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 beer is cheaper than therapy ♛ beverly

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Romeo H. Walker
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MessageSujet: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Ven 18 Déc - 12:45

BEER IS CHEAPER THAN THERAPY
Romeo avait la tête qui tournait, le monde qui se mettait à tanguer autour de lui et affreusement, horriblement chaud.

L’adolescent se fraya un chemin dans la masse furibonde, extatique, qui le ballotait de droite à gauche au gré des basses boostées. Boom boom boom, on n’entendait que ça et ça lui donnait l’impression d’avoir un marteau qui tapait contre son crâne. Il se faufila jusqu’à la cuisine où quelqu’un avait lancé un bière-pong, tapa vaguement dans quelques mains, esquiva un éclat de rire avant d’arriver jusqu’au frigo d’où il sortit machinalement une bière.

Un frisson parcourut son bras au contact du verre glacé contre sa peau. Romy se laissa ensuite porter jusqu’à la porte du jardin, naviguant entre les couples collés à la glue. Le sol semblait toujours sur le point de se dérober sous ses pieds, le froid hivernal lui mordit la peau mais, il le sentit à peine alors qu’il enfilait maladroitement sa veste et remonta lentement la fermeture éclair. Son pouls lui sembla soudain incroyablement élevé et il sentit un peu de sueur au creux de ses omoplates.

Ce soir, Romeo avait la tête en vrac et le seul nom qui lui restait au travers de la gorge c’était Sandy. Ce soir, les filles riaient fort, elles dansaient et chantaient mais, il n’en voyait aucune qui brillait comme Sandy. Désespérément, il cherchait comme un dernier espoir sa chevelure pastel, il rêvait encore un peu du goût de ses lèvres. Sandy Sandy Sandy. Où était-elle ? Que faisait-elle ? Sandy Sandy Sandy. Son sourire et son rire et ses yeux. Sandy partout, sur les murs, dans chaque silhouette ou chaque recoin de sa tête. Sandy nulle part.

Les yeux rouges de l’adolescent se posèrent sur une silhouette familière et solitaire, au bord de la terrasse. Il hésita un instant mais, vraiment, il était bourré ou il n’aurait qu’à balancer ça comme une excuse. Peu importe. Au pire, elle l’insulterait et il lui dirait d’aller se faire voir, comme d’habitude. Peut-être même qu’il avait envie de se faire crier dessus pour oublier.

Avec nonchalance, Romy s’installa à côté de Beverly en décapsulant sa bière d’un coup sec contre le rebord. Il but une longue gorgée. Et là, il se sentit incroyablement bête parce qu’aucuns mots ne lui venaient à l’esprit, pas même une insulte, pas même une petite remarque moqueuse, pas même Barbie ou blondie. Il se contenta ou plutôt s’acharna à regarder droit devant lui, à fixer la voute étoilée et les ombres des immeubles de la ville, assis là à côté de Beverly, une bière à la main et le crâne trop vide ou trop plein, il n’en était pas bien sûr.

Ce soir, elle semblait un peu triste et peut-être que lui aussi, peut-être même qu’il n’avait pas envie d’être triste tout seul. Et puis, il avait envie de lui demander ce qu’elle faisait là, pourquoi elle n’était pas avec ses autres copines à jouer à miss Amérique, depuis combien de temps, où était Sandy et puis, surtout, il avait envie de lui demander pourquoi elle était triste. Ou peut-être que non, il n’était pas très bon pour consoler les filles Romy. Il n’aimait pas vraiment ça.

Et surtout pas Beverly.
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Beverly R. Waverly
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MessageSujet: Re: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Mar 22 Déc - 18:38

beer is cheaper than therapy — ft. romeo

a little party never killed nobody



D'habitude, aux soirées, Sandy vient toujours avec moi. Depuis tout le temps, elle vient toujours avec moi. Même, je me souviens, notre première soirée c'était chez Paul Kuratowski. On avait quinze ans, je voulais pas trop y aller mais Sandy oui et on finissait généralement par faire ce que Sandy avait décidé qu'on allait faire parce que, moi, j'avais jamais trop de plan B ou quoi à part regarder des films à la télé et Sandy aimait pas les mêmes films que moi. Enfin bon, tout ça pour dire qu'on avait terminé chez Paul Kuratowski. Il avait une immense baraque ce gars, plus grande que la mienne, et il y avait tellement de monde qu'on connaissait pas, et tellement de boissons dont je connaissais et ne connais toujours pas le nom. En fait, je suis même pas sûre qu'on connaissait trop Paul Kuratowski. Il avait trois ans de plus que nous, il était grand, Sandy avait entendu qu'il faisait une soirée en passant dans un couloir et c'est tout. On avait jamais été, il fallait bien qu'on aille un jour. On avait fini dans la baignoire avec des tequilas sunrise. On avait fermé la porte de la salle de bain à clé et on avait vidé tous les produits de sa mère dans le bain pour que ça mousse et que ça sente bon et qu'on soit belles. On était parties vers trois heures du matin, c'était pas si tard que ça, mais maman était déjà super en colère en me voyant débarquer. Et depuis, toutes mes soirées, c'était chez les autres, mais c'était avec Sandy. Moi et elle, pas trop les autres, c'était tout. J'aime pas le regard des autres sur moi, j'aime pas les mains sales des garçons qui se perdent quand ils ont bu un verre de trop et pensent que tout est permis. J'aime pas en fait j'aime que la musique des fois, les boissons sucrées qui me font tourner la tête et oublier un peu que je suis grosse et moche, et j'aimais Sandy. Nos conversations le soir, quand plus personne à part nous savait ce qu'il disait. Sandy savait toujours me dire quand il fallait que j'arrête de boire.

Mais ce soir, Sandy était pas là. J'avais l'impression que ça faisait des années que j'étais pas sortie, que j'avais pas fait quelque chose d'autre que lire des magazines et regarder la télé. C'est pas que ça m'ennuie, mais je sais que si je veux devenir célèbre il faut que je cultive mes relations. C'est maman qui disait ça. Mais la vérité, je sais pas comment je pourrais cultiver des relations. C'est pas des radis, et je me vois pas arroser mes copains. Je comprends juste que je dois avoir des relations. Alors je me suis dit que j'allais aller à cette soirée dont toute la promotion parlait depuis des jours. Si tout le monde en parlait, c'était que j'allais pouvoir avoir plein de relations, et devenir très célèbre. Mais Sandy était pas là. Les gens étaient pas intéressants et Sandy était pas là. J'avais mis une belle robe pourtant. Je pensais que tout le monde allait m'admirer, et personne ne m'a admirée. Personne me connaissait. La musique était trop forte, trop nulle, trop tout et rien. T'avais ce groupe qui jouait à plein de jeux débiles que je comprenais pas. J'ai dû prendre un verre. Voire quatre autres. Sandy savait toujours me dire quand il fallait que j'arrête de boire.

J'ai renversé un peu de mon troisième verre sur ma robe, ça m'a rendue triste, c'est pour ça que j'ai pris le quatrième. Sinon j'aurais pas pris le quatrième. Mais après, après je me sentais pas bien, parce que j'avais pris un quatrième verre et que j'avais l'impression que mes cheveux étaient sales et c'est pas mon genre. Alors, j'ai pris un cinquième verre. J'aime la couleur du verre. Il y a cette grenadine qui flotte au fond, et le jus d'orange juste au-dessus. Ça se mélange quand je tourne ma paille, les glaçons claquent, et puis plus rien, tout redevient comme avant. Joli comme avant. C'était joli, ma  vie, avant, je crois. Maintenant je sais plus. T'as tout qui m'échappe. Avant je savais ce qu'il fallait faire. Quelle crème mettre le matin, quel gommage, quel shampoing, quelles chaussures avec quel jean, quel vernis. Sandy savait me dire. Moi je sais pas. Peut-être que Romeo sait. Le problème c'est que même au bout de cinq verres, je sais qu'il est trop débile. Il saura jamais. Je sais même pas ce qu'il fout là. Il fait que se moquer de moi. Sauf là. Il regarde devant, dans la nuit, dans les étoiles, les étoiles éphémères parce que c'est que des petites lumières qui sortent des fenêtres d'immeubles trop petits pour toucher le ciel même un peu. Il fait comme s'il était cool, avec sa bière juste décapsulée. Il fait comme s'il était pas triste que Sandy soit pas là. Mais moi aussi je suis triste qu'elle soit pas là, et j'ai un autre verre à boire, et une vie géniale à vivre, j'ai pas le temps de m'occuper de ce déglingué.

« T'as un problème ? Vomis pas sur mes chaussures, je suis déjà assez déprimée pour ma robe. »

J'ai envie de pleurer.
Je sais même plus trop ce que j'ai fait.
Sandy savait toujours me dire quand il fallait que j'arrête de boire.
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Romeo H. Walker
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MessageSujet: Re: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Dim 27 Déc - 20:18

ALCOHOL IS LIKE PHOTOSHOP FOR REAL LIFE
« T'as un problème ? Vomis pas sur mes chaussures, je suis déjà assez déprimée pour ma robe. »

Romeo ne retint pas un bruit d’agacement : il regrettait déjà son élan de gentillesse. En moins d’une minute, Beverly lui avait clairement rappelé qu’elle restait bel et bien Beverly malgré l’alcool montant et le son des basses qui s’échappait des murs. Et Beverly n’avait pas besoin qu’il lui tienne compagnie apparemment. Soudain, l’adolescent n’avait plus envie de savoir pourquoi elle était triste ou pourquoi Sandy n’était pas là, en fait elle lui pourrissait son moment de tranquillité avec son ton acerbe injustifié.

« Y a un panneau qui dit que c’ta propriété privée maintenant ? Mais, ok t’inquiètes je me casse, amuse-toi bien toute seule blondie hein. » Lança-t-il en se relevant.

Il lui jeta un dernier regard méprisant et s’apprêtait à lui tourner les talons mais, il fut arrêté net dans son élan. Peut-être que l’alcool lui montait à la tête ou c’était la clope qu’il avait tiré un peu plus tôt qui montrait des effets tardifs –il était quasiment certain qu’on n’avait pas mis que du tabac dedans. Peut-être qu’il était complètement raide et qu’il commençait à s’imaginer des choses mais, il aurait juré que Beverly était à la limite du verre de trop. Bien qu’il fasse sombre, il aurait parié sans hésiter qu’elle n’avait pas les yeux rouges et les joues empourprées uniquement à cause du froid hivernal. Elle avait encore un verre à la main et il remarqua enfin la tâche sur sa robe.

« Oy t’as bu combien de verres au juste ? »

Romy se mordit presque la lèvre d’avoir posé la question. Il aurait pu exhausser son vœu et disparaitre à l’intérieur pour le reste de la soirée, il aurait pu faire comme s’il n’avait rien remarqué parce que de tous, pourquoi était-ce à lui, Romeo, de s’occuper d’elle ? Ils se vouaient une animosité cordiale depuis trop longtemps maintenant pour imaginer enterrer la hache de guerre. Pourtant, l’adolescent n’arrivait pas à la laisser là, à elle-même dans un état d’ivresse plus ou moins prononcé bien qu’il se sentait à peine mieux. Il en était incapable et pour être honnête, c’était particulièrement désagréable.

« Putain. Ok donne-moi ton verre, t’as déjà assez bu. »

Il s’était positionné en face d’elle, les lèvres pendantes en se répétant à quel point cette fille était clairement une épine dans le pied, peut-être même qu’elle conspirait quotidiennement à lui pourrir l’existence jusqu’à dans ses heures de défonce. Il n’avait jamais compris ce qu’Oscar lui trouvait, ni Sandy. Elle était jolie, certes, mais, c’était bien tout ce qu’elle avait pour elle. Romeo connaissait tout un tas de filles comme elle, probablement même que s’ils étaient connus en d’autres circonstances, il aurait tenté sa chance pour la soirée mais, ça ne durait jamais vraiment. C’était comme un jeu pour passer le temps, une fois qu’on a vaincu le boss final, il n’y a plus rien derrière, c’est fini, vide, creux.

« T’as putain d’intérêt à te rappeler que tu m’as pourri ma soirée bordel. »

L’adolescent lui avait attrapé le verre des mains mais, il sentait le monde qui se dérobait tout autour de lui. C’était comme quand il avait huit ans et qu’il tournait, tournait encore et encore sur lui-même jusqu’à en avoir le vertige. Il avait une espèce de vertige là tout de suite même s’il essayait de se concentrer sur le visage de Beverly, ou sur le verre –ou était-ce son poignet- qu’il empoignait ou sur la bière qu’il n’avait pas encore poser ou bien encore sur son propre équilibre.
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Beverly R. Waverly
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MessageSujet: Re: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Lun 28 Mar - 16:22

beer is cheaper than therapy — ft. romeo

to be slowly dying



« Y a un panneau qui dit que c’ta propriété privée maintenant ? Mais, ok t’inquiètes je me casse, amuse-toi bien toute seule blondie hein. »

Bizarrement, je veux pas tellement trop qu'il parte. Je veux trop tellement qu'il parte pas. Allez pas croire. Je l'aime toujours pas. Mais je me sens tellement trop seule et triste. C'est pour ça Sandy elle savait quand est-ce que l'alcool arrêtait de devenir drôle pour devenir triste. Et dégoûtant. Et collant sur ma robe que j'ai payée trop cher. Je voudrais partir loin et rester là parce que je me sens déjà loin et là et nulle part. Je voudrais fermer les yeux et me réveiller et voir qu'il n'y a plus rien à penser, que tout est fait, que je n'ai plus qu'à vivre dans ce monde préfabriqué. Je suis pas une étudiante révoltée à la recherche de sa liberté ou de ses droits ou quoi. Je veux juste pas de problèmes. Jamais jamais jamais de problèmes. Et pas de questions.

Combien de verres, ça c'est une drôle de question.

Je tente de rire mais ça finit dans un gargouillis qui n'a rien à voir avec ce qu'une jeune fille distinguée devrait produire. Je me dégoûte. Pourquoi il part pas. J'essaye de demander, demander pourquoi il part pas, avec sa tête de mec un peu trop con pour être encore en vie. J'essaye et tout ce que je fais c'est m'accrocher à cette foutue rambarde avec toutes les maisons dehors qui dorment et qui respirent et qui dorment en respirant et c'est calme et si calme quand moi je me sens foutue en l'air loin derrière les étoiles. Tellement trop loin que les étoiles ne me voient plus. Il n'y en a plus pour moi. Des étoiles. Elles brillent pas. Pour moi. Je suis trop loin là. Ou trop près je sais pas. Je veux pas de questions. Je veux un énorme et putain et énorme monde préfabriqué où je puisse dormir et respirer calmement.

J'ai dit un gros mot. J'ai pensé un gros mot. Maman me détesterait pour ça. Elle est là vous savez hein elle est tout le temps là dans ma tête elle me surveille elle vérifie que je file pas trop de travers, que je reste propre et mince et jeune et que mon vernis s'écaille pas. J'en peux plus d'elle dans ma tête ça me rend dingue des fois en fait mais c'est maman je peux pas détester maman elle connait tout et moi je connais rien vous savez hein c'est comme ma boussole ou alors c'est Sandy ma boussole.

Quoi.

Et les lèvres de Romeo entrouvertes, puant l'alcool.

« Je pourris pas ta soirée je la rends enfin intéressante en fait. »

J'arrive pas à savoir si j'ai dit ça distinctement ou quoi. Quoi. Peut-être que la fin s'est perdue. Mon verre s'est perdu lui en tout cas, c'est clair. Il était dans ma main là vous savez et il y est plus. Il a pris le large. Bien raison. C'est un verre intelligent je crois. Ou alors il est dans mon autre main. Ah oui c'est ça il est dans mon autre main. Idiot de verre. Idiot de Romeo qui serre mon poignet trop fort comme s'il s'en servait pour pas tomber alors qu'il a la prétention de vouloir m'aider. J'ai pas besoin d'aide. J'ai besoin d'une étoile. C'est pas lui qui va me donner une étoile, c'est clair. C'est clair. Il me donnera que de la boue, et des effluves de mauvais alcool, de cigarette ou pas de cigarette, autre chose, de moche, que je connais pas. Il me donnera sa main chaude un peu moite autour de mon poignet comme si c'était qu'un fil qu'il pourrait tordre si ça lui disait. Putain de fil. Peut-être que mon poignet est un fil qui me conduira à une étoile. Maman me détesterait.

« T'sais il nous faudrait une chaise mais y'a pas de chaises dans cette ville. »

Et ça ça me fout vraiment en l'air. Pas de chaises. Alors je fais un truc un peu cool ou je sais pas si c'est cool en fait on voit sûrement ma culotte et elle est pas très jolie sous ma robe j'en avais plus de jolies j'en avais plus qu'une moche toute blanche avec la dentelle autour qui fait comme un bébé. J'enjambe le parapet avec ma jambe droite qui fait glisser ma robe sur ma cuisse et en fait t'as personne sur ma droite alors je sais pas pourquoi je pense à ma culotte parce que personne voit ce côté-là de moi. Mon côté droit. Mon côté qui va droit. J'enjambe le parapet et je m’assois sur ce petit rebord qui sert presque à rien sauf s'asseoir ou tomber. C'est pas facile avec la main de Romeo sur mon poignet et mon verre à côté qui vacille par-ci par-là mais au moins je me dis que si je tombe j'aurais toujours la main de Romeo sur mon poignet et soit j’emmènerai ce débile avec moi soit il viendra à la pêche à moi. Mais je tombe pas. J'ai mes jambes qui sentent l'air frais ou l'air froid, c'est presque pareil au fond vous savez, l'air quoi. Le vide et la ville qui respire doucement. J'attrape le poignet de Romeo, si jamais il décidait de me pousser pour pas s'emmerder. Mon verre tombe par terre ça fait un bruit de pluie. Maman me détesterait.

« Tu l'aimes Sandy, toi? Moi je l'aime, Sandy. »

Et même s'il l'aime, je l'aime plus que lui.  

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Romeo H. Walker
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MessageSujet: Re: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Lun 25 Avr - 10:34

I'm almost tired of listening to you
Why do you tie me up with words?
« Je pourris pas ta soirée je la rends enfin intéressante en fait. »

Le monde continuait de tanguer sous ses pieds, et le ciel pleins d’étoiles, et l’ombre des immeubles et les éclats de rire dans l’air trop froid et toutes les raisons entremêlées dans sa tête de pourquoi elle lui pourrissait la soirée et peut-être même l’existence en général. Mais, Romeo se contenta de rouler vaguement les yeux parce que de toutes façons parler avec Beverly, c’était un peu comme avoir une conversation avec un mur : Beverly appartenait à cette catégorie de personne qui avait toujours, inconditionnellement raison même quand elle avait évidemment et inévitablement tort. Les mots semblaient rentrer par une oreille et elle balayait d’un revers tous ceux qui lui déplaisaient vers la sortie. Beverly avait probablement un fil continu de mots qui coulait de son oreille, des mots qu’elle n’aimait pas, qui n’était pas à la convenance de son monde en plastique et en strass dicté par ses magazines en papier glacé. Pour être honnête, Romeo ne se sentait à peine la force de battre du vent ce soir : il était un funambule, à des centaines de mètres du sol et c’était comme si tout allait simplement s’effondrer dans un instant dans un fracas abominable.

« T'sais il nous faudrait une chaise mais y'a pas de chaises dans cette ville. »

« T’as qu’à s’asseoir par terre, tu pourras pas tomber plus bas de toutes façons haha. »

Il esquiva à peine un rictus moqueur, c’était drôle mais, ce n’était pas vraiment à cause de Beverly. C’était tout, c’était lui, la main accroché au poignet de Beverly qu’il serrait si fort comme s’il allait se noyer. Peut-être qu’il allait se noyer, il avait irrésistiblement envie de voir s’il volerait en éclat, s’il allait se briser contre le sol comme le verre de Beverly et de fermer les yeux pour que sa tête arrête de tourner. Mais, c’était toujours pire de fermer les yeux, c’était comme se perdre dans ce tourbillons de sens éperdus jusqu’à en perdre connaissance.

C’était drôle parce que la seule chose qui le retenait vaguement à la réalité, c’était les doigts de Beverly orphelins de verre venus s’accrocher à son poignet. Il frissonna au contact de ses doigts un peu froids, comme un léger sursaut qui le rappelait au monde. Le garçon se redressa un peu et réussit à plus ou moins poser son regard sur l’adolescente sans dévier.

« Qu’est-ce qu’il y a Barbie? T’as tellement peur que je m’en aille haha? J'pourrais mal comprendre haha. »

Il s’esclaffa avec arrogance, en se demandant interminablement pourquoi est-ce qu’il était encore là et pourquoi est-ce que Beverly ne le laissait simplement pas partir, partir loin, loin, loin dans l’herbe mouillée et froid. Pourquoi Romeo n’était pas encore parti, parce que maintenant, il ne savait plus vraiment si c’était elle ou lui qui avait besoin d’aide. Beverly n’avait plus de verre, Beverly n’avait plus besoin qu’on s’occupe d’elle et puis, depuis quand, le sort de Beverly était son problème de toutes façons.

« Tu l'aimes Sandy, toi? Moi je l'aime, Sandy. »

Le temps s’était une nouvelle fois arrêté, soudainement, parce que même son nom avait le pouvoir de renverser les lois de l’Univers. Sandy, Sandy, il l’avait oublié, juste pour un temps mais, jamais assez longtemps. Romeo avait si chaud : ses joues, ses tempes, ses oreilles le picotaient, le brûlaient de l’intérieur et son cœur battait si fort, qu’il était presque sûr que Beverly pouvait entendre chaque battement taper contre sa poitrine. Romeo ne savait plus si c’était à cause de l’alcool ou à cause de Sandy si tout semblait tourner si vite et se mélanger en une tempête informe de couleurs, de sons, d’odeurs. Si c’était les étoiles qui lui donnaient le vertige ou si c’était le regard de Sandy, ses sourires égarés comme des trésors, son rire, son odeur, sa peau trop blanche. Romeo ne savait plus pourquoi la seule chose qui le retenait encore vaguement éveillé c’était la petite main de Beverly, la seule chose qui l’empêchait de tomber à la renverse et de voler en éclat comme son verre, ni pourquoi il se sentait incapable de la regarder dans les yeux, ni pourquoi Romeo était encore là.

« J’en ai rien à foutre de Sandy, haha. Je m’en fiche. Pourquoi est-ce que tu me parles d’elle ? »

Romeo avait éclaté de rire mais, tout ce que pouvait se demander Romeo c’était pourquoi tout sonnait soudain si faux. Il avait à peine remarqué que ses doigts s’étaient agrippés nerveusement au poignet de Beverly ou le léger tremblement, cette hésitation dans sa voix rocailleuse.

« Demande ça à Oscar. »

Romeo se demandait au fond pourquoi il était Romeo. Pourquoi Romeo avait les mains écorchées, le rire trop fort qui faisait trembler les murs et pourquoi Romeo cassait toujours tout, même les choses qu’il voulait vraiment aimer. Pourquoi Romeo était biscornu, pleins d’angles cabossés, trop pleins de sentiments et pourquoi Romeo n’était pas poli, net, propre comme Oscar, pourquoi ses coins à lui n’étaient pas arrondis et parfaitement lisses ? Pourquoi les yeux de Sandy semblaient toujours suivre l’ombre d’Oscar alors que Romeo criait si fort et pourquoi finalement, tout semblait toujours tourner autour d’Oscar. Pourquoi les sourires de Romeo et pourquoi ses mots étaient incandescents. Pourquoi est-ce que ce que disait Romeo ne sonnait jamais totalement juste, jamais vraiment comme ils auraient dû ?

« J'm'en tape, fais c'que tu veux, t'es chiante de toutes façons. »

Romeo avait lentement détacher sa prise, laissant mollement ses doigts tomber dans le vide. Romeo se sentait si fatigué d'être Romeo, son rire ne sonnait pas tout à fait juste et son exubérance flamboyante s'était éteinte en cendres. Il ne voulait plus jouer à être Romeo, simplement fermer les yeux et oublier le temps d'une éternité, et même un éternité, il ne savait pas si ce serait assez long. Il ne restait que la petite main de Beverly, qui semblait être une bouée pour n'être devenir qu'une chaine, dans le vent froid de décembre et les étoiles et l'ombre des immeubles.

« Si tu m'lâches pas maintenant, tu tombes aussi. »

Les mots de Romeo ne riait plus, il s'arqua en arrière et fléchit ses genoux pour lui indiquer qu'il comptait bien se laisser tomber, faisant une croix sur sa bière mais, Romeo se sentait déjà poisseux, crade, dégueulasse. Il avait froid, vaguement mal, à la tête ou au cœur, il n'était pas sûr et il n'attendait que de Bev qu'elle laisse aussi tomber. Tout le monde avait déjà laissé tomber.
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Beverly R. Waverly
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MessageSujet: Re: beer is cheaper than therapy ♛ beverly   Sam 28 Jan - 13:22

beer is cheaper than therapy — ft. romeo

where does the good go



Les blagues de Romeo, ça m'fait pas rire. Y'a que lui que ça fait rire, avec son sale rire gras de mec qu'a trop bu. Un rire moche comme lui. Moi aussi j'ai trop bu peut-être, j'sais pas, enfin si sûrement parce que les étoiles sont deux fois plus nombreuses que l'infini quand j'regarde le ciel. Mais je rigole pas comme il rigole. Avec ses airs, là. Ses airs de pauvre mec qu'a trop bu. Je rigole même pas du tout, d'ailleurs. J'vois pas pourquoi je rigolerai, y'a rien de drôle, y'a jamais rien de drôle, je me sens collante, ma robe est sale, ma culotte est blanche, j'ai froid le long de mes pieds qui traînassent dans le vide comme s'ils avaient rien d'autre de mieux à faire. J'ai envie de lâcher son poignet tièdasse et de le laisser partir, arrêter d'lui parler et attendre que quelqu'un vienne me chercher, ou pas, je m'en fiche quoi.

« J’en ai rien à foutre de Sandy, haha. Je m’en fiche. Pourquoi est-ce que tu me parles d’elle ? »  

Et son rire encore, qui résonne de travers. J'le pousserai, s'il me tenaît pas, si je le tenais pas, si on s'agrippait pas. Mais on s'agrippe. Pourquoi on s'agrippe? Je sais pas, on pourrait se laisser aller et ce serait terminé. Mais on s'agrippe. Pourquoi on s'agrippe? C'est mon cerveau qui doit être grippé. Je me passe encore et encore les mêmes questions, en boucle, comme si ça allait les changer t'sais mais ça les change pas, c'est toujours là. T'as les doigts de Romeo qui se collent sur le dos de ma main, t'as mes doigts qui se collent sur son poignet. De loin ou de près, ça doit faire un bizarre mélange. J'aimerais pas voir ça, je veux mieux pas voir ça.

« J'te parle de Sandy si j'veux ouais. »

Mon marmonnement se perd dans mes cheveux, dans le vent et les étoiles. P't'être que les étoiles m'entendent mais ça m'étonnerait que Romeo comprenne quoique ce soit et au fond je m'en fiche ouais, je m'en fiche qu'il m'entende ou pas, de toute façon, hein, même s'il m'entendait, qu'est-ce qu'il en aurait à faire, qu'est-ce qu'il en ferait hein hein, rien du tout parce que Romeo t'es trop bête. T'es bête comme un moineau qui mange pas. Ta main moite sur ma main, tes doigts trop maigres autour de mon poignet poisseux, en vrai ça m'dégoûte, ça m'répugne, je veux même pas que tu continues mais j'arrive pas à lâcher prise. T'es pourri, t'es sale.  Pourquoi j'aurais pas le droit de te parler de Sandy et toi t'aurais le droit de me parler d'Oscar ? C'est parce que je suis une fille ? C'est pour quoi ? Maman disait toujours que j'aurais pas le droit de parler parce que j'suis une fille, et que c'est pour ça qu'il fallait que je sois belle mais que le problème, c'était que même pas j'étais belle.

« J'm'en tape, fais c'que tu veux, t'es chiante de toutes façons. »

Et t'as cette fille dans le fond qui hurle de rire et ça me dégoûte aussi. J'ai envie de lui dire de se taire parce que y'a rien de drôle. La vie c'est pas drôle là maintenant t'sais et même pas que maintenant. La vie c'est jamais drôle tu dois toujours t'occuper de tout un tas de trucs dont tu veux pas t'occuper mais t'as pas le choix parce que t'es grand, t'es capable, t'as plus à te cacher faut que t'assumes ou quelque chose dans ce goût là. Romeo lâche mon poignet lentement, doigt après doigt, et t'as un courant d'air que j'aime pas qui s'insinue sur les deux os pointus qu'on a avant la main et qui me dégoûtent aussi. Je sais pas pourquoi tout me dégoûte comme ça. C'est peut-être parce que je me dégoûte. J'sais pas. J'aime pas réfléchir, je sais pas réfléchir, ça m'fatigue de réfléchir.
Romeo a lâché et moi je m'agrippe.
Il se penche en arrière, mon bras me fait mal, mes doigts se raidissent contre sa peau.
Romeo a lâché et moi je m'agrippe.
J'ai la tête dans le coton. J'pensais pas qu'on pouvait autant avoir la tête dans le coton, j'pensais avoir atteint une sorte de paroxysme y'a quelques minutes mais plus ça va et plus ça vient et plus je comprends plus. Paroxysme, ça sonne bien, je savais même pas que je pouvais utiliser un mot comme ça. Paroxysme. « Si tu m'lâches pas maintenant, tu tombes aussi. »
Y'a quelque chose de froid dans les mots de Romeo, ça tombe comme de la neige. J'veux pas tomber. Mais j'veux pas qu'il tombe. J'ai la tête dans le coton. Paroxysme. Au-dessus de ma tête, t'as la lune qui se fend la poire, ou alors c'est cette imbécile derrière, au fond c'est presque pareil. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Qu'est-ce que je fais maintenant ? Je veux pas lutter, je veux rien faire, je veux fermer les yeux et que les étoiles se taisent. J'fais que marmonner.

« Fermez vos gueules, les étoiles. »

J'bascule en arrière, et Romeo bascule en arrière, et ma robe se soulève, et mon bras se détend, et t'as mes jambes et t'as ses jambes et ça fait un fatras comme t'en vois pas souvent. Je ferme les yeux et j'ai plus froid, juste l'espace d'un instant, même pas une seconde, même pas une seconde d'une seconde, tout va bien. Puis t'as ma tête qui heurte le sol et mes épaules qui s'écrasent et mon dos qui se cambre ou qui se roule je sais pas bien. T'as le ciel qui s'ouvre encore plus grand sous nos yeux. T'as plus que ça, même. T'as plus que ça pour nous raccrocher.
J'entends le souffle de Romeo dans mon oreille ça se mêle au mien c'est fort ou peut-être pas j'entends plus bien.

« T'es moche mais j'vais pas te laisser tout seul. »

Il a mal au cœur parce que Sandy elle est pas là je sais, je sais c'est vrai, moi aussi j'ai mal au cœur. J'me sens comme un escargot. J'me suis toujours dit que ça devait être triste, un escargot. Que ça devait être seul. J'arrive pas à détacher mes doigts de son poignet. J'ai de la bière dans le dos. Mes doigts sur son poignet. Pourquoi j'arrive pas hein.

« Faut juste pas que tu me laisses toute seule aussi. »

Sinon j'vais vomir.

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