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 ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.

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E. Lula Marshall
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MessageSujet: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Mer 26 Sep - 17:22


j'suis jalouse à en faire trembler les gens, à
faire trembler mes jambes. j'ai plus qu'à
plonger en silence, j'pourrais flotter inerte...
tu t'en balances.
Il pleut, il fait froid, il pleuvine et il mouille. Depuis des jours comme un abonnement au mauvais temps, adieu été et petites tenues légères, adieu douce chaleur caniculaire, bonjour mauvais temps à faire pleurer. Alors Lula, elle resserre sa petite main sur son parapluie, elle serre ses livres un peu plus contre sa poitrine, elle s'enfonce dans son manteau un peu trop léger et elle allonge le pas dans les rues trempées. Y a une odeur de chien mouillé, des gens qui courent dans les rues presque vides ou qui marchent d'un pas rapide. C'est l'odeur d"un jour de pluie. Elle longe les grands bâtiments, les rase et disparaît au tournant des carrefours comme une illusion, elle disparaît dans la minuscule ville. Un instant et déjà, elle a disparu.

Elle a les jambes qui tremblent, qui ont l'air sur le point de flancher et la tête qui tourne un peu. Alors, la gamine elle grogne un peu, elle se plaint intérieurement du temps pourri. Elle est un peu fatiguée, ça la met sur les nerfs comme d'habitude diront les mauvaises langues. On a jamais vu la princesse avoir l'air un tant soit peu de bonne humeur, de toutes façons elle est entourée d'incompétents sans intérêts aussi stupides que leurs pieds aux soucis futiles. Et ça sait que se plaindre de chagrins d'amours et d'argent qui manque, de sacs foutus et de flemme. Mais, tout ça c'est leur faute. Évidemment, s'ils restaient chez eux à travailler, ils n'auraient pas le temps de se plaindre de leurs petits soucis idiots. Ben oui.

Et puis, elle est jalouse. Mais, tout de suite ça elle a moins envie de se le dire en face. Un éclat de rire. Boum. Des feuilles qui volent, des livres qui tombent et un parapluie qui vole. Blondie lève les yeux, assassine avec violence le brun qui lui sourit avec une mine gênée, il se baisse pour ramasser le parapluie. Elle est un peu sonnée mais, elle se redresse.

« Désolé ! Est-ce que ça va ? » Il est presque sur le point de se baisser pour ramasser ses affaires, en lançant un air un peu perdu à ses deux compagnons. Deux minutes qu'elle le fixe comme si elle allait le tuer sur place. C'est qu'il sait parler le bel idiot, c'est qu'il arrive à aligner deux mots l'insolent mais, il est incapable de regarder où il met les pieds. Bravo, on va lui décerner une médaille pour avoir un neurone à peine plus gros qu'un petit pois. Il veut pas un diplôme aussi ? Il va se chopper des crampes à sourire comme ça, c'est la moindre des choses de se baisser un peu après lui avoir rentré dedans. Ce n'est pas de sa faute à elle, évidemment. Ce n'est jamais de SA faute. Mais, qu'est-ce qu'il est lent le gaillard et il est aussi doué que s'il avait des manches à balais à la place des bras.
D'un geste agacé, Lula se baisse pour ramasser ses feuilles et ses livres aux pages trempés. Autant les balancer dans une piscine.

« T'es trempée. » Bravo Sherlock, belle déduction. La faute à qui? Au pape peut-être ? Comme si elle ne l'avait pas vu. « Tu dois être trempée, viens j'te paye un truck chaud pour me faire pardonner pour tes livres. » Et puis quoi encore ? Elle va lui sauter au cou peut-être ? Il est con ou il le fait exprès ? Dans le genre rentre-dedans, là c'est tellement voyant qu'il y a limite un panneau clignotant au-dessus de sa tête. Il s'est cru dans un film hollywoodien bidon ou quoi ?

« Ouais et puis, on ira faire un tour sur la lune avec ta connerie qui bat des records là. » Ton cinglant, réplique hors-sujet, la cadette Marshall attrape son dernier papier et s'enfuit sans tourner la tête avec dédain sous le regard éberlué du pauvre garçon.

C'était très classant tout ça Lula mais, il pleut. Et elle a oublié le parapluie. Il pleut, elle a froid et elle a donné son parapluie à un idiot mais, elle ne peut pas faire demi-tour. Pas après sa réplique remplie de tendresse et d'amour, son regard perplexe qui comprend qu'il vient de se fait traiter d'idiot fini avec douceur. Non, elle ne peut décemment pas. Il l'a même sûrement balancé, son parapluie. Alors elle tremble, toute seule sous la pluie, rapidement trempée.
Elle a même oublié par où elle allait.

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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Sam 29 Sep - 8:26

"Noah ? Noah Evans ?! Oui, vous jeune homme, pas votre voisin endormi. Je vois que vous n'avez pas sélectionné de sujet d'exposé alors que vous devriez en avoir un depuis déjà quatre jours. Vous viendrez me voir à la fin du cours."


Professeur à la con. Exposé à la con.
Non non, vous n'êtes pas en pleine hallucination. Le petit génie qu'est Sieur Evans tient en très grande haine les exposés. Qui dit exposé dit sujet plus ou moins intéressant ainsi que recherches toujours passionnantes pour le garçon. Jusqu'à là, tout va bien. Mais qui dit exposé dit forcément rédaction puis passage à l'oral. Et là, ça va plus du tout, comme lorsque vous paniquez en regardant votre agenda et que vous voyez toutes ces choses que vous n'aurez jamais le temps de réviser. Parce que tout d'abord, Monsieur a une écriture de fille, toute soigneuse, appliquée et arrondie qui l'aura ciblé comme victime de certaines moqueries. Ensuite parce qu'il hait parler devant un auditoire de plus de cinq personnes. Si encore on leur demandait de tourner le dos et de n'émettre aucune critique... C'est tout bête mais c'est comme ça. Alors ça l'énerve.
On l'appelle. Encore une fois. Tsss, diantre que les être vivants peuvent parfois être agaçants. Toujours à vous ramener sur Terre sans vous laisser la moindre chance de vous envoler ne serait-ce que quelques secondes. A croire que le mot "Rêver" risque d'être proscrit. Le garçon ne réagit pas. Comment ? La prof lui pose une question ? Non, il ne veut pas répondre. Caractériel quand il veut le bougre. Il préfère regarder dehors. Parce que dehors, c'est le spectacle quotidien du vent qui joue avec les nuages grisonnants, de la pluie qui se pose par gouttelette sur tous les endroits possibles. C'est cette eau qui dégouline le long de la fenêtre en traçant sa propre voie, parfois en empruntant celle des autres. C'est beau, la pluie. Allez savoir pourquoi, Noah, il aime la pluie. Elle n'est pas si triste qu'on l'imagine, pense-t-il, et sans elle on ne pourrait pas vivre. Soit, avec elle, on voit les beaux jours partir en retraite avec pour salaire les nombreuses tenues légères de l'été. Mais la pluie c'est tous ces gens qui courent pour être moins mouillés de quelques gouttes, ces filles qui s'exclament "Oh mon Dieu, ma coiffure est fichue !!!!" sans avoir de coiffure à proprement parlé, c'est le cycle de l'eau qui ne peut s'arrêter. La pluie aussi, c'est "Plic plop" en continue, comme un léger fond musical qui résonne dans les flaques.

Fin de l'heure, il n'a strictement rien écouté notre petit Einstein. Faut pas le vexer, monsieur peut être très susceptible. Et elle, la prof, elle... Elle... Elle n'avait rien fait mais le coup de l'exposé l'avait mis en rogne. Voilà l'excuse. Traînant des pieds le plus possible, il avait attendu que tous les autres aient quitté la salle avant d'aller la voir. Il mit de côté les éclairs dans ses yeux et demanda d'une voix innocente "Vous avez demandé à me voir à la fin du cours Madame ?". La réponse fut remarquablement brève, au contraire de la punition qui s'ensuivit.
Professeur à la *biiiiiiiip*
Dehors, il pleut toujours. C'est pas l'automne pour rien après tout. Les arbres qui nous font un strip-tease, le froid qui s'installe et le ciel azur qui déménage. Il y a une odeur de sécheresse envolée et de friture de la cafet' qui remonte par effluve dans le ciel. Des enfants hurlent et se battent pour des cartes un peu plus loi sous un préau, une fille passe devant lui à vive allure avec son sac sur la tête pour ne pas abîmer ses beaux cheveux. Pour le coup, il est bien content d'être tout seul et d'avoir son propre parapluie. Ses amis sont déjà partis et lui, il s'est récolté un magnifique devoir supplémentaire. Il adore ça mais jamais il n'osera l'avouer. Du coup, il avance sans vraiment savoir où il met les pieds. Un petit caillou devant lui ? Il shoot dedans. Une flaque sur le côté ? Il saute au dessus avec de la contempler d'un air déprimé. Et peu à peu, il arrive au village où se multiplient les parapluies colorés, les odeurs de pâtisseries et les groupes d'amis qui font du shopping avant de se résoudre à faire leurs devoirs.
Devoir. Exposé. Et shit !

Le voilà reparti dans un visage assombri et mauvais. Quand je vous disais qu'il haïssait vraiment ce genre de truc, ce n'était pas exagéré ! Autant en voyer un cochon à l'abattoir. Il ruminait toujours contre la dernière heure quand un bruit hautement suspect attira son attention de petite fouine. « Ouais et puis, on ira faire un tour sur la lune avec ta connerie qui bat des records là. » Hum... Réplique très joliment formulée et si peu réaliste qu'il tourna la tête pour regarder la boutique à se droite. Il rajusta ses lunettes qu'il avait oublié d'enlever à l'issu du cours et se fixa au beau milieu du chemin piéton en regardant avec un sourire amusé la petite scène qui se jouait. Un groupe de garçon aux hormones plus qu'en ébullition et une demoiselle qui leur fout un râteau avant de ramasser quelques feuilles tombées au sol et de laisser pantois ses nouveaux admirateurs. Ramassage de papier. Crétinerie masculine. Les connections se font et il reconnait là une technique de drague subtile que son père aurait surement employé. Enfin subtile... Ce n'est qu'une question de point de vue, nous sommes d'accord. La fille va de son côté. Eux du leur. Emportant l'objet, un parapluie semblerait-il, avec eux. "On est d'accord les gars... Pas un commentaire sur cette furie. Mais je garde ça en souvenir, j'en avais pas de toute façon."
Noah les regarda s'éloigner avant de se retourner brusquement vers la demoiselle. Il l'avait déjà vu. Elle devait être dans sa classe, ou un truc du genre. Cherche cher mon gars... Tu la connais, c'est sur. Et cette voix si hautaine... Allez, fais un effort ! Il la voit s'arrêter quelques mètres plus loin, trembler de tous ses membres. C'est vrai qu'elle est fluette la Miss. Elle reprend sa marche et lui le Noah, il bouge pas. Elle lui donne froid, à lui avec sa chemise, son pull et son manteau super chaud. Elle ressemble à un chaton abandonné dans un carton au pied d'un mur.

Alors le môme, il accélère le pas et arrive à sa hauteur rapidement. Elle ne marche pas bien vite et ses jambes toutes fines semblent ne plus tenir. Il remarque qu'elle tient sans ses bras des papiers et livres aussi trempés qu'elle. Dans un geste de sympathie, il place son parapluie au dessus d'elle, pas totalement histoire d'être aussi dessous, mais quand même un peu pour la protéger de l'eau. Surtout que maintenant, en voyant sa tête, il la remettait. Miss Marshall.

"Hé... Est-ce que ça va ? Si... Si tu veux, je peux t'aider pour tes papiers mouillés..."

Noah, où comment risquer de se faire envoyer bouler comme le mec voleur de parapluie.



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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Dim 30 Sep - 9:05


viens-là, putain d'ballerine ! juste danser pour
moi, c'est pas la peine qu'on s'invente, là ! que
je te manque, la chute me chuchoterai tout bas...
Plic ploc. Le bruit des gouttes sur le sol, sur les toits rouges, sur les vitres lavées, sur le sommet de son crâne, le long de ses mèches dorées, sur son manteau couleur crème qui s'assombrit, se noircit. Le bruit des gouttes à travers ses vêtements, sur sa peau. Elle se sentit frissonner, trembler comme une feuille et ses jambes ont l'air sur le point de flancher à chaque pas comme si elle avait troqué ses talons imaginaires contre des échasses. Elle pressa encore ses paquets contre elle comme si elle voulait encore vainement tenter de les protéger. Et puis, surtout, Lula elle se sentait bien conne. Toute seule sous la pluie, alors elle allongea les foulées.

« Hé... Est-ce que ça va ? Si... Si tu veux, je peux t'aider pour tes papiers mouillés... » L'adolescente tressaillit, surprise par cette voix qui s'éleva dans son dos. Plus de gouttes. Elle lève lentement les yeux vers le ciel, renversant ses cheveux blonds dégoulinants en arrière. Un parapluie. Pas le sien. Lula se retourne vers l'âme généreuse. On se croirait dans un film américain pseudo romantique et fleur bleue où l'héroïne tombe amoureuse du héros, où commence leur magnifique histoire d'amour. C'était sûrement la journée des clichés de navets hollywoodiens.

Et puis, sérieusement, c'était quoi cette question ? Elle avait l'air de respirer le bonheur et l'euphorie à trembler comme si on l'avait enfermé dans le réfrigérateur, aussi trempée que si elle s'était jetée dans une piscine alors qu'il ne fait plus trente degrés ? Elle était censée répondre que oui, le remercier et sourire bêtement avec autant que niaiserie qu'une Barbie grandeur nature là ? Non, parce qu'il battait des records de questions sans le moindre intérêt. Presque autant que l'autre, le romantique à deux balles. La cadette Marshall se redressa, releva le menton en fusillant le garçon du regard, fronça les sourcils et ses lèvres se pincèrent prêtes à lancer une remarque assassine.

« J'air l'air d'aller comment à ton avis ? » Pause, assez pour que l'information percute son cerveau de demeuré sans lui laisser le temps de répondre : « T'es con ou juste bigleux ? » La princesse soupira d'un ton agacé, comme si elle avait le pire des idiots en face d'elle, reprenant son expression hautaine. De toutes façons, sa réponse, elle n'en a que faire. Peu importe. Peu importe les gens, peu importe le monde hein Lula ? On lève la tête, on pose sa couronnes de diamants en plastique trouvée dans une poubelle et on ferme les yeux très forts, pour ne pas les voir. Ces autres. Ces silhouettes qui font peur comme des ombres de la nuit qui guettent, n'attendent que de vous happer dans les ténèbres.

Et puis. Merde. Elle devrait juste le planter là, ce n'est pas comme s'il avait le moindre intérêt, le rabaisser du regard et tourner les talons sous la pluie. Mais, ses jambes ne répondent pas, elles sont soudain plus lourdes que de l'acier, comme clouées au sol. Elle a froid. Et c'est le seul qui lui a tendu son parapluie. C'est la panique, le navire qui tangue et coule. C'est le naufrages des sentiments, la débâcle des pensées, le bordel dans sa tête. Elle a mal au crâne maintenant. Elle ne sait même plus où elle va, elle se sent vaciller comme si le sol se dérobait sous ses pieds. Elle ne veut avoir besoin de personne. Elle est. Confuse.

Et il l'agace le Evans avec son air de petit génie à la noix qui la cherchait dés qu'il en avait l'occasion, qui marchait sur ses plate-bandes de petite première de la classe, de souveraine au dessus de ses sujets ignares et futiles. Et elle y tenait, elle sentait son torse se bomber et elle se complaisait dans sa glorification personne. Puisqu'il n'y avait personne pour le faire, puisqu'elle ne voulait laisser personne d'autres s'approcher pour le faire. Elle préfère la fuite, c'est plus facile la fuite. Mais, aujourd'hui la pluie a rouillé les commandes et les mécanismes.

« Tiens, prends ça. » Elle lui fourra une partie de ses papiers dans la main, sans lui laisser le temps de pouvoir protester quoi que ce soit. Si ça lui plaisait de jouer au faux sauveur, s'il avait du temps à perdre. Elle, elle n'en avait pas. Elle était toujours pressée Lula, toujours à marcher vite, à faire les choses rapidement et à s'activer quelque part. Elle n'avait jamais le temps, elle ne semblait jamais s'arrêter, comme s'il lui incombait d'apprendre le monde, d'engranger tout ce qu'il était possible d'engranger dans la courte durée de sa vie. Un peu moins d'un siècle pour connaître des milliers d'années. Une course contre le temps.

Lula est en colère mais, ce ne sont pas des papiers importants, ils sont déjà foutus de toutes façons. Comme si elle allait refiler ce qui avait une quelconque importance au premier benêt qui passait par là et se montrait souriant en croyant pouvoir lui apporter la moindre aide, l'incommodant plus qu'autre chose. Elle est en colère parce qu'il pleut, parce qu'elle est trempée, parce qu'elle ne sait pas comment réagir. Elle est en colère parce que rien ne semble aller, que tout se barre une nouvelle fois d'un pas précaire. Elle s'agace, elle rumine et elle soupire bruyamment.

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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Dim 14 Oct - 9:34

En fait, il n'avait pas tout compris. Le coup du parapluie, c'était pas dans ses plans. Non, lui, il voulait juste rentrer chez lui, taper un coup dans le mur, peut-être courir sous la flotte pour se calmer. Bref, légèrement le contraire de ce qui se passait là, maintenant. Stupide présent. Comment se fait-il que Monsieur le Roi du Silence se soit soudainement retrouvé à aborder... Une fille. Papa Evans serait très fier de lui. Enfin, son fiston se décide à devenir un homme, un vrai !!!! Bon après, il n'avait pas encore la technique la plus approprié mais ce n'était qu'un début ! Maman elle, serait juste contente de voir que son garçon se décide enfin à regarder la gente féminine.
Mais revenons en aux gamins.

Lui, il avait posé l'une des questions certainement les plus stupides et les plus prononcées de l'univers. Non mais sincèrement, à quoi pouvait-il penser ?! Non, ça n'allait pas pauvre idiot, sinon tu serais pas allé la voir. Et en plus, elle n'avait surement rien compris pour les papiers. En plus, le coup du parapluie... C'est juste que voilà quoi. En gros, le Noah, il regrettait franchement d'avoir fait quelques pas. Parce que là, il se sentait bien con, avec son parapluie tendu au dessus de la demoiselle, à la sauce "romantisme et fleur bleue". Si jamais elle lui bondissait au cou en hurlant "Oh, mon héros, merci !", il ferait une crise et risquerait de mettre du temps pour s'en remettre. Mais il la connaissait alors en toute logique, ce n'était pas le genre de réaction qui allait se produire. Pour lui... Il allait se prendre un vent et entrer dans le livre des records de la crétinerie et des râteaux les plus spectaculaires.
Elle se retourna vers lui, se redressa tout en l'assassinant du regard, comme si c'était le responsable de la pluie, du froid et de ses malheurs. Charming. Il avait envie de se barrer en courant, comme il aurait fait avec n'importe qui, débitant une excuse sans prétention, mais ses jambes restaient fixes. Elle ressemblait trop à un chaton abandonné sous l'averse. Limite elle aurait pu miauler, cela ne l'aurait pas choqué le moindre du monde.

« J'air l'air d'aller comment à ton avis ? »
"Heu... Pas très bien ?"
Si il avait eu du cran, il aurait répondu ça. Mais monsieur n'a pas vraiment confiance en lui alors cette petite réplique est restée au fin fond de sa tête. Et il attendait la suite car c'était sur, elle n'était pas encore arrivée. Voyons voyons. Quelle merveilleuse critique allait le faire rentrer chez lui encore plus de mauvaise humeur ?
« T'es con ou juste bigleux ? »
"Tu sais, si on considère que je porte des lunettes pour lire, je prendrai la deuxième option. Même si je dois avouer que je me sens particulièrement débile en ce moment."
A nouveau, la discussion se fait dans sa tête. Espérons qu'un télépathe ne se balade pas dans le coin !

Un sourire d'excuse sur ses lèvres, un soupir d'agacement pour elle. Autour, les gens continuent de passer comme si rien ne les préoccupait plus que de rentrer chez eux, au chaud, le plus vite possible en évitant de mouiller un maximum leurs chaussures, ce qui est franchement impossible vu le temps. Mais les gens sont comme ça. Quand les gouttes tombent du ciel, vous observerez bien. Ils ont tous la même réaction.
Comme il ne se passe rien, il la dévisage. Il attend. Un merci peut-être. Une réaction quelconque. Normale ou anormale, il s'en fiche. Et il voit qu'elle est mal à l'aise, qu'elle semble légèrement effrayée. Il n'est pourtant pas l'horrible Grizzli des cavernes nordiques ! Peut-être qu'elle ne se sent pas bien. Si elle s'évanouissait, comment réagirait-il ? Il serait incapable de la porter à l'infirmerie avec le peu de force qu'il avait dans les bras !

« Tiens, prends ça. »
Et vlan, le gamin reçut dans ses mains un lot de paperasse trempé. En effet, elle n'avait pas tout compris. Elle devait peu s'intéresser aux autres. Vraiment vraiment peu. Parce que quand on est dans la classe de quelqu'un pendant au moins un an, on connait son don. Or, il semblerait que là, elle n'ai fait aucun effort pour retenir celui de Noah. Il soupira. En fait, il n'était pas si crétin que ça. La colère de la demoiselle se fait ressentir par ce geste. Hé ben, pour tenter de l'apaiser, c'pas gagné. Elle soupire, et le garçon comprend qu'elle est à bout. Il jeta un regard vaguement intéressé à ce qu'il venait de récupérer avant de comprendre qu'elle pensait juste qu'il ferait "porteur". Non mais. Les princes ne se croisent pas à tous les coins de rues cocotte, fallait pas confondre Noah avec l'un d'entre eux. Lui, il est juste le môme discret qui vient de voir un p'tit chat trempé jusqu'aux os et frigorifié. Alors forcément, il éclate de rire. Par pour se moquer. Un rire amusé. Simple.

"Pas comme ça patate ! Je vais pas te les porter tes papiers... Je me fiche d'être ton serviteur, ça m'intéresse pas trop en fait. Je pense que tu en as assez. Regarde."

Il n'attend pas le regard de Miss Marshall. Lui, sa spécialité, c'est le papier. Il peut faire des avions, des objets, peut tout faire. Même si il n'a jamais essayé de faire sécher du papier, il peut toujours tenter le coup. Il peut rendre les fibres plus consistantes. Alors il le fait. Peu à peu, les feuilles reprirent leur douce couleur sèche. Et lui, le petit Evans, il est tout fier. Et un détail attire son attention sur l'une des feuilles. Un brouillon du devoir maths.

"Tu t'es trompée... Pour la fonction inverse... Le tableau de variations que tu as fait... C'est pas le bon. C'est dans l'autre sens..."


D'un geste expert, il balança son sac sur le côté, l'ouvrit, trouva sa trousse et en sortir un beau petit crayon bleu. Marshall ne bougeait pas, il prit la liberté de corriger.
C'était certain. Il allait se faire détester.
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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Sam 20 Oct - 20:31


lost till you're found, swim till you drown, know
that we all fall down, love till you hate, strong
till you break.
Il éclata de rire, un rire franc comme celui qui éclairait le visage de Papa. Pourtant Lula, ne fait que froncer les sourcils, à s'en faire des rides précoces et ses lèvres se pincèrent en air boudeur, son petit nez se retrousse. Elle le fixa, toujours avec ses yeux qui lancent des éclairs à vous renverser par terre, jamais elle n'arrête comme si elle avait décidé de partir en guerre contre le monde et le décimer.

La petite princesse n'apprécie pas que l'on se moque d'elle, elle est trop sérieuse et trop linéaire, tout va droit, vite. Elle est tellement susceptible, trop sensible qu'un rien la vexe et la froisse, que tout l'agace et l'irrite mais, jamais rien ne lui convient. Éternelle insatisfaite qui a arrêté de courir après le bonheur parce que le souffle lui manquait.

« Pas comme ça patate ! Je vais pas te les porter tes papiers... Je me fiche d'être ton serviteur, ça m'intéresse pas trop en fait. Je pense que tu en as assez. » Lula se sentit perplexe, perdue. Elle ne voit pas où il veut en venir. Mais, sous ses yeux bleus, ses écrits trempés et noircis par la pluie reprennent leur couleur originelle. Elle écarquilla légèrement les yeux, la bouche à peine entrouverte de surprise alors que ses traits s'adoucirent, une seconde avant de reprendre leur dureté habituelle.

Non, Lula ne fait pas attention au monde, elle a les yeux sur les nuages quand elle marche alors elle trébuche, elle se prend les gens et les poteaux, elle tombe des trottoirs un peu trop hauts. Elle garde les yeux rivés sur ses fiches où son écriture appliquée a minutieusement recopié chacun de ses cours, dans ses bouquins noircis de mots et leurs conneries en boîte, les yeux dans l'horizon pour ne voir que ce qu'elle a bien envie de voir. Et comme une enfant qui aurait peur du noir, elle cache son visage derrière ses mains.

« Tu t'es trompée... Pour la fonction inverse... Le tableau de variations que tu as fait... C'est pas le bon. C'est dans l'autre sens... » Ses lèvres tremblèrent, se fermant alors qu'elle cherchait un remerciement quelconque à lui balancer comme l'exigeait la bonne conduite. Déjà l'adolescent avait sorti de son sac de quoi corriger les erreurs, sous le regard déstabilisé de Lula. Elle avait légèrement blêmi, à croire qu'elle allait faire un arrêt cardiaque dans la minute, sans esquiver le moindre mouvement de protestation.

Jusqu'à ce que la petite reine réalise enfin le coup porté à sa petite dignité ridicule et le vacillement de sa couronne sans valeurs, alors d'un geste plus que sec, elle arracha les feuilles au vaurien. Ah, tiens, si elle avait pu le tuer, l'égorger, le balancer du haut d'un immeuble, le jeter sous les roues d'un camion, le torturer. Si elle avait pu, sur le coup, elle n'aurait pas hésiter à l'écarteler ou le canarder, pas même une seconde. La cadette Marshall faillit même déchirer ses propres feuilles, relisant d'un œil rapide le contenu du devoir, le tableau, la fonction et son écriture précipitée.

Il avait raison. Évidemment qu'il avait raison, il ne se serait pas avancer pour pointer sournoisement son erreur s'il n'était pas sûr de lui. Bien sûr qu'il avait raison, ce crétin. La gamine serra les papiers dans sa main droite, cherchant de quoi retrouver ses esprits : elle se sentait vaciller sur son fil de funambule, elle sentait ses bras qui s'agitaient dans le vide et son corps qui commence à plonger en arrière. Sauver la mise et les apparences, sauver son air assuré comme son unique bouée de sauvetage qui l'empêche de se noyer, de couler. Un besoin désespéré, vital sans la moindre logique.

«J'le savais, crétin sinon j'taurais pas laissé y toucher. J'allais modifier ça en rentrant. » Son ton est redevenu poison, son air hautain et encore, elle assassine, elle balance les mots en espérant être crédible. Elle se redresse, elle se mettrait presque sur la pointe des pieds pour paraître plus grande, plus imposante, plus sûre de ce qu'elle avance. Parce qu'elle y avait passé du temps, ce n'était pas quelque chose qu'elle avait fait à la va-vite, comme ça, pour le terminer rapidement. Elle y avait apporté un certain soin.

Bien sûr qu'elle aurait fini par s'en rendre compte et se morfondre mais, que ce rejeton mette le doigt sur son erreur en quelques secondes lui hérissait l'échine, lui donnait envie de hurler. Lula éternua, trois fois à la suite, de façon assez rapprochée, commençant à avoir froid à être trempée comme ça par des températures pareilles. Elle allait encore devoir avaler des sirops au goût écœurant et on finirait par l'enfermer chez elle pour ne pas qu'elle vienne en classe, qu'elle se repose et laisse faire un de ces idiots incompétent qui ne savent même pas compter jusqu'à quinze.

« T'as cru que j'tais débile ? » Lâcha-t-il en sifflant presque entre ses dents. Elle avait presque envie de lui décerner le prix du crétin aveugle, enrageant contre lui plutôt qu'essayant de se montrer un tant soit peu agréable.
Et déjà la princesse s'apprête à tourner les talons.



Dernière édition par E. Lula Marshall le Mar 30 Oct - 11:34, édité 1 fois
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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Lun 29 Oct - 14:57

Il avait raison, il le savait. Les mathématiques, cette douce matière qu'il n'appréciait pourtant que peu, était pourtant d'une logique absolue et il ne comprenait toujours pas comment on pouvait accumuler les erreurs avec cette matière. Et le pire, c'était qu'il ne pouvait s'empêcher de corriger celles des autres quand il en voyait une. Une sorte de pulsion irréversible. Et là, aussi certainement que deux et deux font quatre, il sentait qu'il venait de faire une énoooooooorme boulette en mentionnant la fameuse erreur. Oups ?

Sur le coup, il voulut immédiatement s'excuser,. Non non non, ce n'était pas dans son caractère d'agir ainsi, d'être aussi impulsif. Jamais ô JAMAIS il n'aurait osé se prétendre plus intelligent que quiconque, et en particulier de la fière et noble Lula Marshall. Il sentait sur lui se déverser tant de haine et de rage, un flot incessant et si puissant d'envie de meurtre. Il entendait déjà une musique de marche funèbre en fond et se félicitait de ne pas pouvoir lire les pensées de la demoiselle. Parce qu'il en était certain aussi, là, il prenait cher. Peut-être envisageait-elle de le jeter aux fauves comme aux temps des Romains. Oh my God. Pas les lions. Pitiiiiiiéééé !!!!!!
Noah était en plein flippe.
Pourtant, un petite voix dans sa tête, très profondément enfouie mais existante, lui murmurait doucement "Regarde là... Tu es son maître... Elle t'envie... Tu es le meilleur... Ne t'excuse surtout pas, elle se croirait bien supérieure..."
Le gamin s'était légèrement recroquevillé sur lui-même dans une vaine tentative d'auto-défense au cas où il subirait une attaque de la mort.

«J'le savais, crétin sinon j't'aurais pas laissé y toucher. J'allais modifier ça en rentrant. »
"Mas oui. Et moi je sors avec Gabrielle. Pas la peine de mentir."

Comme à chaque fois, il avait répondu dans sa tête. Pas de menace ? Pas de coup ? OUIIIIII !!!! Victoire de la raison sur les sentiments ! De toute façon, si on reprenait le dicton "La peur mène à la colère, la colère à la haine", et qu'on partait du côté inverse, il n'y avait qu'une possibilité !! Elle éprouvait de la haine, donc de la colère, et de ce fait, avait peur de Noah ! Cet éclair d'intelligence fit sourire le môme qui n'avait pas le moindre du monde fait attention à l'intonation dédaigneuse. Pour lui, s'en tirer indemne était ce qu'on pouvait espérer de plus fabuleux. En revanche, le petit rehaussement du menton et le fait qu'elle se mette sur la pointe des pieds attira son attention plus qu'il ne l'aurait voulu. Elle pouvait toujours essayer, se disait-il un tantinet moqueur, il serait plus grand qu'elle dans tous les cas. La taille, on peut pas lutter au bout d'un certain moment.
Trois éternuements d'affilés. Tiens, Princess Marshall est malade.

« T'as cru que j'tais débile ? »
"Sérieusement, oui. T'en connais beaucoup des filles qui propose d'aller faire le tour de la lune avec des conneries ? Et puis la fonction inverse, voilà quoi. Easy."

Dialogue interne. Visage impassible externe.
L'art de la maîtrise de soi, même si un fou-rire se déclenche dans sa tête.
Se calmer avant qu'elle ne se barre. Et c'est ce qu'elle fait. Elle lui tourne le dos, prête à s'enfuir au quart de tour.
Une idée. Vite, vite, une idée pour la retenir. Il ne sait pas pourquoi il fait tout ça au juste. Peut-être a-t-il simplement envie de s'amuser avec quelqu'un qui est aussi brillant que lui, peut-être qu'il est intrigué, peut-être qu'il est amoureux, comme ça, paf, peut-être parce qu'il ne sait pas quoi faire, peut-être parce qu'il a la flemme de rentrer chez lui. Il n'a pas la moindre idée et ça le frustre.
Et surtout. Surtout. Ne pas faire dans le gnangnan.
Too late. Elle récupère ses papiers, lui jette un dernier regard détestable et s'en va. Sans le parapluie. Lui, il bouge pas, car il ne voit pas vraiment ce qui pourrait décoincer la situation. Il met sa main dans sa poche. Tilt !

"Hé, Lula !!! Lula, attends !"

Il rangea rapidement ses affaires, balança le tout sur son dos et rattrapa la demoiselle. Noah lui attrapa la main pour la retenir et un frisson lui remonta le long du bras. Elle était glacée. Pauvre chaton. Il fallait l'aider.

"Pile ou face.
- Laisse moi tranquille.
- Pile ou face. Pile, je te fiche la paix. Face, tu restes avec moi pendant une heure. Après, tu fais ce que tu veux. T'as rien à perdre, à part du temps. C'est un défi. Sois tu acceptes, sois tu es bien trop lâche et n'as aucune fierté. Ce que tu n'es et n'as pas, n'est-ce pas ?"

Grand blanc. Il est sérieux, elle doute. Voilà, Noah a eu son petit plan diabolique. Un défi. La demoiselle ne peut pas passer à côté, elle a un égo bien trop grand pour ça. Oh qu'il est fier de lui pour le coup car il est conscient qu'il n'est pas tombé dans le cliché et qu'il a pourtant une chance d'arriver à ses fins.
Lula le mitrailla du regard, et il interpréta cela comme un oui, par soumission un peu. Chouette !! Il sortit une pièce tout à fait normale de sa poche (allez savoir pourquoi il avait une pièce dans sa poche) et la plaça devant les yeux bleus de son interlocutrice pour qu'elle puisse vérifier l'état de ce qui allait influer sur la prochaine heure de sa vie.
Le gamin la fit claquer et le petit objet s'envola. Tournoya sur lui même. Retomba sur le sol dans un petit bruit sec et léger. Face.
Mister Evans eut un large sourire satisfait et releva les yeux pour croiser ceux de Lula, qui n'étaient que tempête et désespoir. Il retira ses lunettes et les replaça dans leur étui approprié, attendant une quelconque réaction de la part de la Miss. Mais rien. Tant pis pour elle.

"Une heure. C'est pas si long. Je suis sur que tu survivras. Allez, dans un acte de générosité extrême, je te laisse décider de là où nous allons. Café ? Boutique ? Cinéma ? Bibliothèque ?"
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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Mar 30 Oct - 11:33


donne-moi un peu de ton sang de sirène, tu
pourras questionner les morts, savoir pourquoi
les arbres saignent.
Elle ne l'écoute plus, elle entend vaguement son nom mais, elle ne veut plus entendre, elle est sourde. Elle avance juste devant elle, droit devant, elle ne sait pas trop où, vers où mais, la colère fait marcher ses jambes à la place de sa tête embrouillée. Jusqu'à cette main qui attrape sa main, qui la retient et l'emprisonne.

« - Pile ou face.

- Laisse moi tranquille. Répliqua la gamine d'un ton tranchant, sec en prenant le soin de détacher chaque syllabe au cas où il était lent à comprendre le message. Il lui fait perdre son temps.

- Pile ou face. Pile, je te fiche la paix. Face, tu restes avec moi pendant une heure. Après, tu fais ce que tu veux. T'as rien à perdre, à part du temps. C'est un défi. Sois tu acceptes, sois tu es bien trop lâche et n'as aucune fierté. Ce que tu n'es et n'as pas, n'est-ce pas ? » Lula se raidit, elle le fixe longtemps comme s'il bluffait et qu'il allait la relâcher dans à peine deux secondes mais, il semble tout à fait sérieux. Beaucoup trop sérieux. Il vient de l'insulter ouvertement, ou tout au moins de le sous-entendre. De la fierté, elle a beaucoup, pour combler son manque, pour palier à ses doutes et ses incertitudes, parce qu'elle ne sait pas où elle va à part dans le mur, elle essaye juste de retarder le crash. Alors, elle se cache derrière les apparences, derrières les masques qu'elle se doit de jouer. Elle ne peut pas refuser, elle se retrouve coincée entre les murs, sans issues à part de ployer.

Alors, les yeux bleus de la princesse Lula s'animent, s'enveniment et mitraillent avec encore plus de colère, le goût amer de s'être fait roulée au fond de la gorge. Il lui fait faire ce qu'il veut, il a l'air d'avoir plus ou moins compris le jeu, ou sans même le deviner, il a réussi à lui faire accepter ses volontés. Et elle ne peut que tempêter en silence, forcée de céder. Et ça la rend malade, ça la rend folle, ça lui fait penser à tous les noms d'oiseaux qu'elle connaît alors qu'elle enrage, contrainte au mutisme pour ne pas exploser. Comme une bombe.

Elle attend. Elle attend que ça se passe, vite et elle ferme les yeux en espérant que ça tombera sur pile, que pour une fois, elle aura un peu de chance et qu'elle pourra repartir rapidement, sans encombre. Parce que le temps continue de courir, de filer entre ses doigts alors que le garçon la retient, lui fait perdre son temps. Non, sans scepticisme, elle ne quitte pas la pièce des yeux, quand elle s'élève et quand elle retombe, qu'elle s'écrase, rebondit sur la main de Noah.

Face. Merde. Merde. Et re merde. La gamine ne cache pas son air contrariée, sa mine boudeuse aux lèvres qui s'avancent et la colère au fond de ses yeux. Parce que le pire, c'est qu'elle ne peut pas faire marche arrière, elle se retrouve obligée de suivre sa part du contrat bien que l'idée de s'enfuir en courant et se terrer chez elle lui traversa l'esprit. Il finirait par la rattraper, un jour, elle en était certaine. Elle ne sait pas ce qu'il lui veut au juste, à part essayer de pourrir sa journée et en faire la pire de sa vie peut-être. Dieu, que tout ceci est agaçant, alors qu'il la nargue avec son sourire jusqu'aux oreilles.

« - Une heure. C'est pas si long. Je suis sur que tu survivras. Allez, dans un acte de générosité extrême, je te laisse décider de là où nous allons. Café ? Boutique ? Cinéma ? Bibliothèque ?

- Ta générosité, tu sais où j'te... » La cadette Marshall s'interrompit dans sa réplique lancée au tact au tact, inspira une grande bouffée d'air pour se retenir d'en faire de la chair à pâté et garder un peu de dignité. Mentalement, Lula analyse rapidement chaque endroit qu'il lui propose et dans lesquels elle n'a absolument aucune envie de s'y rendre avec le jeune Matthews. Le cinéma, entre l'attente et la séance qui durera plus d'une heure, elle n'y tient vraiment pas. Elle n'a pas pris d'argent sur elle pour faire un tour dans les boutiques. Et elle ne tient pas à s'afficher dans son petit royaume privilégié qu'est la bibliothèque avec le garçon. Il ne reste que le café, surtout qu'elle commence à se sentir frigorifiée.

« Café. Un petit, doit y en avoir un dans le coin Interdiction d'en reparler après, d'y faire allusion et si qui que ce soit en entendant parler, j'te jure que tu reverras plus jamais la lumière du jour de ta vie de microbe. » Elle lance d'un ton rapide, expéditif avant d'ajouter sans lui laisser le temps de réagir : « Et bien sûr, tu payes. »

Les modalités étant ainsi réglées à la vitesse de l'éclair puisqu'elle ne laisse pas le temps au concerné de pouvoir en placer une, Lula se tourne déjà pour reprendre sa marche à la recherche d'un petit café où passer ce qui s'annonce la plus longue heure de sa journée. Sauf, que cette fois-ci, elle fait un effort pour l'attendre et ne pas le distancer en moins, profitant au passage du refuge du parapluie avant que ses dents ne se mettent définitivement à claquer comme des marteaux piqueurs.

La benjamine Marshall scrute, regarde et observe avant de finalement repérer ce qu'elle cherchait. Elle fit un signe sec à son compagnon pour lui montrer la direction à suivre, son pas se fait un peu plus rapide. C'est un petit café rustique, rien de grandiose et souvent, les client s'y comptent sur le doigt d'une main sur les tables en bois. Au comptoir, souvent un habitué ou deux qui écoutent la radio qui grésille en compagnie du gérant et ont tendance à rire à gorge déployée, de leurs riras gras. Elle était tombée dessus quelques fois par hasard et même si l'endroit n'avait rien d'exceptionnel, c'était assez tranquille et isolé.

Elle s'engouffre à l'intérieur.
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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Dim 11 Nov - 14:37

" Ta générosité, tu sais où j'te..."

Pour une fois, la réponse fut lancée du tac au tac, un peu à la manière d'une balle de ping-pong qui virevolte sur une table. Marshall n'avait pas pris le temps de réfléchir à son offre sur le coup. Mais, par le silence qui s'ensuivit et par cette fin de phrase en suspens, même si il avait parfaitement compris ce qu'il devait faire de sa générosité, il déduisit assez rapidement que les neurones de la miss étaient actifs à plein régime. Ils passaient en revue chaque possibilité, réalisant le pour et le contre de chaque option comme si sa vie en dépendait. Allons bon, ce n'était qu'une heure !
Alors du coup, le môme Evans, il tend l'oreille et attend patiemment. Il entend le bruit des gouttes d'eau qui s'écrasent contre la fine toile du parapluie, les rires des gens autour d'eux qui regardent avec des yeux brillants les vitrines illuminées. Il entendrait même la rage qui se débattait au sein même de son interlocutrice, tellement elle se ressentait. Soit, il avait fait une connerie. Mais une de plus en ce funeste jour... Il n'était plus à ça près. Et le temps, si rapide qu'il soit, est pourtant très long dans l'attente. Lui aussi de son côté, s'interroge sur l'endroit où ils iraient. Prendrait-elle la bibliothèque, si calme et rassurante ? Ou le cinéma, pour passer un bon moment même si il fallait faire la queue, auquel cas ils resteraient plus d'une heure ensemble. Peut-être que les boutiques allaient l'intéresser car après tout, beaucoup de gens aiment faire les boutiques, surtout quand elles ont un porteur avec elles ! Le café ? Surement la dernière option. Elle avait déjà refusé tout à l'heure au crétin, pourquoi lui dirait-elle oui ? Lui, il voterait pour cette solution car un bon chocolat chaud serait le bienvenue. Mais ce n'était plus à lui de choisir.

« Café. Un petit, doit y en avoir un dans le coin Interdiction d'en reparler après, d'y faire allusion et si qui que ce soit en entendant parler, j'te jure que tu reverras plus jamais la lumière du jour de ta vie de microbe. Et bien sûr, tu payes. »


Pour de la réponse expéditive, on ne pouvait pas faire mieux. Il n'avait pas pu argumenter en faveur d'un autre lieu, rien. Elle ne lui laissait aucune chance de s'en tirer, ce qu'il avait cherché après tout. Et puis, elle croyait quoi ? Qu'il allait prendre un mégaphone et hurler dans l'école "J'ai eu un mini-rencard avec Lula Marshall !!!!". C'était mal le connaître. Soit il se taisait, soit il se taisait. En gros, fallait pas compter sur lui pour ouvrir la bouche à ce propos. Petit un, parce qu'on lui dirait qu'il est complètement barré d'avoir osé aborder l'intello de service méga-hautaine, et petit deux parce que Gaby pourrait pas s'en remettre. Et bien qu'il fasse genre qu'il n'en ai rien à faire de ses amis et de sa réputation, c'était totalement faux et si il pouvait éviter de salir son image, rien ne lui aurait fait plus plaisir. Sauf qu'il s'était laissé emporter par sa compassion, peut-être par de la curiosité et paf, le voilà à aller prendre un truc avec Lula dans un café.

Un jour, son père lui avait dit que le café représentait un peu l'âme d'un quartier. Chaleureux, accueillant, toujours là pour le p'tit coup d'blues ou autre. Il lui semblait se souvenir que Matthew avait parlé d'y avoir travaillé plus jeune et qu'il y avait surement passé certains de ses plus bons moments. Les gens y allaient et venaient le plus simplement du monde sans se soucier de qui ils étaient avant de franchir la porte ni qui ils seraient une fois leur commande passée. Le gamin eut un petit sourire en repensant à son paternel et à ses dictons farfelus. Le père comme le fils avaient toujours appréciés la pluie, notamment lorsqu'il fallait courir dessous, tomber malade et être sous les petits soins de la femme de la maison, Mme Evans (qui n'a toujours pas de nom xD). Il chassa ces images de son esprit et se concentra sur ce qu'il avait devant lui.
Une blondinette au regard un peu dédaigneux mais au fond, un peu perdu. Il nota l'effort qu'elle faisait pour l'attendre avant de désigner du bout du doigt une porte en bois et d'accélérer le pas. Il se pressa à sa suite, maintenant avec soin le parapluie au dessus de leur tête pour leur éviter de prendre l'eau.
Il ne connaissait absolument pas ce café mais faisait confiance à sa camarade. Pour avoir choisi ce lieu spécifiquement, elle devait avoir ses raisons. Relativement isolé, sans trop de clients, plutôt calme, songea-t-il avant de la suivre à l'intérieur. Il avait vu juste. Trois jeunes étaient assis au comptoir, avec une ancienne radio entre les mains et des bières sur le côtés. Noah leur donna la vingtaine. Au fond, une demoiselle aux longs cheveux noirs semblait absorbée par son roman et sirotait d'un air las un jus de fruit. La douce chaleur de la pièce enveloppa immédiatement le garçon Evans et il se demanda si il en était de même pour la demoiselle.

L'endroit en général semblait réellement comme son père avait décrit un café. Il s'y sentait à l'aise et comprenait parfaitement les raisons qui avait pu pousser Lula à venir ici. Les tables en bois, de même pour les murs, avec des posters de groupes de musiques des années passées, tout donnait une impression d'ancienneté intemporelle. Il adhérait. A fond. La demoiselle Marshall s'était déjà installée à une table proche d'une fenêtre, mais pas trop loin de la cheminée. Il s'assit en face d'elle en ayant une petite pensée pour son porte-monnaie qui allait encore se vider et finirait probablement à sec, mais ignora ce détail.

"Tu sais, cet endroit, je l'apprécie beaucoup pour le moment. Mon père adorait ce genre de café et ceux qu'ils me décrivaient avait souvent cet aspect dans ma tête. A Londres, les cafés étaient beaucoup plus petits et de plus en plus modernes alors il n'aimait plus trop y aller..."

Ses traits s'adoucirent, devinrent un peu plus nostalgiques. Peut-être était-ce du à son manque de sommeil, à sa punition de tout à l'heure, à sa rencontre avec elle. Bref, il agissait bizarrement. Un homme, surement le barman, s'avança vers eux prendre la commande. Gentleman, Noah laissa Lula commander en première avec de demander à son tour un chocolat chaud.

"J'adore le chocolat..." Murmura-t-il en guise de justification, qu'il se sentit obligé de fournir. "Au fait, tu me déteste vraiment de t'avoir emmené ici ? Je suis désolé. Mais reconnais qu'on est bien mieux au chaud..."

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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Mer 5 Déc - 21:00

elle voit trop de princes qui sont de passage
et qui l'aiment sans poser de questions, qui
promettent et qui oublient son nom.
Lula embrassa la pièce de son regard marin, rapide et précis; balayant les silhouettes étrangères et sans importance pour s'en isoler. Pour ne plus que les deviner par leurs quelques chuchotements ténus et étouffés dans leurs gorges rieuses. Elle se glissa entre les tables en bois aux longs sillons et aux rainures interminables qui racontent parfois des histoires quand on laisse ses doigts courir dessus, des aventures improbables avec des jolis mots bien comme il faut pour les embellir. Elle disparut dans les murs clairs où étaient accrochés en tous sens de vieux posters de groupes de tous les temps datant même de bien avant la création de l'île, se mélangeaient toutes les époques : une chanteuse en noir et blanc, l'air grave dans sa robe à volant, empreinte d'une délicieuse tristesse mélancolique et presque saisissante qui s'opposait aux groupes mythiques des années soixante où brillaient dans leurs yeux la poudre blanche, les cigarettes et la révolution d'une jeunesse déchaînée pour fuir l'horreur de leurs géniteurs, la honte du passé qui les rongeait. Des noms, principalement anglo-saxons mais, de tous les horizons, de tous les jeunes du monde qui se sont perdus dans ce refuge exiguë.

La reine a finalement jeta son dévolu sur une table, s'y laissant tomber doucement dans un bruit sourd avec ses airs de grande dame : droite et fière, défiant de ses commissures pendant avec arrogance ce misérable Univers de venir la déranger. Fragile poupée vacillante qui brandissait fièrement son épée branlante d'une main, se raccrochant à sa seule arme alors que ses yeux attendaient juste de pouvoir assassiner, piétiner, éventrer avec colère. Ce monde. Qui en bien des côtés se montrait loin des utopies d'enfants, bien moins beau et tendre, bien plus difficile à aborder et à dompter.

« Tu sais, cet endroit, je l'apprécie beaucoup pour le moment. Mon père adorait ce genre de café et ceux qu'ils me décrivaient avait souvent cet aspect dans ma tête. A Londres, les cafés étaient beaucoup plus petits et de plus en plus modernes alors il n'aimait plus trop y aller... » L'adolescente avait détourné les yeux, se perdant quelques secondes dans la vitre embuée, l'extérieur gris et pluvieux d'une longue journée de pluie. Ces journées qui inspirent la monotonie et la mélancolique, la muse des artistes depuis toujours, semblant plonger les âmes dans leurs chemins les plus tortueux des souvenirs. Et heureux ou triste, ils en restaient tous éphémères mais, vivaces, ils s'effaçaient tous tout en se bousculant dans les têtes, dans les cœurs et les chairs. La voix du garçon, grave, plus douce et beaucoup plus longue, tranquille résonna aux oreilles de Lula. Lula, qui ne bouge pas, qui semblait perdue à des kilomètres, qui abordait son habituel air de reine indifférente mais, qui se laissait bercer par les sons, par ses mots qui sonnaient comme une comptine d'un temps perdu et regretté. Un de ces temps qu'on regarde dans le lointain, rester solitaire sur le quai alors que le train du emporte déjà, nous y arrache sans qu'on ne puisse lutter.

Une pointe d'envie aux portes de son cœur, elle se sentait désireuse de ces souvenirs qui sonnaient tellement bien, tellement doux comme une tasse brûlante par une journée glacée, comme une histoire contée au coin du feu, comme des sentiments qui font du bien jusqu'au bout des doigts. Alors que dans son esprit coulait les souvenirs, s'écoulait un flot de sourires et d'éclats de rire, francs et grossiers, un visage de gamin qui le temps avait vieilli et fatigué, que le temps avait tiré par les douleurs du cœur, les malheurs de l'improbable. Que le temps avait abîmé sans pouvoir en faire totalement disparaît l'innocence, la candeur naïve qui avait germé l’amertume dans le cœur de sa progéniture. Et le mépris.

Mon père est un crétin.

Un homme, au pas assuré s'approcha d'eux avec cette confiance d'un monarque sur son minuscule royaume, ce sourire aimable et tendu qui laissait penser qu'il possédait le lieu par sa présence tranquille. Il était chez lui et s'y mouvait avec une aisance qu'il n'aurait sûrement pas affiché avec tant de désinvolture s'il n'était qu'un vulgaire serveur sans intérêt, un pion bon à amuser le roi juste un temps avant de se faire remplacer d'un dédaigneux revers de main.

« Un thé. » Avait-elle vaguement murmuré, presque susurré dans un souffle qui se traînait en longueur, mourant dans le fond de sa gorge. Lula s'arracha à sa contemplation maussade de l'extérieur dans un long mouvement qui semblait s'éterniser avec cette lassitude non feinte qui fendillait son masque d'indifférence. Elle se sentait trembler, tressaillir au contact des tissus trempés contre sa peau qui la glaçait au moindre mouvement aussi léger soit-il, qui lui collait désagréablement au corps et dont elle ne pouvait se défaire. Elle se sentait trembler et mourir, nonchalamment, mollement. Elle avait froid, tellement froid malgré les flammes dansantes et luisantes de la cheminée qui lui brûlaient le dos. Ses doigts, transis par le froid, étaient devenus rougeâtres à être trop meurtri par les gouttelettes de pluie, comme des milliers de minuscules coups de poignards.

« J'adore le chocolat... » La souveraine laissa son regard de glace s'attarder sur l'adolescent, laissant apparaître le temps de quelques secondes un quelconque intérêt pour ce misérable insecte comme les autres, cette cervelle de mollusque pas bien différente d'une autre dans la masse qui composait les habitants de l'île. A peine une lumière collante, qui semblait l'agacer plus qu'autre chose et la faire tourner en bourrique, se jouant allégrement de sa propre fierté et de son orgueil mal placé pour compenser toute cette colle qu'il lui manquait pour recoller bout à bout son cœur d'adolescent qui se cherche, qui se perd et qui finalement, s'oublie.

« Au fait, tu me déteste vraiment de t'avoir emmené ici ? Je suis désolé. Mais reconnais qu'on est bien mieux au chaud... » Les mots lui vinrent, meurtriers, comme des balles prêtes à fendre l'air dans des sifflements destructeurs, dansant sur le bout de sa langue. Mais, dans un mouvement agacé, elle sera les dents, le fixant comme s'il venait de raconter une bêtise qu'elle ne voulait pas croire. Ses mèches dorées dégoulinaient le long de son visage pâle, presque cadavérique, en bataille et s'entremêlant dans ses propres boucles dorées.

Crétin.

« Tu m'agaces, j'aimerai t'envoyer en orbite sur la lune pour ne plus voir ta face ou te tordre le cou un milliard de fois, je te trouve insupportable avec ton air d'idiot stupide qui plane et tes questions à la con. Et oui, actuellement, je te déteste... » Sa langue claqua contre son palet alors qu'elle laissait finalement s'échapper les coups durs, qui sonnent rêches, qui écorche le cœur et déverse leur venin. Mais, ses lèvres s'arrêtèrent, marquèrent une pause comme indécises et presque gênées, son regard s'était fait légèrement fuyant. Un léger plissement aux coins de ses lèvres indiqua qu'elle faillit se rétracter, faire marche arrière et s'arrêter sur cette cruelle déclaration débitée de son habituel ton froid, tranchant comme une lame. Presque honteuse, la fuyarde laissa pourtant s'élever dans l'air, brisant les dernières résistantes qui se bousculaient à l'intérieur de son crâne, arrêtant de se demander pourquoi ces mots voulaient tellement sortir, lui brûler les lèvres d'une douleur vive :

« Mais je ne crois pas que je te hais... » Le barman arriva alors qu'elle terminait sa confession indécise, de sa voix presque étranglée. Il posa les tasses sur la table avec discrétion, les gratifiant d'un sourire aimable, et se détourna aussitôt comme s'il sentait qu'il venait d'interrompre quelque chose. Bien que brève, l'adolescente ne pu retenir un léger sentiment de reconnaissance envers l'inconnu d'avoir arrêté l'échange avant qu'aucun des deux gamins ne puissent répondre quelque chose qu'il aurait pu regretter.

Non, elle ne le haïssait pas. Ou du moins, même s'il l'avait plongé dans une profonde colère de s'être ainsi moqué de sa stupide fierté, qu'il la faisait profondément soupirer de désespoir et qu'elle ne lui montrait que du mépris : s'il ne provoquait que haine et dégoût, elle aurait sûrement jeté au diable sa fierté de petite princesse, jeté au feu sa couronne et, elle l'aurait déjà submergé sous des rafales de mots tendres. Elle l'aurait déjà jeté au loin, oublié. Terrible constatation qu'elle se faisait à elle-même, regrettant déjà d'avoir énoncer à voix haute ses sentiments. Mais, peut-être que l'image du visage qui devait se décomposer sous ses attaques violentes et brutales, cet air de chien perdu avait fait tourner sa raison en bourrique pour éveiller une partie plus douce de la jeune fille.

Lula attrapa sa tasse qui lui brûlait les doigts d'un geste rapide, la portant à ses lèvres pour ne plus avoir à le regarder, ne pas connaître sa réaction, faire comme si au fond, elle n'en avait rien à faire.

Rien à faire.


(Bouh c'pas beau, mais. mais. Pardon D: )
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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Dim 9 Déc - 8:48

S'il n'avait pas peut-être pas encore déclenché de guerre entre eux, le môme sut immédiatement qu'il venait d'actionner le bouton ON d'une demi-meurtrière en série. La "Marshall Killeuse" était de retour. Et une gaffe à rajouter sur la liste, une ! Il devinait facilement les mots qu'il allait recevoir, aussi tranchants que des lames de rasoirs, prêts à lui prouver que leur capacité de destruction et ce avant même qu'il ait eu le temps de s'enfuir. Il s'imaginait déjà un classement dans lequel son nom descendait de plus en plus vers les profondeurs abyssales des enfers. L'avantage, c'est qu'il n'aurait plus jamais à lui reparler, ni même tenter un vain rapprochement. Le problème serait qu'il aurait probablement une adorable furie explosive constamment derrière lui, à vouloir le faire disparaître à chaque instant. Pauvre petit Noah. Ta gentillesse t'emportera.

Son visage est pâle. Si pâle. On t'aurait dit qu'elle n'était pas réelle, tu l'aurais cru. Elle semble effrayée. Console la, tu es aux pieds du mur, tu n'as plus rien à perdre. Bouge toi. Parle. Allez. Ne regarde pas son décolleté ô combien attrayant, fixe la dans les yeux. Dis quelque chose. Comble le vide. N'attends pas qu'elle te démolisse. Ne la laisse pas te blesser ou tu donneras raison à tous ceux qui se permettent de critiquer sans connaître. Ne regarde pas la table, défie la. Montre lui qu'elle n'a pas à avoir peur. Trop tard.

« Tu m'agaces, j'aimerai t'envoyer en orbite sur la lune pour ne plus voir ta face ou te tordre le cou un milliard de fois, je te trouve insupportable avec ton air d'idiot stupide qui plane et tes questions à la con. Et oui, actuellement, je te déteste... »

Un peu comme sur le front, c'est une rafale de balle qu'il se prend. Elles sifflent et le percutent à toute vitesse. Et il encaisse, parce qu'un bon soldat ne renonce pas. Mais ça fait mal. Se dire qu'on pense être utile et se rendre compte que quoi que l'on fasse, il n'y a pas de réconfort. Tenter de changer les choses et faire face à l'impassibilité qui fixe le temps, fixe le gens, avant de se demander "Pourquoi je fais ça ?". Et finalement, on en arrive à penser que tout est vain avant même d'avoir essayé.

Elle a un truc avec la lune. C'est obligé. Parle lui de ce satellite mon gars, peut-être que c'est ton ticket de sorti de l'enfer que tu as là. Et regarde, elle s'est tu. A toi de jouer avant qu'elle ne lance un autre assaut.

Mais il ne bouge pas, tête baissée, observant les petites lignes incrustées dans le bois de la table formant des dessins plus ou moins harmonieux. Ses lèvres restent fixement collées l'une à l'autre, ne cédant pas à la pression de cette voix intérieure. Ses paupières se ferment, sans doute pour cacher la vérité qu'expose la demoiselle. Oui, elle a raison, il est un crétin. Il le sait, il l'avait toujours su. Les mots se répétaient encore en encore dans un cercle infini. Tu m'agaces, tu m'agaces... Idiot stupide... A la con... Il voudrait remonter le temps, revenir en arrière. Ne jamais quitter la salle de cours, ne jamais aider ceux qui en auraient besoin.

« Mais je ne crois pas que je te hais... »

Ultime espoir de drapeau blanc, plus un bruit sur le champ de bataille. Tout le monde est humain, pourquoi continuer à se tirer dessus ? Evans releva la tête, une étincelle de surprise dansant dans ses prunelles. Un petit froncement de sourcils indiqua involontairement son désarroi. Cette fille était véritablement un mystère pour lui. Ses lèvres fines s'entrouvrir, les mots s'embrouillèrent au fond de sa gorge, comme un ras-de-marée submerge un peu plus chaque obstacle sur son chemin. Tout se mélange, tout confond. Que dire, que penser. Qu'en penser.

Vois comme elle est faible. Comparable à une mouche, et toi mon gars, tu es la tapette qui peut l'écraser. Elle voudrait te fuir mais c'est plus fort qu'elle. Tu as quelque chose qui fait qu'elle ne peut partir. Profite. Tu n'as pas cette opportunité tous les jours. Enfonce la comme elle l'a fit pour toi. Vas-y. Pauvre crétin.

Le barman posa discrètement sa tasse de chocolat devant lui, le sourire aux lèvres. Noah leva les yeux vers lui, le regard gratifiant. Pouvait-il savoir qu'il venait surement de le sauver d'une mort certaine ? Une tasse bleue. Bleue comme l'océan, bleue comme les yeux de Lula, bleue comme le ciel que l'on regarde en espérant quelque chose de tout son coeur. Un mince nuage de fumée s'élevait du mug aussi simplement que s'étaient libérées les insultes qu'il venait de recevoir. Il ne lui inspirait que dégoût, mépris et colère. Pas de haine. Non, la haine est bien trop proche de l'amour. Lui était là, à fixer d'un air vague la fine couche de mousse qui recouvrait son chocolat et à subir le regard massacreur de la demoiselle Marshall. Elle, était en face de lui, droite comme un piquet, à régner d'un coeur de pierre sur son royaume de l'impassibilité et de la mauvaiseté. Il pouvait imaginer sa couronne, posée sur sa tête royale de princesse, couronne aux fils délicatement entremêles à des petits diamants étincelants de mille couleur sous le reflet des flammes de la cheminée.
Crétine royale.

"Tu sais quoi Marshall ? Je vais pas passer la fin de ma journée à attendre un quelconque signe de gentillesse de ta part. T'es un démon des glaces. Tu ne laisses pas la moindre chance à quiconque, tu prends tout le monde de haut avec plaisir. Mais je dois t'avouer un truc. Un jour, faut sortir de sa carapace et voir le monde sinon on reste un enfant effarouché pour la vie. Peut-être que c'est ce que tu veux, je te connais pas assez pour savoir ça. Des rumeurs sur ton compte, j'en ai entendu des vertes et des pas mûres et fais moi confiance, j'avais absolument pas envie d'y croire. Je suis conscient que c'était pas gagné pour passer ne serait-ce qu'un moment avec toi notamment parce qu'on passe notre temps en classe à se mettre l'un l'autre des bâtons dans les roues pour être le premier. Pourtant crois moi, quand je t'ai vu tout à l'heure sous la pluie, je me suis dit pour la première fois que tu avais besoin d'aide. J'ai pensé que tu serais capable de remballer ta soi-disant fierté. Sauf que le problème, c'est pas les autres. C'est pas le reste. C'est toi. Et moi, je laisse tomber. Reste donc dans ton univers, coincée, toute seule en stupide reine. Et dans quelques années, quand t'auras envoyé tout le monde sur la lune, tu seras toute seule. A jamais. Mon chocolat, fais-en ce que tu veux. Tu peux le boire ou le jeter à travers la salle, j'en ai rien à faire. Salut."

Noah sortit de son porte-feuille de quoi régler l'addition et remit sa veste sèche dont il s'était débarrassé si peu de temps auparavant. Tant pis pour elle. Il voulait bien faire des efforts, mais fallait pas pousser mémé dans les orties. Il avait voulu jouer et admettait sa défaite. Oui, face à Lula il avait perdu. D'un mouvement brusque, il remit sa chaise en place et tourna le dos à la demoiselle. Pas un regard, pas un mot. Elle avait le regard fixe dans sa tasse de thé. Soit. Il adressa un signe de tête au barman étonné et avant de refermer la porte derrière lui, jeta un dernier coup d'oeil vers elle. Il en déduisit devant le peu de réactivité qu'elle avait qu'elle devait être ravie de ce changement de situation.
Il faisait presque nuit dehors et le vent s'était mêlé à la pluie. La porte s'était close derrière lui et la chaleur du café lui manquait déjà. Il souffla dans un long soupir et s'adossa contre le mur en pierres glacées de la boutique. Frissonna. "Et merde !" S'exclama-t-il avant de cogner violemment dans le mur. Le choc lui traversa le corps. Peu sportif, il n'avait pas pour habitude de donner des coups, ni même d'en recevoir. Il se mordit la lèvre de douleur et retourna aussi sec à l'intérieur demander de la glace. Sans demander d'explications, le barman lui en apporta avec en guise, un sourire compatissant. Il avait dû en connaître lui des filles dures à cerner.
Noah retourna s'asseoir en face de Lula, sans rien dire. Il ne comptait pas s'excuser. A chacun sa fierté.

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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Mer 19 Déc - 18:37

❝ here i go again : the blame, the guilt, the pain, the hurt, the
shamehe founding fathers of our plane that's stuck in heavy
clouds of rain..
Une explosion. Une explosion de morts, de sons qui sortent par torrent de la bouche aux commissures gentilles, polies, de ce garçon qui marche droit, du gentil garçon qui a donné un peu de sa pitié à la princesse déchue. Et il ne peut plus s'arrêter, il ne peut plus taire ses mots au fond de son cœur comme s'il allait imploser de l'intérieur de baisser les yeux, de ravaler les mots amers qui blessent sa candeur naïve, sa douceur enfantine, comme s'il rejetait ce poison qu'elle avait failli insufflé en lui. On dirait qu'il va s'étouffer, s'étrangler à parler si vite avec ses mots qui lui explosent aux oreilles, qui la décoiffent, la secouent toute entière comme une poupée, lui sautent au visage.

« Tu sais quoi Marshall ? Je vais pas passer la fin de ma journée à attendre un quelconque signe de gentillesse de ta part. T'es un démon des glaces. Tu ne laisses pas la moindre chance à quiconque, tu prends tout le monde de haut avec plaisir. Mais je dois t'avouer un truc. Un jour, faut sortir de sa carapace et voir le monde sinon on reste un enfant effarouché pour la vie. Peut-être que c'est ce que tu veux, je te connais pas assez pour savoir ça. » Ses lèvres restèrent délicatement closes, légèrement en avant d'un air dédaigneuses, ses paupières à demi-baissés, le visage de marbre. Elle attend. Elle attend comme une accusée qui écoute son procès, qui écoute la liste des accusations. Elle attend comme une condamnée sa mort. Elle attend, encore, que tout prenne fin, qu'il s'essouffle et qu'il n'en puisse plus. Elle attend sans bouger, elle se tient incroyablement droite et elle arrive à relever le menton dans un geste d'arrogance désinvolte. Elle attend qu'enfin, les balles arrêtent de déferler sur son visage, écorchent ses joues, érafle, égratigne son masque de grandeur derrière lequel elle se cache, ce rôle qu'elle s'est incombé de jouer.

Mais, ô non, elle ne cède pas, elle ne lâche pas même si elle doit finir avec les mains en sang, le cœur en miette, broyé, elle ravalera ses hurlement d'agonies au fond de sa gorge, dans son œsophage jusqu'à l'asphyxie : elle ne cédera pas, ce serait trop d'honneur, trop de joie à ce monde sans valeurs. Elle sent leurs yeux brillants braqués sur elle, leurs sourires de charognards sur le bord de leurs lèvres, qui ne désirent que de voir sa chute, que de la voir se briser comme de la porcelaine sur le sol, se délecter de son visage arrogant fissuré. Elle contre le monde. Mais, Lula, elle ne tremble pas, parce que cet amas de sons, de mots en déroute ce ne sont que des reproches qu'elle connaît par cœur, sur le bout des doigts, tellement qu'elle s'y ait lentement habitué. Ils ne l'effleurent même plus et seule la surprise, muette, outrée reste comme un goût amer au fond de sa gorge.

« Des rumeurs sur ton compte, j'en ai entendu des vertes et des pas mûres et fais moi confiance, j'avais absolument pas envie d'y croire. Je suis conscient que c'était pas gagné pour passer ne serait-ce qu'un moment avec toi notamment parce qu'on passe notre temps en classe à se mettre l'un l'autre des bâtons dans les roues pour être le premier. Pourtant crois moi, quand je t'ai vu tout à l'heure sous la pluie, je me suis dit pour la première fois que tu avais besoin d'aide. » Lula, elle pince les lèvres. Elle écoute. Mais qu'elle est laide avec son regard froid, son indifférence gravée à même la peau blanchâtre, qu'elle est laide avec ses cheveux blonds trop impeccables qui font plastiques, laide avec ses épaules trop pointues, osseuses, qui lui concèdent une apparence risiblement vulnérable, méprisable. Qu'elle est laide avec sa bêtise jusqu'à là, sa fierté orgueilleuse qui crie à sa supériorité, qui crie tu ne m’atteint pas microbe, minuscule insecte alors que tout le monde sait. Tout le monde voit que les forteresses tiennent à peine, qu'elles se sont mis à trembler, à glisser sous les coups. Tout le monde a vu qu'elle se faisait acculé un peu trop près du vide, que le bord n'était pas si loin de ses pieds ensanglantés.

« J'ai pensé que tu serais capable de remballer ta soi-disant fierté. Sauf que le problème, c'est pas les autres. C'est pas le reste. C'est toi. » Ses mains se sont soudain accrochées à sa tasse brûlante dans un soubresaut, une pulsion désespérée. La tête lui tourne et elle a des haut-le-cœur, elle se sent soudain toute pâle et fiévreuse, toute patraque. Alors comme une noyée à sa bouée, elle s'accroche à sa tasse qui lui brûle les doigts et elle serre encore plus fort, sans sentir la douleur vivace qui commence à la picoter ou plutôt, sans vouloir s'en défaire. Comme si en relâchant ne serait-ce qu'un peu son étreinte, elle allait soudain s'enfoncer dans le vide, dans le noir, que tout allait se dérober sous ses pieds.

J'ai mal. J'ai mal. J'ai mal.

La cadette Marshall aurait voulu l'interrompre d'une réplique plus tranchante que jamais encore, qui lui abîmerait le cœur en deux, elle aurait voulu pouvoir l'interrompre pour se boucher les oreilles en fermant les yeux très forts comme quand elle avait peur du noir et que son géniteur la prenait entre ses grands bras. Elle se sentait petite fille, elle se sentait envie à pleurer dans les bras d'une présence réconfortante, elle se sentait mise à terre, acculée, au sol. Elle se sentait faible et écrasée. Et son corps refusait de répondre, il se révoltait contre la tyran, refusant de formuler quoi que ce soit, les pensées embrumées, entremêles dans un énorme nœud. Elle aurait voulu courir à en avoir les poumons en feu, les pieds en sang, les genoux sanguinolents, courir loin de tout. Mais, elle restait comme fixée sur sa chaise.

« Et moi, je laisse tomber. Reste donc dans ton univers, coincée, toute seule en stupide reine. Et dans quelques années, quand t'auras envoyé tout le monde sur la lune, tu seras toute seule. A jamais. Mon chocolat, fais-en ce que tu veux. Tu peux le boire ou le jeter à travers la salle, j'en ai rien à faire. Salut. » Il a sorti l'argent, il l'a plaqué d'un geste agacé sur la table et il a tourné les talons sans un mot, il est parti en la laissant là : seule, tremblante, incapable d'aligner deux pensées correctement. Il est parti, la laissant seule avec la tornade qu'il a laissé éclater sur la princesse. Elle a la gorge nouée, les jambes qui tremblent, qui peuvent à peine la porter et elle fixe d'un air vide, hébété sa tasse qui lui crame les doigts. Ses muscles se crispent sous la douleur mais, elle ne bouge pas. Elle ne peut pas, elle se sent étouffée sous le poids de ses mots qui pèsent sur sa poitrine, qui l'entraînent vers le bas. Ils pèsent soudain si lourds tous ces mots qui ne lui faisaient rien, si lourds qu'elle n'est pas sûre de pouvoir les porter longtemps.

Lula, c'est une petite princesse arrogante qui essaye d'avoir la tête sur ses jambes tremblantes, l'air digne malgré son air déchu, celle qui essaye d'aligner un pas devant l'autre sans arriver à marcher droit. Mais, elle n'avait jamais eu l'habitude que tout lui tombe dessus, elle n'avait pas imaginé que ce garçon tout doux, tout naïf pourrait se soulever contre elle et laisser déferler tant de colère, tellement qu'elle ne pouvait que se faire renverser en arrière de recevoir la vérité en pleine face. Elle en restait estomaquée, choquée, elle en restait hébétée comme si elle venait de se prendre la plus grande calque de sa vie : pourtant des mots durs, elle en avait entendue la reine de glace, la pauvre conne. En petite dose, si faible, de gens si insignifiants au final qu'elle avait fini par réussir à y être insensible : à ravaler les larmes qui valsaient sur le bord de ses yeux.

Elle déglutit, lentement, calmement et avec minutie, l'adolescente commença à ranger les morceaux, à ramasser, à trier, à remettre en ordre ce qui se devait de l'être. Une douleur violente, terrible la fait sursauter et elle arrache ses mains de sa tasse dans un sursaut : elles sont rendues rouges, terriblement rouges et douloureuses. Brûlées, consumées, sales, mourantes, laides. Ses doigts sont crispés, ça fait mal. Elle n'ose plus les bouger. Elle devrait se lever et passes ses doigts sous l'eau froide pour calmer la douleur mais, elle ne peut pas. Elle n'y arrive pas. Au moindre mouvement, malgré l'ordre qu'elle essaye de remettre dans sa tête en vrac, secouée, elle sent qu'elle va juste tomber. Tomber, tomber sans jamais s'arrêter.

Noah est revenu s'asseoir, sans explications, sans un mot. Le gentil garçon est finalement revenu après avoir mis l'orgueilleuse poupée dans tous ses états mais, le goût de la rancune semble naître dans ses yeux de glace qui ne comprennent pas, avant de le fusiller et de s'en détacher complètement. Elle ne veut plus le voir. Elle ne veut plus le voir. Elle ne veut plus le voir. Jamais. Celui qu'elle tolérait bien qu'il se montre incroyablement agaçant, n'est plus admis dans son champs de vision. Elle ne veut même plus avoir à prononcer mentalement son nom, à penser à lui. Elle. veut l'effacer comme on gommerait une tâche gênante. Parce que tout lui semble soudain de sa faute, et d'un geste du menton, elle décharge toutes les fautes sur ses épaules maigrichonnes dans son mutisme. Elle assassine, elle maudit, elle lapide, elle broyée de son regard de marbre voilé.

Les mots restent au fond de sa gorge, la lame ne semble pas vouloir être dégainée pour lui cracher au visage. Alors, elle se sent conne, elle a mal, aux doigts, à la tête, elle se sent qui étouffe. Elle se lèvre d'un pas pressé, elle court jusqu'aux toilettes comme une danseuse, sur la pointe des pieds. Elle fait couler l'eau froide sur ses mains.

Et elle se laisse tomber contre le mur.

Elle ne veut pas sortir.

(OKAY j'mis 3 ans à pondre ça où il se passe pas plus de choses que la première version à part que Lula vire maso et qu'elle adore Noah là. Cey pourri mais. mais je. JE T'AIME D: ♥ ) (gomen tu peux me tapeeer )
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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Jeu 3 Jan - 12:09

Noah, c'est ce gentil garçon qu'on croise dans les magasins qui va attraper les peluches en haut des étagères pour les plus petits, c'est ce p'tit intello qui a presque toujours bon mais qui pour rien au monde ne se vanterait et aide toujours les autres. Noah, c'est ce bout d'humain qui a le coeur sur la main et qu'on imagine pas autrement que ce qu'il est. Alors c'est sur que quand on change un peu les choses, quand on modifie ce qui n'aurait pas du être possible, ça choque. Ça détonne. On refuse de croire que le poison soudain déversé vient du jeune Evans parce que ça paraît tellement irréel qu'on imagine forcément que l'on croit rêver. On se pose des questions et celles ci résonnent si fort dans notre tête qu'on a même plus envie de comprendre.
Il a fait face à la reine. Qu'on lui coupe la tête.

Ses yeux restent fixes, décidés. Non non non, il ne bougera pas le bougre. Et il se sent con. Incroyablement stupide, complètement crétin. Il se mord la lèvre, légèrement afin de ne pas se mettre à saigner, mais suffisamment pour sentir la douleur. Il ne devait pas oublier qui était en face de lui. La froideur en personne. Il aurait voulu repartir, affronter la pluie même en caleçon, tout, tout sauf elle. Parce que elle, elle lui sort par les trous de nez, elle n'arrive pas à se mettre en tête que tout le monde lui en veut et pourtant tout le monde n'est pas si mauvais, elle est incapable de se dire la vérité. Et ça, ça l'insupporte, lui le petit maniaque car il ne comprend pas comment elle ne peut pas saisir ça, comment elle fait pour continuer d'avancer. Comme lui elle se cache, mais il lui semble qu'elle n'a aucun support autre que sa froideur alors il se demande se qu'il y a en dessous. Et ça lui tape sur le système qu'il ne puisse pas prévoir ses réactions, qu'il n'ait aucun moyen d'organiser des plans dans sa tête au sujet de la demoiselle. Elle l'énerve, elle l'énerve, elle l'énerve. Peut-être qu'il est jaloux d'elle car mieux que lui, elle peut cacher ses émotions. Peut-être qu'il l'envie car elle n'est pas une gentille petite niaise toute mignonne qui ne peut refuser quelque chose à quelqu'un. Trop de question.
Oui, il pourrait dire qu'il la haït. Mais non.
Parce que la haine est proche de l'amour et que ça, il est incapable de le savoir.

Elle semble être en proie au désarroi le plus total. Magnifique mon Nono, maintenant, t'arrives même à faire tourner la tête des filles qui t'ont rien demandé. Diantre, que tu parais étrange sans ton sourire amical, que tu es vide sans tes paroles réconfortantes. Tu n'es même plus le gentil garçon du premier rang. Maintenant, tu es celui qui anéantit ceux qui n'ont presque aucune prise. Comme elle. Elle grimpait sur cette falaise seule et tu lui as retiré la corde qui la maintenant encore à peu près en sûreté. Si elle tombe, elle s'écrase. Et tu seras responsable.
Elle se lève, elle panique. Tu le vois, tu le sens. Tiens, regarde, elle s'enfuit. Ah non. Elle va juste aux toilettes. Et toi, tu l'observes avec le plus grand calme. Qui est tu mon Noah ? Je ne te reconnais pas.


Elle court jusqu'aux toilettes et le gamin Evans la suit tout du long de sa fuite. Il remarque que la tasse est à moitié vide. Elle a du se brûler, la tasse comme le thé est bouillante. Elle a du souffrir, juste pour se taire. Pour lui, pour ce mioche sans grand intérêt. Il ne comprend pas. Ou plutôt s, il comprend la raison. Le pourquoi en partie. Mais lui n'aurait jamais fait ça. La question qu'il se pose, c'est "Comment en est-elle arrivée là ?". Il inspire profondément et se perd dans la couche mousseuse et parfumée au dessus de son chocolat. Elle n'y a pas touché. Elle aurait pu, mais l'avait laissé tel quel, comme si au fond, elle avait espéré son retour. Il pose sa main contre sa tasse et la retire immédiatement avec une grimace aux lèvres et les sourcils froncés. Bordel, c'est chaud !! Bon. Que faire. Attendre ? Non. Partir ? Déjà tenté, mais il est revenu. Le patron le prendrait pour un lâche. Attendre alors. Il n'ose plus bouger de peur de prendre la mauvaise décision. Lui qui aime tout planifier, tout contrôler, a l'impression d'être le roi aux échec. Il se sent menacé, ne peut bouger que d'une case. Il est la cible à abattre, celle pour laquelle la partie est lancée. Marshall serait probablement une tour ne pouvant avancer que suivant les lignes ou les colonnes. Mais tellement destructrice sur son passage.

"Marshall... ? C'est moi. Noah. Je... Je sais qu't'es là. J'ai demandé au patron, y a qu'une cabine de toilettes. Je me doute que tu m'ouvriras pas, mais fais l'effort d'écouter. Je compte pas m'excuser parce que de nous deux, c'est toi qui a été mauvaise en premier. Tu auras beau penser le contraire, moi je n'ai fais que ce que je fais d'habitude, c'est à dire être gentil avec les autres. Peut-être que tu l'as pris pour une offense, mais ça c'est ton problème. Je vais pas te forcer à sortir de cette cabine mais... Ton thé refroidit. Et au fond, je suis sur que tu n'es pas ce que tu prétends être. Tu es un peu comme moi, alors c'est même plus qu'une certitude."


Finalement oui, il avait prit l'option "aller lui parler". Il avait aligné des possibilités et celle lui avait semblé la moins stupide de toutes celles qui lui étaient venues à l'esprit. Tranquillement, il avait bu une gorgé onctueuse de chocolat ce qui l'avait non seulement apaisé mais aussi réchauffé. Il lui restait un peu de fierté pour ne pas s'excuser, mais il se sentait coupable de l'avoir mise dans cet état même si il était conscient qu'elle s'y était en partie mise toute seule. Tout doucement, Noah s'était levé et approché des toilettes, un papier dans les mains. S'était assis contre la porte devant les visages interloqués des quelques clients. Leur avait envoyé un haussement d'épaule, ainsi qu'un sourire exaspéré au Chef. Il l'aimait bien ce gars. Puis, il avait parlé. Et devant le peu de réactivité à laquelle il fit face suite à sa tirade, il réalisa un avion en papier qu'il posa sur la paume sa main. Un souffle, et l'avion décolle. Le gamin le suit du regard alors que sa création tournoie dans la salle, pendant qu'elle prend de la vitesse, puis s'élance. Se déplie, passe sous la fente de la porte. Redevient un avion de l'autre côté, mais ça il ne le voit pas.

Sur ce papier, des mots.
Faisons un pacte. Tu m'aides pour mon exposé à la con, je t'aide à sortir de ton mutisme. Tu n'as rien à perdre.
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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Sam 19 Jan - 15:58


❝ light me up a cigarette and put it in my mouth, you're the
only one that wants me around and i can think of a thousand
reasons why...
L'adolescente ramena ses jambes contre elle, repliant ses mains à demi-closes sous son dos courbé, recroquevillée sur elle-même dans une position de défense. Et elle sentait les larmes qui valsent au bord de ses yeux, elle sentait son cœur qui est tellement lourd et tous les mots de Noah qui pesaient sur sa tête, comme un poids dont elle ne pouvait se défaire et qui l'écrasait complètement. Elle se sentait étouffer, s'étrangler alors avec désespoir, elle inspirait les plus grandes bouffées d'air qu'elle n'avait jamais prise, jusqu'à ce que ses poumons explosent d'avoir été trop remplis, comme des ballons. Le carrelage semblait gelé et les murs si durs. Et elle se sentait rapetisser, retrouver sa chambre aux murs roses pour se rouler en boule sous ses draps et la voix familière qui lui dit que tout ira bien en lui caressant les cheveux. Même si c'est un énième mensonge, même si tout le monde sait que tout n'ira pas bien, elle y croyait toujours un peu. Avec les rideaux pastels dans lesquels se reflètent les rayons du soleil, les dessins aux murs et les étagères couvertes de jouets, de photos, de petites babioles sans intérêt mais si chères, si précieuses au cœur. Lula, elle se sent faible et minuscule, ridiculement minuscule.

« Marshall... ? C'est moi. Noah. Je... Je sais qu't'es là. J'ai demandé au patron, y a qu'une cabine de toilettes. Je me doute que tu m'ouvriras pas, mais fais l'effort d'écouter. Je compte pas m'excuser parce que de nous deux, c'est toi qui a été mauvaise en premier. Tu auras beau penser le contraire, moi je n'ai fais que ce que je fais d'habitude, c'est à dire être gentil avec les autres. Peut-être que tu l'as pris pour une offense, mais ça c'est ton problème. Je vais pas te forcer à sortir de cette cabine mais... Ton thé refroidit. Et au fond, je suis sur que tu n'es pas ce que tu prétends être. Tu es un peu comme moi, alors c'est même plus qu'une certitude. »

La cadette Marshall sursauta, pressant ses mains l'une contre l'autre pour se retenir de se boucher les oreilles. Elle se redressa, collée contre le mur, les lèvres pincées en une horrible grimace, les yeux rouges et les joues trempées, les mains en feu. Le cœur qui tambourinait dans sa poitrine, tellement fort qu'elle se demandait s'il n'allait pas finir par la lâche avant qu'elle n'entende la fin. La tirade est finie, mais, elle en reste silencieuse, abasourdie. Elle aimerait avoir la force de se relever pour taper contre cette porte avec colère, lui crier qu'il avait tout faux, sur tout. De toutes façons, c'était sa faute et elle ne voulait plus jamais lui parler, qu'elle le détestait avec son sourire trop gentil et puis, pourquoi est-ce qu'il voulait être gentil avec elle d'abord ? Elle ne lui avait pas demandé sa pitié ou sa gentillesse ou quelque autre sentiment de la sorte. Elle n'en voulait pas ! Alors, pourquoi est-ce qu'elle s'acharnait alors qu'elle s'efforçait à le pousser si loin d'elle ? C'était tellement plus simple avec les autres, pourquoi rendait-il tout plus compliqué? Ils repartaient, passaient et elle disparaissait de sa vie. Ils ne faisaient plus attention à elle, elle devenait invisible, un fantôme qui brillait juste par sa constante domination dans le domaine scolaire. Et c'était plus simple comme ça, plus facile d'affronter un problème de maths que le reste, il y avait une procédure à suivre, point. C'était mécanique.

Un avion passa sous la fente de la porte, attirant l'attention de la gamine qui a plaqué ses mains contre ses lèvres pour retenir ses derniers sanglots. Elle a toujours était une petite fille pleurnicheuse, elle a toujours beaucoup trop pris les choses à cœur et a souvent éclaté en sanglot pour des choses qui n'en valaient pas tant. Même si elle a essayé de se donner des airs, même si elle a commencé à donner l'impression qu'elle était plus forte et plus adulte qu'elle ne l'était en prenant des mines sérieuses, en ayant l'air désintéressée et en se focalisant sur l'avenir. Mais, malgré tut ce qu'on a beau dire, tous les masques qu'elle essaie d'enfiler, Lula reste encore cette môme pleurnicheuse qui allait se cacher dans les bras maternels au premier problème, à la première difficulté qui pointait le bout de son nez. Elle avait encore besoin de quelqu'un à qui s'accrocher même si elle rejetait le monde en bloc.
Lula déplia précautionneusement l'avion en papier, comme si elle eut une bombe entre les doigts, presque hésitante d'en lire le contenu qui était le suivant : Faisons un pacte. Tu m'aides pour mon exposé à la con, je t'aide à sortir de ton mutisme. Tu n'as rien à perdre. L'adolescente fronça légèrement les sourcils, relut plusieurs fois ces quelques mots écrit d'une main maladroite. Dans un geste de colère, elle froissa le papier en une boule : elle n'avait aucune envie de faire un pacte ou de l'aider à quoi que ce soit. Elle ne voulait plus lui parler. Mais, au lieu de jeter la boule de papier, elle resta entre ses doigts rouges, sa peau brûlée comme incapable de réellement quoi savoir en faire.

Maladroitement, presque chancelante, la cadette Marshall se dirigea jusqu'aux robinets pour y faire couler de l'eau aussi glacée que ses mots habituels, plongeant son visage rouge sous l'eau en le frottant énergiquement pour en effacer toutes les larmes, toutes les peines qui pesaient dessus. Elle frotta fort, très fort. Nouvelle inspiration. D'un geste sec, Lula ouvrit la porte à la volée, délogeant son occupant au passage.

« Je veux le sujet. Et ce que t'as fait. » dicta-t-elle d'un ton autoritaire. Un peu surprise par sa localisation, elle le fixa quelque instants avant de relever les yeux pour ne pas montrer ses yeux encore humides. Elle lui jeta la boule de papier sur la tête.

« Et je ne suis pas comme toi, alors évite de nous comparer s'il-te-plait, ça en est insultant... » Lula s'apprêtait déjà à le planter pour s'installer à leur table et commencer le travail.
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Noah J. Evans
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Lun 27 Mai - 20:58

Il attend. Une seconde, puis une deuxième. La troisième est encore plus lente que les précédentes. Ne parlons pas de la quatrième. Vous voyez le funambule à des mètres de hauteur du sol, sans filet de protection. Il a l'impression d'être à peu près pareil et que le fil est aussi fin que celui d'une toile d'araignée et qu'il peut se rompre aussi facilement qu'une brique aux mains d'un samouraï. Il en est conscient de tout ça. On raconte que dans ses derniers instants de vie, on voit son passé défiler devant soit. Peut-être y a-t-il un peu de vérité dans les légendes. Pourtant ce n'est pas le passé qui occupe son esprit. C'est elle. Toujours elle.
Parce qu'elle l'intrigue, il se questionne.
Parce qu'elle le déteste, il doute.
Parce qu'elle n'est qu'une glace à briser, il assume.
Et il a beau retourner la situation dans tous les sens, il n'en voit pas l'issu. Alors ça le perturbe, lui qui aime tout diriger et tout prévoir. Ça l'énerve de se dire que si quelque chose va de travers il ne l'aura pas vu venir, de savoir que pour une fois c'est le hasard qui va prendre les choses en main. Oui, ce petit cerveau sur patte refuse que quiconque dirige ses faits & gestes. Et la cause, car on en revient toujours au même point, c'est elle. Le funambule avance petit à petit avec précaution. Tout comme lui, Evans redoute le coup de vent, le moindre souffle qui pourrait le déstabiliser. Oh qu'il en a peur.
A moins que ce ne soit une tempête. Ou pire.

Il se sent partir en arrière et se rattrape pas à temps. Oups. Il ne l'a pas entendu bouger et a surement l'air d'un véritable abruti aplati à ses pieds comme une vulgaire crêpe qui aurait mal atterrie dans la poêle. Vu d'en bas, l'air hautain qu'elle aborde lui paraît encore plus grandiose. En effet, "tout est question de point de vue" semble une expression plus compréhensible maintenant. Quoi qu'il en soit, il du se relever vite, au moins revenir assis, pour conserver le peu de crédit qu'il pouvait encore avoir auprès de cette fille. Elle ne le regardait même plus à présent et la seule vue qu'il avait était, et il n'allait pas s'en plaindre, sa poitrine. Il se prit une boulette de papier sur la figure et capta enfin qu'elle lui avait parlé. Elle continuait d'ailleurs. ais son attention était ailleurs.

"Heu... Oui, pardon, quoi ? Mon devoir. Oui. Mon devoir. Attend. Je... Oui, mon devoir. Tu m'aides à me lever ?"

Grand sourire du môme. Il lui tendit la main et ne fut absolument pas surpris qu'elle l'ignore totalement. Il soupira et dans une flemme incroyable, se mit limite à ramper au sol pour rejoindre leur table. Un mixte entre à quatre pattes et le serpent. Oui, lui il n'avait rien à perdre. Mais si il arrivait à coller la honte un peu plus à Lula, il serait fier. Bordel. Il ne captait plus rien à sa vie. Depuis quand il était capable de se ridiculiser à ce point ? T'es pathétique mon pauvre garçon... Il arriva à hauteur de son sac sous le regard amusé du barman qui les surveillait du coin de l'oeil et sortit la feuille de son devoir.

"Voilà. C'est Sifakis la prof de science (tu vois qu'ils servent nos persos crées en début d'année //POELE) qui m'a collé ce truc là soit-disant que j'ai pas écouté en classe. Ok. Tu l'as vu, elle s'est acharné sur moi comme pas possible. Bref. J'ai récupéré ça, et si ya bien un chapitre sur lequel j'aimerai que tu m'aides, c'est celui là. Mais il nous reste moins de 40 minutes sauf si bien sur tu acceptes de dépasser le temps que tu dois passer avec moi. T'en penses quoi ?"
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E. Lula Marshall
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MessageSujet: Re: ❝ Ça me rend dingue, ça m'fout en l'air.   Mar 28 Mai - 18:24


❝ OH, YOU LOOK GOOD WITH YOUR PATIENT FACE AND
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« Heu... Oui, pardon, quoi ? Mon devoir. Oui. Mon devoir. Attend. Je... Oui, mon devoir. Tu m'aides à me lever ? » Tu entends tes pas qui claquent sur le sol alors que tu l'ignores, lui et son sourire de gamin, lui qui a le sourire du paternel, lui qui ne semble avoir peur de rien. Jamais. Lui à qui, finalement, tout a sûrement dû toujours sourire et finalement, tu ne peux pas t'empêcher de te sentir une énième fois jalouse de lui, de ressentir ce petit pincement au cœur en te demandant pourquoi les autres et pas toi. Tu entends le grincement de la chaise que tu tires et te laisses tomber dessus, essayant de lever les yeux pour garder un peu de dignité après votre scène qui a dû attirer toute l'attention du petit café.

Tu tournes les yeux, trouvant qu'il met un peu de temps à venir, dans un soupire : il se traîne littéralement comme un bambin sur le sol. Il se traîne, a un peu de mal, peine et se tortille comme un vers de terre. Rapidement, tu détournes les yeux dans un soupire agacé. Il est ridicule. Complètement ridicule, tout à fait ridicule et tu as honte qu'on puisse vous associer, parce qu'il te met dans une position délicate, inconfortable. Et pourtant, il t'a arraché un sourire, un minuscule sourire du bout des lèvres, le temps d'un instant, à se tordre comme ça. Il t'a arraché un sourire, l'enfoiré.

Il finit par te tendre le devoir que tu attrapes, reportant ton attention dessus pour ne pas le fixer. Sifakis ? Tu lèves un sourcil, dubitative, tu le pensais plus sérieux. Et puis, l'enseignante était plutôt connue pour aimer se faire remarquer surtout par quelques élèves masculins...Tu ne l'avais jamais apprécié, tu la méprisais même pour se montrer si inconsciente et dévergondée. Au fond, même si tu aurais pouvoir dire que cela t'étais le plus égal du monde, tu n'aimais pas l'idée qu'elle puisse s'intéresser à Noah. Mais. Noah. Noah, il était gentil avec tout le monde de toutes façons ? Il était comme ça avec tout le monde non et pas qu'avec toi, juste toi ?

C'est un chapitre difficile, tu dois l'avouer et une sentence plutôt ingrate, peut-être même injustifiée. Mais, tu ne l'avoueras pas. Pas plus que tu as mis un peu de temps à le comprendre totalement, qu'il t'as fallu un peu plus que d'habitude pour y arriver. C'est le chemin difficile de l'excellence : le travail. De toutes façons, tu n'as vécu que pour ça, tu n'as toujours fait et pensé qu'à ça, travailler pour palier à quel point ça ne tournait pas rond chez toi, à quel point tu étais ennuyeuse. Tu n'as toujours su faire que ça. Tu reposes la feuille sur la table, évitant toujours un contact trop direct. Parce que tu as honte d'être tombée si bas et qu'il soit témoin de tes murailles qui se craquèlent jusqu'à céder.

« ...Alors, le petit génie, t'as peur d'un petit chapitre de physique ? En quarante minutes, ça sera un jeu d'enfant. A moins que tu ne te sentes pas capable de tenir la distance ? » Tu lances, un peu mauvaise parce qu'au fond, tu grinces des dents. Tu as promis de rester une heure et tu sens qu'il faut vraiment que tu rentres parce que le gamin Evans t'as épuisé, il t'as poussé dans tes limites et que tu as besoin de juste respirer en te cachant sous tes couvertures comme une gamine, comme quand t’avais six ans. C'était presque ton jeu préféré et puis, Maman, venait avec toi et c'était tout doux. Tu as besoin d'enfouir ta tête entre tes mains et de t'arrêter de penser. Parce que de vous deux, c'est toi qui te sens incapable de tenir la distance.

Tu commences à expliquer, un peu maladroitement parce que ce n'est pas quelque chose que tu aimes faire et tu reprends plusieurs fois, tu es un peu à court de mots parfois. Tu ne te sens pas le plus à l'aise mais, tu essayes de garder le menton relevé comme si cela t'étais le plus naturel du monde. Tu fronces un peu les sourcils, tu grommelles beaucoup, tu soupires encore et encore, tu lui attrapes le stylo des mains pour le reprendre quand il s'égare, quand il se trompe ou qu'il hésite trop. Mais, tu es un peu moins brusque comme si tu avais moins envie de le chasser à l'autre bout de la pièce.

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