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 si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason

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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Dim 30 Sep - 15:37



Appeler quelqu'un qui m'aime bien,
L'étonner, changer de refrain,
L'inviter, manger plus ou moins,
Tenir, tenir, tenir debout et demain.
J'ai une tonne de choses à faire aujourd'hui.
Des devoirs à terminer, ma chambre à ranger, des personnes à aller voir pour vérifier que tout va bien, des fringues à repasser, appeler Noah, filer à la bibliothèque emprunter un livre très très important pour la suite de mon existence avant qu'il ne soit attrapé par quelqu'un d'autre. Prendre un cookie au salon de thé. Aller le vomir le plus vite possible pour ne pas que je m'engrosse comme une petite vieille, comme une ratée. M'acheter un nouveau cahier. Retrouver mon stylo plume, perdu dans la semaine. Et plein d'autres choses, toutes plus essentielles les unes que les autres.
Oui, vraiment, j'ai beaucoup à faire aujourd'hui.

Alors qu'est-ce que je fous ?

Pourquoi est-ce que je le suis ? Jason. Je ne devrai pas. C'est puni par la loi, la filature, non ? Oui sûrement. Je suis en train de faire une connerie. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Il est là, devant moi. A quoi ? Trois mètres ? Je ne suis vraiment pas discrète, c'est atroce. Mais. Mais. Ses cheveux. Noirs. Et son dos. Droit. Je n'arrive pas à les lâcher des yeux. J'ai l'impression que si je le fais, il va s'envoler. Exploser. Imploser. Être réduit en poussières. Par ma faute. Il ne faut pas.

Alors j'avance, de mon pas pressé, me rapprochant de cette silhouette tranquille. Je me demande où il va. Est-ce qu'il va voir quelqu'un ? Est-ce qu'il est amoureux d'une autre, d'ailleurs ? Et c'est quand, son anniversaire ? Sa taille, son poids, son groupe sanguin ? Il a d'autres frères et sœurs, à part l'étrange Lula ? Il vivait où, avant d'arriver ici ? Est-ce qu'il connaît mon nom ? Il y a quelque chose qui se pince, quelque part dans ma poitrine. Je ne sais même pas. Quelle idiote. Il faudrait que je m'en aille. Que je m'envole. Mes devoirs. Ma chambre. Mon nouveau cahier.
J'avance.
Je me sens aussi fébrile que le jour où on m'a appris que la Terre était ronde, et non pas carrée comme je me l'imaginais. Mes jambes me portent sans faire attention.
Il s'est arrêté.
Je stoppe ma respiration, me fige.
Il se tourne vers moi.
Je savais que je n'étais pas assez discrète.

« Je ne te suivais pas ! »

Pas un bonjour, pas un pardon, les mots m'ont échappés. Je pointe mon doigt en avant. Le vois réapparaître sous mes yeux. Mes paupières s'écarquillent, je sens mes joues me brûler comme un fer chauffé à blanc sur ma peau.
J'étais en caméléon.
Il ne pouvait pas me voir. Maintenant si. J'avais oublié.
Et j'ai dis que je ne le suivais pas. Quelle conne.
Je fais de mon mieux pour ne pas baisser les yeux.

Face à son regard sombre, je me sens pour la première fois petite fille.


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Jason Marshall
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Dim 7 Oct - 18:09

Il n'y avait pas de nuages. Il n'y avait pas d'oiseaux. Seulement un vent presque glacial en cette fin de journée d'automne. Il y avait quelques soupirs. Il y avait quelques élèves au visage assombri par la fatigue, par les journées monotones qui s'écoulaient sur Akuriru, car il fallait l'avouer, le quotidien devenait très vite lassant ici. Jason se plaisait bien dans cet environnement serein, mais. Il y avait toujours ce 'mais' qui le retenait par les poignets, qui lui disait « non ». Que les choses n'étaient pas aussi plaisantes qu'elles semblaient l'être. Que ces murs étaient maudits, qu'ils ne sentaient pas la rose, qu'ils rigolaient derrière leur dos, qu'ils se moquaient que tous ces élèves ne puissent retourner chez eux avant la fin de leur scolarité.

Il y avait des feuilles par terre, un chemin déserté de tout élève, et puis un peu de rêve dans le bleu qui virait au noir du ciel. Et puis, il y avait comme une présence derrière, qui la suivait telle... une petite fille qui chassait une friandise ? Un détective privé pas très discret qui tenait une preuve importante ? Une stalkeuse.
Cela donnait des frissons au jeune homme.
L'une des choses qu'il détestait le plus, c'était sa popularité qu'il n'avait jamais demandée. Il en avait parlé brièvement à son père lors de leur dernière conversation téléphonique. Ce dernier n'avait que su lui répondre par un sourire amusé : il avait vécu la même chose du temps où il était élève. Que c'était un don qu'il se devait de chérir plus qu'autre chose, car un jour, il sera connaissant d'avoir un beau visage qui attirait les filles. C'était ainsi qu'il avait pu rencontrer sa mère, et qu'il ne regretterait donc jamais même les fois où il se faisait harceler.
Mais Jason. Jason ne voulait pas d'une relation. Enfin, c'est-à-dire qu'il portait déjà quelqu'un dans son cœur. Quelqu'un qui le faisait rougir, qui envahissait ses pensées malgré lui. Quelqu'un dont la beauté le rendait fou. Quelqu'un qui lui était inaccessible. Alors, il s'arrêta brusquement. Il allait s'excuser auprès de cette stalkeuse : lui expliquer que le suivre ne servait à rien, qu'il n'était pas intéressé, et allait la prier poliment de lui laisser un peu d'espace privé.
Il se retourna. Mais. Il n'y avait personne. Pendant un instant, Jason se sentit hagard. Il se fiait énormément à ses impressions, et il était étonné de s'être trompé. Personne ne le suivait ?

Et soudain, c'était elle. C'était Gabrielle. Qui apparaissait au fur et à mesure, sous son nez. Alors, tous les mots qu'il avait en bouche s'évaporèrent, et seulement son regard ténébreux sur son visage angélique demeura.

« Je ne te suivais pas ! »

Il ne savait pas quoi lui répondre. Alors il baissait les yeux, et ses joues prenaient de la couleur. Un long silence s'en poursuivit. Il ne savait pas quoi lui répondre.

«  Je sais. » Non, il n'en savait rien, il ne savait pas. Qu'elle était là pendant tout ce temps, derrière lui. Mais il ne voulait pas l'embarasser. Il voulait juste qu'ils restent un peu ensemble. « Encore à traîner la miss ? J'ai entendu dire que si tu ne faisais pas attention tes résultats pourraient en pâtir. » Quel idiot, ce n'était pas de ça dont il voulait parler. Il voulait plutôt... l'inviter faire un tour à l'Eden, prendre le thé, regarder un film. Mais non, il fallait qu'il engage un tel sujet. « Mais enfin, si tu as du temps... » répliqua-t-il immédiatement pour essayer de se rattraper.

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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Sam 13 Oct - 19:21



À quoi ressemblerait ma vie
Si parce que je t'aime
J'oubliais tout ce que je suis.
Ce silence. Ce regard qui se baisse. Ces yeux qui se fixent sur un point au sol. Alors que moi j'ai fais tous les efforts du monde pour ne pas fuir ses iris noirs... J'ai honte. Tellement honte. Il doit me trouver idiote. Je lui fais peur, il doit se dire que je ne suis qu'une stalkeuse étrange. C'est sûr, plus que sûr. Si seulement je pouvais, je me cacherais six pieds sous terre. Je partirais d'ici en courant. Mais si je fuis. Si je m'en vais. Il me trouvera probablement encore plus conne que maintenant.
Je ne sais plus quoi faire.
Suis figée, statufiée. Et ce silence qui n'en finit pas. S'éternise encore et encore. Dis quelque chose. Dis quelque chose. N'importe quoi, mais je t'en supplie. Parle.

« Je sais. »

Attention, j'arrête de respirer. Il a vraiment parlé. Ou plutôt, il m'a parlé. A moi. Et il ne m'a même pas dit de partir. Il a balancé quelque chose de plutôt inutile mais. Honnêtement, peu importe. Il pourrait me raconter une blague carambar que je serais tout aussi ravie.
Pathétique.

« Encore à traîner la miss ? J'ai entendu dire que si tu ne faisais pas attention tes résultats pourraient en pâtir. »

J'ouvre la bouche. La referme. La rouvre. La referme. Je dois admettre que je m'attendais à plein de choses mais. Mes résultats ? Je. Qu'est-ce qu'il en sait, d'abord ? C'est vrai que ce n'est pas brillant en ce moment mais enfin. Qu'est-ce que j'en ai à faire ? Je fais comme je peux, de toute façon. Si ça ne suffit pas aux profs, ce n'est pas de ma faute. Pardon de ne pas être assez intelligente, hein. Et puis ce ne sont pas ses affaires. Non mais je rêve. Je m'apprête à répliquer froidement quelque chose et à tourner les talons quand il reprend.

« Mais enfin, si tu as du temps... »

Je pince légèrement les lèvres.
C'est si injuste.
Je ne peux juste pas partir. Je ne peux pas. C'est impossible. J'ai passé tant de temps à me dire qu'il faudrait que je lui parle vraiment un jour ou l'autre. J'ai mis tellement de semaines avant de me décider à le suivre comme ça. Je ne peux pas lâcher maintenant. Surtout. Surtout qu'il ne m'a pas demandé mon prénom. Alors c'est. Qu'il doit le connaître. Il l'a retenu. Il sait qui je suis. Oui, oui. Mon Dieu. Il y a quelques secondes j'avais envie d'étrangler ce garçon, et maintenant je voudrais pouvoir crier de joie.
J'en viens à me dire que j'ai vraiment un problème.

« Mes résultats scolaires vont très bien, merci. » Mensonge. « Et oui, j'ai du temps. »

Ce ton hautain. J'ai envie de me frapper. Pourquoi est-ce que je ne sais pas être normale, dites ? Parler comme une fille, agir comme une fille. Pourquoi est-ce que je ne sais pas faire ? Pourquoi est-ce que je ne sais juste pas être petite et mignonne comme les héroïnes de roman ? C'est agaçant.
Avançant de quelques pas, je vais m'asseoir sur le bord de la fontaine avant que mes jambes ne me lâchent. Le fond est constellé de petites pièces. Ces gens qui espèrent voir leurs vœux se réaliser en gaspillant de l'argent... Quels crétins.
Je retiens ma réflexion et reporte mon regard sur Jason. Mon cœur devient une bombe à retardement, je sens les secondes s'égrener lentement avant l'explosion. Les mots se perdent dans ma gorge. Alors, essayant de ne pas me noyer, je dis la première chose me passant à l'esprit.

« … J'ai froid. »

N'importe quoi. Je ne peux décidément pas m'empêcher de me plaindre.
Et plus je parle, plus je m'enfonce.

« Il me faudrait un nouveau manteau, en fait. Là, maintenant. »

C'est plus fort que moi. Je ne sais pas faire autre chose que des caprices. J'ai soif, il me faut un verre d'eau, j'ai faim, à manger, tout de suite, et je suis tellement grosse, virez-moi cette peau que j'ai sur les os ! Je veux tout. Je ne veux rien. Immédiatement. Je suis une pimbêche.
Ah, Jason...
Tu ne m'imaginais probablement pas comme ça.
Moi je t'aime tu sais. Enfin je crois que je t'aime. Mais aimer une sale fille comme moi, c'est quasiment une mission impossible, je le sais. Je le sais bien. Alors. Pardon.

Pardon d'être moi.
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Jason Marshall
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Lun 22 Oct - 18:06

Jason se sentait nerveux. Autant, d'habitude il était plutôt calme, voire froid, et réagissait peu aux interactions avec les autres... autant lorsqu'elle était là, il ne savait plus que faire. S'il pouvait, il s'enfermerait dans une bouteille. Il deviendrait un génie. Il l'accompagnerait partout et exaucerait ses vœux. Mais sans qu'elle ne le sache : la savoir heureuse lui était suffisant. C'était quelque chose qu'il ne pouvait absolument pas expliquer, mais la voir telle qu'elle est tous les jours lui suffisait.
Enfin, ça, c'est le passé. Car depuis quelques temps, cela ne lui suffisait plus. Il voulait plus. Il voulait lui parler. Savoir ce qu'elle aimait faire les jours de pluie. Savoir quelle musique elle écoutait. Savoir ce qu'elle faisait lorsqu'elle était triste. Partager une glace avec elle. Il devenait fou. Il fermait les yeux, et elle était là. Il devenait fou. Il ouvrait les yeux, et...
« Il me faudrait un nouveau manteau, en fait. Là, maintenant. »
Elle était là. Elle voulait un manteau.

Jason fut surpris. Il s'attendait tout, mais pas à ça. Il était prêt à voir sa demande rejetée : qu'elle n'avait pas que ça à faire, que son précieux temps, elle ne voulait pas le passer avec lui. Alors même si ses réponses n'étaient pas des plus chaleureuses, cela le comblait amplement. Tel un réflexe, il enleva son gilet pour le mettre sur les épaules de la jeune fille. Il ne craignait pas vraiment le froid. Son père lui disait souvent qu'à force de se comporter comme un glaçon, c'était normal qu'il soit insensible au froid. Une blague (si c'en était une) qu'il ne trouvait pas très drôle, mais passons.

Et puis, ce fut là qu'il fit la plus grosse erreur de sa vie. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé. Une pulsion, un désir. Un globule blanc qui s'était aventuré dans son cerveau et qui avait grillé toutes ses neurones. Non, il ne savait vraiment pas ce qui lui avait pris, mais l'instant d'après, il tenait la main de Gabrielle. Quel idiot. Il blâmait son père pour cela : il devait tenir sa stupidité de lui.
Fort heureusement, son prochain réflexe fut d'utiliser son don pour effacer le sens du touché de l'adolescente pendant un moment. Et il en profita pour lâcher sa main. Ce qu'il regretta déjà, mais c'était pour le mieux.

« Je m'y connais pas trop mais... Je veux bien t'aider à en choisir un. Les magasins doivent être encore ouverts. » Son regard était détourné, il n'osait plus regarder Gabrielle dans les yeux. « Et, compte pas sur moi pour te payer le manteau au fait, si c'était le message que t'as voulu passer. » Jason Marshall, élu le garçon ayant le plus de tact de l'année.

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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Dim 28 Oct - 14:07



All day long she's waiting
for the night to ask her out
To be somebody's dancer...
Un gilet sur mes épaules, une chaleur le long de mon dos.
Je devrais être ravie. Un garçon, et pas n'importe quel garçon, vient de me prêter sa veste. Comme dans un film romantique. La fille se plaint, son accompagnateur lui donne ce qu'elle désire, et tout finit bien dans le meilleur des mondes.
Mais je me sens juste idiote.

Je ne crois pas avoir le profil d'une actrice. Je ne crois pas être faite pour les jolies choses. Ce serait trop beau. Tout ce qu'il se passe actuellement me paraît tellement magnifique et merveilleux. Ça ne peut pas être vrai, n'est-ce pas ? Je dois rêver. Je vais me réveiller. Ça n'existe pas, le beau. Non, ça n'existe pas.

« Je m'y connais pas trop mais... Je veux bien t'aider à en choisir un. Les magasins doivent être encore ouverts. »

Je lève les yeux. Lui ne me regarde plus. Mon cœur se pince. Il est trop gentil. Trop gentil. C'est pour ça qu'il me propose d'aller faire les boutiques pour mon manteau. Il n'y a rien d'autre, rien du tout. Que pourrait-il y avoir d'autre, de toute façon ? Je ne suis qu'une gamine à côté de lui.

« Et, compte pas sur moi pour te payer le manteau au fait, si c'était le message que t'as voulu passer. »

J'ai un petit rire, presque nerveux. Il a toujours la phrase de trop, non ? Peut-être qu'il ne sait pas quoi dire. Peut-être que je l’embarrasse, en restant là, plantée, en attendant qu'il fasse la conversation. Je ne veux pas. Alors je me lève. J'essaye de le regarder en face mais il a toujours ses deux iris plantées au sol. Tant pis.

« C'est gentil de me proposer d'y aller avec moi. Merci. »

C'est étrange, tellement étrange. Je ne sais plus exactement depuis combien de temps je n'ai pas remercié quelqu'un. Je n'en voyais pas l'utilité peut-être. La politesse, je ne connais plus bien.
Pourquoi est-ce qu'il me fuit comme ça ?
Je penche la tête, l'obligeant à croiser mon regard. Si je commence à faire des efforts, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même pour lui. Voyons.

« Tu es bizarre. Ça va ? Et sache que j'ai toujours de l'argent sur moi. Je ne dépend de personne. Alors pas de souci, ton porte-monnaie est à l'abri. »

Je me sens sourire. Légèrement. Je dois avoir l'air d'une crétine absolue mais. Je ne peux juste pas m'en empêcher. Et puis si c'est un rêve, je peux bien en profiter un peu. Je peux bien me noyer dans ses yeux sombres. Quelques minutes, quelques heures, qu'importe ? De toute façon, demain, tout aura disparu. Juste aujourd'hui, juste pour cette fois, je vais me laisser vivre un peu.
M'écartant de Jason, j'enfile correctement le gilet. Étend les bras, me fixe d'en haut, perplexe. Un peu grand.
Carrément grand.
On dirait une couverture, je nage dedans... J'hésite à l'enlever. Et puis non. C'est pas si grave que ça, si ce n'est pas parfait. Ce sera mon premier pas vers le laisser-aller. En plus j'ai l'impression d'être à l'abri. Je crois. Ou quelque chose comme ça.
Je deviens incapable de faire des phrases longues.

« On y va ? »

J'hésite à tendre la main. Ma main qui me paraît comme immensément vide depuis quelques secondes à peine. Ma main encore plus froide qu'avant.

Me retient.

Rêve ou pas, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin.
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Jason Marshall
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Sam 8 Déc - 22:18


Jason venait de se perdre dans les yeux verts de Gabrielle. Ces yeux verts, cet océan, un océan de désir. Il n'arrivait pas à détacher son regard de celui de la jeune fille. Il était emprisonné, il avait beau faire appel à ses muscles, non, ils ne répondaient plus. Les minutes qu'il passait auprès d'elle devaient être ridicules, cela ne faisait peut-être même pas cinq minutes que les deux camarades se parlaient. Mais ces secondes, il les chérissait.
Jason was that stupid.

Il était idiot car il ne voyait que elle. Mais qu'avait-elle donc au juste ? Cette allure, cette démarche, ces yeux qui clignaient. Un battement de cils, un battement de cœur. Il n'en savait rien justement.
Il était idiot.
Et machinalement, il lui adressa un sourire. Un sourire éclatant. Un sourire sincère. Il baissa les yeux, un peu amusé par il ne savait trop quoi, et se mit à marcher vers les boutiques, sans trop regarder s'il la suivait. Car il savait qu'elle était là, juste derrière, juste à ses côtés.

« Au fait, j'suis pas bizarre. Toi tu l'es par contre. » Jason jeta un regard taquin à Gabrielle, tout en gardant un air un peu sérieux. Il se sentait bien avec elle, il avait l'impression de pouvoir dire ce qu'il voulait. « Oui, cette expression là. » Petit à petit, le jeune homme un peu timide, un peu réticent laissait place à un jeune homme plus décontracté, plus naturel. Après tout, il se sentait bien avec elle. Il n'y avait aucune raison que la peur ou l'angoisse le saisisse. Bien sûr, il y avait toujours cette appréhension de la blesser, de la froisser. D'être rejeté. Mais si il ne se jetait pas à l'eau, ils allaient continuer à se sourire comme des abrutis sans jamais avancer. Sans jamais savoir. Il ne voulait pas cela. Il préférait tenter puis regretter, plutôt que ne rien faire et regretter. Alors... « Mais j'aime cette expression. Je l'aime beaucoup. Et pas que l'expression. »

Spoiler:
 

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Gabrielle E. Larsen
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   Lun 17 Déc - 18:59



But for now let me say, without hope or agenda,
just because it’s christmas (and at christmas you tell the truth):
to me, you are perfect.
Si quelqu'un passait à côté de nous à cet instant, je crois que l'on nous prendrait pour des imbéciles. Il me regarde, je le regarde. Il me sourit et je sens mon cœur qui bat si fort que c'en est irréel. On marche et je ne sens pas mes pieds. On marche et c'est comme si on ne marchait pas. Le paysage qui défile, je m'en moque tellement. Je ne peux que le fixer, sans arriver à détacher ne serait-ce qu'une seconde mon regard de son dos devant moi. J'ai peur qu'il disparaisse d'un coup. Qu'est-ce qui arriverait si la chose qui me fait avancer s'envolait dans un nuage de fumée ?

Il dit que je suis bizarre. C'est vrai que je dois l'être. Tordue, infiniment tordue. Peu importe ; il m'observe c'est tout ce que je parviens à trouver important. C'est la seule chose qui compte. Est-ce que je n'ai pas le nez rouge ? J'ai le nez rouge quand il fait froid, ça doit être ridicule. Et mes cheveux ? Je suis bien coiffée ? Je ne me souviens plus de ce que j'ai fais ce matin. Je ne me rappelle plus de rien. « Oui, cette expression là. » Quelle expression ? J'ai un visage si étrange que ça ? Je remonte le gilet sur mes joues, tentative futile de me cacher. Je voudrais un miroir, si seulement j'avais un miroir, pour voir à quoi je ressemble ! Si seulement... « Mais j'aime cette expression. Je l'aime beaucoup. Et pas que l'expression. »

Je peux sentir mes yeux qui s'agrandissent. Mes jambes avancent toutes seules. Mes paupières doivent autant clignoter que les lumières d'un phare. Je crois que mon cœur vient de descendre de trois étages, je le sens dans mon ventre qui frappe et cogne. J'essaye de dire quelque chose, mais les phrases se bloquent entre mes lèvres. Quelques mots de lui, et voilà des centaines de questions qui fourmillent dans mon esprit. Est-ce que j'ai bien compris ? Est-ce qu'il veut dire qu'il m'aime ? Ou alors il s'est juste mal exprimé ? Un drôle de sourire figé se dessine sur mes lèvres, hésitant. « Arrête de te moquer de moi... » Et mes doigts qui se perdent dans mes cheveux, et mon menton qui tremble. Il a dû deviner. Il a dû comprendre que je l'aimais, alors il trouve ça amusant ; ça doit être ça. Je me fiche bien de ce qui peut arriver dans ce cas. « J'aime plus tes expressions que tu n'aimes les miennes. » J'ai l'impression que ma gorge s'est enraillée, j'ai l'impression que mes joues brûlent d'elles-mêmes, j'ai l'impression d'être sur le point d'éclater en milliers de confettis.

Si un cœur pouvait s'envoler, le mien aurait déjà quitté mon ventre pour la lune.
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MessageSujet: Re: si seulement on pouvait s'aimer un peu ▬ pv jason   

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