dans son mouvement, le pouce toujours englué. Releva la tête, l'air de ne pas vouloir comprendre.
« Qu'est-ce que tu racontes, encore...
- Ouais, je sais, ça fout un choc.
- Arrête ça. C'est pas drôle, Sid.
- J'plaisante pas.
- Arrête.
- Tu préfères que je te mente ?
- Arrête j'te dis ! C'est pas amusant du tout ! Je rentre chez moi, pour la peine. J'reviendrai quand tu te seras calmé, avec tes histoires débiles ! »
Elle se releva, fila vers la sortie et claqua la porte. Elle te laissa là, tout seul, allongé sur ton lit. Un peu ahuri, un peu déprimé. Tu avais un peu de mal à réaliser. Elle ne t'avait pas cru. Elle n'avait pas voulu te croire. La gorge sèche, la tête vide, tu allas te prendre une canette de Dr Pepper dans le frigo avant de remonter dans ta chambre. Là, tu te laissas tomber à même le sol et t'enfilas la boisson d'un coup. Ce n'était pas encore de l'alcool, mais tu avais besoin d'oublier.
Le lendemain, tu la reverrais. La lendemain, tu essayerais de lui dire encore une fois. Tu serais obligée de la revoir, de toute façon, elle et son incroyable sourire.
Elle avait emporté le scotch.

- - -

printemps 2009

« Sid. Tu y crois, toi, au destin ? »

Dix ans déjà. Dix ans qu'ils se connaissaient, ndix ans qu'ils faisaient leurs paris stupides, dix ans qu'il la suivait sans condition. Dix ans qu'il acceptait tout et n'importe quoi pour elle. Dix ans qu'il la regardait escalader les murs, couper ses cheveux, peindre sa chambre en orange, sur un simple cap ou pas cap.
S'il avait su.
S'il avait su que se battre avec cette petite fille en robe bleue le conduirait là.
S'il avait su que dire son nom après la bataille lui vaudrait par la suite le surnom de Disneyland.
S'il avait su que cette gosse aux cheveux clairs finirait par prendre toute cette place dans son cœur.
Est-ce qu'il l'aurait laissée approcher ?
Et s'il avait refusé ? S'il avait refusé de lui parler, s'il l'avait ignorée ? Est-ce qu'elle aurait passé son chemin ?
Il n'aurait jamais été amis, alors.
Il n'y aurait pas eu de bêtises, pas eu de fous rires, pas eu de peurs bleues. Il n'y aurait pas eu la mer, ni les coups de téléphone à minuit passé, ni les chocolats en vrac à la saint Valentin. Il n'y aurait pas eu la musique. Il n'y aurait pas eu les rêves. Il n'y aurait pas eu Sid et Av. Pas eu Av et Sid.
Vu comme ça, la vie lui paraissait atrocement fade. Il en avait fallut de peu. Et pourtant, c'était arrivé. Ils étaient là, affalés dans l'herbe, à regarder les nuages passer. Deux petites poussières perdues dans le monde. Minuscules, si petites que c'en était ridicule. Mais là. Ensemble.
Fronçant un peu le nez, Sidney se demanda s'il n'était pas sur le point de virer emo tragique. Il commençait à se raconter n'importe quoi.

« Nan. »

Ils étaient seuls acteurs de leurs vies. Il n'y avait pas d'histoire de destin, là-dedans. Ils dirigeaient.
Il avait parlé à la petite fille en robe bleue.
C'était son choix.
Il ne le regrettait pas.

- - -

Un jour, Avery, elle est arrivée en gesticulant dans tous les sens chez toi. T'étais affalé dans ton canapé, et tu l'as regardée un moment, avant de capter ce qui t'arrivait et de lui dire bonjour. Elle t'écoutais même pas, t'sais. Elle était trop occupée à bavasser à propos d'une lettre qu'elle venait de recevoir. Tu fixais l'enveloppe blanche sans comprendre un traître mot de ce qu'elle disait. Tu chopais quelques bribes de phrases, mais à part ça, que dalle. Au final, tu obtins un truc du genre : « Sidney, lettre, fan, méga-hyper-génial. »
On aurait dit le résultat d'un brain storming.
Tu finis par trouver un peu de place dans son monologue pour caser deux-trois mots très spirituels.

« Heu. De quoi ? »

Av' se stoppa net et te fixa comme si t'étais un extra-terrestre fraîchement débarqué. Et puis elle s'approcha de toi et se pencha jusqu'à ce que vos yeux soient assez proches pour te faire loucher. Articula une phrase.

« Allô Sidneyy ? J'ai reçu une lettre. Uneuh lettreuh, tu comprends ? J'suis sûre que c'est un fan qui nous envoie des encouragements pour notre groupe. C'est INCROYABLE, oh. Alors, viens, on l'ouvre ! »

D'un geste elle recula et poussa tes jambes pour pouvoir s'asseoir sur le canapé. Toi t'étais encore shooté. Elle avait été si près de toi, mon dieu. Ton cœur en battait encore à en crever.
Quel crétin tu fais.

Après ça, tout est allé très vite. Avery a ouvert la lettre. Vous avez regardé le contenu d'un air inquisiteur, cherchant les « bravos » et les « vous êtes un groupe génial », avant de comprendre qu'il n'y avait rien de tout ça sur le papier. Juste... un numéro. « Le numéro d'un studio, bien sûr ! »
T'as pas voulu faire de peine à ta belle, t'as préféré te taire. Et la laisser empoigner le téléphone. Le haut-parleur. « Ça sonne, ça sonne ! » qu'elle disait, et elle avait l'air si heureuse. La suite, tu sais pas. Gros blanc. Ou gros noir, plutôt. Vous étiez partis.

- - -


Quand ils sont partis, Sid et Av, ils ont tout laissé derrière eux. Absolument tout. Et si pendant un moment Sidney a pleuré sa basse, il a eu vite fait de se remettre. Maintenant, il s'entraîne dans la salle de musique. Et il économise pour pouvoir s'en racheter une nouvelle. C'est tout. Le reste... Le reste il s'en foutait. Tant qu'Avery était à ses côtés, il lui paraissait que rien n'avait d'importance. Absolument rien. Et il a pensé ça très longtemps.

Jusqu'à ce qu'il craque.

Jusqu'à ce qu'il en ait assez du je t'aime moi non plus. Jusqu'à ce que son cœur crie stop. Il en avait marre. Il n'en pouvait plus. Avery ne l'aimait pas ? Et bien tant pis. Il en avait assez fait.
Alors Sidney, il a voulu oublier.
Alors Sidney, il s'est trouvé une petite amie.
Alors Sidney, il ne se réveille plus à deux heures du mat' pour aider Avery.
Et le pire dans tout ceci. C'est que même s'il ne dit rien, ça le défonce encore plus qu'avant.

L'amour, sérieux. Quelle connerie.




I'm at a payphone trying to call home
All of my change I spent on you.
ok coucou, Mint le retour. JE ME SUIS FAIT TORTURER PAR REBBY/ out.
j'ai toujours quinze ans, aux dernières nouvelles j'aime toujours les mêmes choses.
« Je dis : ce shuttle n'existe pas. »
je joue une pièce de théâtre incompréhensible.
on m'aime.
sauf nana qui va devoir lire nos fiches longues de trois kilomètres.
yaaay. ♥


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Jason Marshall
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MessageSujet: Re: .: S I D N E Y ; remember when.   Dim 21 Oct - 22:20

Dood. Je dois dire qu'après avoir lu la fiche de Rebby c'est juste super intéressant de lire l'histoire du point de vue de Sidney *^*
Bref je sens que je vais vraiment adorer ces deux personnages. Ils sont juste trop. Trop quoi. Voilà je valide sans plus tarder ♥


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.: S I D N E Y ; remember when.

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