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 The last day of your life up to this point ♢ Effie

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Rosie Jackson
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MessageSujet: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 13:31




Rosie aimait travailler tard, quand la petite boutique de vêtements où elle travaillait respirait le silence. L'endroit, si joyeux pendant la journée, si plein de couleurs, de bruits, des rires des filles venues essayer des tenues pour l'été, se teintait de gris dès que les rayons de soleil commençaient à décliner. Les autres employés partis, les vêtements sagement alignés sur les cintres, elle n'entendait plus que le bruit de sa machine à coudre et de son crayon sur le papier quand elle esquissait un nouveau modèle. Elle qui préférait pourtant le bruit et la foule était beaucoup plus productive à ce moment de la journée.
Elle remit une mèche frisée derrière son oreille, traça un dernier trait, consciencieusement. Sur le panneau devant elle, de nombreuses feuilles épinglées. Elle pouvait voir le modèle de la robe qu'elle avait offert à Gabrielle pour Noël, celle qu'elle ne l'avait jamais vue porter. Et qu'elle ne verrait sans doute jamais, d'ailleurs. Elle soupira d'un air un peu agacé, et un peu triste aussi. Elle poussa la feuille sur le côté.

Tac tac tac tac tac tac faisait la machine à coudre. Un café refroidissait dans sa tasse. Son portable, habituellement greffé au bout de sa main, gisait dans sa poche de veste à l'autre bout de la pièce. Elle était concentrée, méticuleuse, les sourcils froncés. Comme si le pli de cette jupe était la chose la plus importante au monde. Un motif floral, c'était la mode en cette saison. Avec des couleurs douces et atténuées. Ça lui faisait penser à Effie. Elle avait l'impression de ne pas l'avoir vue depuis longtemps. Ça devait faire une semaine, en fait. Trop long, elle se dit.

Il y avait des lumières, dehors encore. Il était huit heures, peut-être ? Elle ne savait pas. Elle chantonnait quelque chose entre ses lèvres, un air qui n'avait pas de nom.
C'était bien, ce calme.




Dernière édition par Rosie Jackson le Jeu 29 Mai - 19:25, édité 2 fois
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Effie Ashen
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 16:50


Ça faisait beaucoup de marche.
Normalement, quand on joue à cache-cache, on choisi une cachette et on y reste. Mais le problème c’est qu’en faisant ça on attend à être trouver. Et c’était ce qu’il fallait éviter, en cette belle journée ensoleillée. Il fallait éviter le soleil. Qu’il ne puisse pas te toucher d’un seul de ses rayons. Comme s’il allait te faire du mal, comme si c’était un monstre. Tu l’aimais pourtant, ce soleil. Tu aimais sa lumière dans tes cheveux qu’il faisait briller. C’est ton coté paillettes, il te fait courir vers tout ce qui scintille.

Alors tu as couru. Toute la journée tu as fuis.
Tu as fuis la lumière, tu as fuis les mots, comme si tu étais chassée par un danger.
Toutes les fois où tu es tombée essoufflée. Tu avais arrêtée de compter. Mais tes genoux s’en souviennent encore, rouge de sang. Et ton collant filé, transpercé, il atterrira à la poubelle.
La paume de tes mains aussi étaient écorchés, et tu n’avais aucune idée de comment ça c’était fait.

Tout ton corps, tout tes muscles, si fatigués.
Tu devais avoir une allure affreuse. Les cheveux dans tous les sens. La jupe froissée. Il ne fallait pas qu’on te trouve, qu’on te voit comme ça.
Mais tu étais contente de ça, aussi. Malgré tes poumons qui suffoquent. Ton corps te faisait juste trop mal pour que tu penses à quoi que ce soit d’autre. C’est-ce que tu voulais.

Tu attendais que le soleil se couche, abandonne la partie, et c’est-ce qu’il avait fini par faire.
Ce n’était pas le genre de bataille que tu voulais mener aujourd’hui. Ce n’est pas l’état d’esprit que tu avais en te levant. Tu t’en souviens, tu voulais les rayons du soleil sur toi pour te réchauffer. Tu voulais écrire, faire vibrer les mots sur du papier.
Non, arrête de penser à ça.
Tu cours pour ça, pour ne pas t’en souvenir, pour ne pas y penser.
Alors arrête.
Arrête.


Avec la pénombre qui s’installe, l’autre ennemi se rapproche.
Les mots.
Ce que tu hais avoir comme ennemi les mots.
Il te faut une occupation, quelque chose pour ta tête, pour qu’elle reste vide.

Tu avais tout laissé dans ta chambre. Tes clés, ton portable, ton carnet. Il ne te restait que ta tenue abimée et tes chaussures qui faisait souffrir tes pieds. Il fallait les enlever, ce n’était plus possible. Quitte à marcher comme ça, les pieds seulement recouverts de ce collant fin, qui allait encore se faire charcuter sur le gravier. Tu en achètera un nouveau, tant pis, tant pis.

Et tu reprenais la marche, comme ça, une chaussure dans chaque main. Et tu ne savais pas où aller. Tu n’avais pas envie de rentrer. Dans ta chambre il y avait ton téléphone. Tu avais peur de cet objet soudain. Et de celui qui pourrait t’appeler encore.

Le ciel se dégradait. Presque rose au loin, violet au dessus de ta tête, et dans une distance indéfinissable, si sombre et déjà porteur d’étoiles. Aucune idée de l’heure qu’il est. Mais juste être sous ce ciel avait quelque chose de calmant. Tu te demandais si tu allais finir par détester les journées ensoleillées dans le futur. Si tu te coucherais à l’aube, des rideaux épais sur la vitre de ta chambre, et ne te réveillerai que la nuit tombée.
Ça semblait bizarre, mais pas désagréable comme idée.

Et puis le fin coté rose était devenu violet et la majorité du ciel commençait à briller.
Penser aux étoiles, rien qu’aux étoiles. Rester tranquille.
Marcher dans cette rue commerciale, toute bien comme elle est, de nuit comme de jour.
Et puis tu reconnais cette boutique. Celle là même que vous aviez visité avec Avery, un peu avant noël. Avery. Tu lui avais tenu la main, tu lui avais souris. Vous aviez acheté des présents ensemble. Avery…
Il avait dit Avery.
Sans questionner ce nom.
Comme si c’était évident.

Oh non. Ne pas y penser. C’était le plan.
Pas capable de rester fidèle à ce simple plan. Merde.
Ta tête commençait à te faire beaucoup trop mal. Non, tu ne voulais pas y penser. Tu ne voulais pas comprendre. Qu’est-ce qu’Avery venait faire là? Tu ne voulais pas savoir. Ce nom tu ne voulais pas l’entendre. Tu ne voulais pas le détester. Détester c’est trop facile, ça ne demande aucun effort. Non.

Tu t’es mise à courir encore et il se peux que tu ai abandonné tes chaussures.
Tu adores ces chaussures mais là ça t’es complètement égal de les perdre à jamais.
Il semble que la peau sous tes pieds est en train de disparaitre. Bientôt tu vas perdre tes pieds. Et à continuer de courir comme ça, tout va partir petit à petit, et tu finiras bien par disparaitre complètement. En attendant tu ne peux déjà plus respirer et freine en sentant la haine qu’éprouvent tes poumons après toi. Tu reconnais une boutique pas loin. Un endroit où tu n’es jamais allée avec Avery, un endroit qui ne te feras pas penser à elle.
Un endroit qui, même à cette heure, devrait abriter Rosie.
Alors tu fonces, vite, vite, avant que ton corps disparaisse.

Quand tu entres enfin à l’intérieur, tu as l’impression d’avoir briser les portes, et tu te retrouve de suite par terre. Les mains au sol, pour t’éviter de te cogner la tête. Ah, c’est en te rattrapant que tu t’étais écorché les paumes, donc.
Tu respire tellement fort, c’est fou comme respirer peut être douloureux.
Tu aimerais crier le nom de Rosie pour t’en remplir la tête, pour ne penser qu’à Rosie. Qu’elle vienne et te parle de tant de choses, même des ragots qui ne t’intéresse pas. Tu y feras tellement attention. Tu l’écoutera tellement bien qu’il n’y aura que ses mots dans ton esprit. Mais ta gorge est trop occupée à consumer l’air, tu ne peux pas l’obliger à faire autre chose.

Ta tête va exploser si tu penses aux mots de Sidney. Il faut quelqu’un pour t’en empêcher. Il faut que Rosie t’aide.
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Rosie Jackson
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 17:25




Il n'y avait rien, pas un bruit. Juste tac tac tac tac tac quand l'aiguille de la machine dévorait le tissus dans un rythme régulier et apaisant. Et tout à coup, un bruit de clochette. Celui que faisait la porte de la boutique quand un client entrait. Rosie fit volte face, et tout à coup, il y avait Effie.
Mais il n'y avait pas vraiment Effie. Il n'y avait pas Effie aux cheveux soyeux et ondulés, toujours souriante, toujours bien habillée. Cette Effie là, elle était par terre sur le sol de la boutique, ébouriffés, suffocante, les mains écorchés, le collant filé. Pieds nus sur le sol de la boutique.
Rosie ne réagit pas, pendant quelques secondes. Elle resta assise sur son tabouret, bouche entrouverte, puis réalisa qu'Effie Ashen était par terre dans sa boutique avec l'air de quelqu'un qui est en train de mourir.

Et elle se retrouva par terre elle aussi, Rosie, à genoux à côté d'Effie, laissant la machine à coudre allumée, en train de ruiner ce qu'elle préparait depuis des heures, mais elle s'en foutait. Elle agrippa les mains d'Effie. La fit se redresser, vit que ses genoux étaient dans un état aussi triste que ses mains et ses pieds. Son cerveau carburait à deux cent à l'heure devant le regard d'Effie.
Elle avait pas le droit d'être comme ça Effie. Effie c'était le soleil et la bonne humeur, les paillettes dans les yeux. Pas ça. Ça, c'était pas elle. Elle voulait pas le croire.

Effie. Effie.

Elle flippe Rosie. Elle voit dans sa tête défiler des vandales avec des couteaux, des scènes de cris et de coups, elle s'imagine les pires situations. Elle voit déjà Effie traumatisée à jamais par ce qui s'est passé, quoi que ça puisse être. C'est son côté maman poule qui se réveille. Elle n'y peut rien Rosie, elle fait celle que rien n'atteint, mais elle doit toujours s'inquiéter.

Effie.

Dis un truc plus intelligent, Rosie.

Respire, Effie. Regarde moi.

Elle voudrait crier. « Qui t'a fait ça, Effie ? ». Elle se force à ne pas le faire, ne pas la brusquer. Elle respire lentement, inhale et exhale, pour qu'Effie l'imite et se calme. Elle desserre son étreinte sur les poignets délicats de la blonde. Elle avale sa salive.
Dis quelque chose, Effie.


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Effie Ashen
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 17:48


Aïe, aïe. Tout ton corps te fais mal.
Tu as atterri par terre, toute écorchée de partout presque, et tu dois avoir l’air d’une folle.
Tu ne veux même pas savoir de quoi tu as l’air. Tu entends Rosie courir vers toi, tu l’entend t’appeler. Et tu as un peu honte de te montrer comme ça. Devant elle en plus.
Mais en même temps, parce que c’est elle, c’est Rosie, c’est la seule face à qui tu peux te montrer comme ça. C’est la seule à qui tu peux demander de l’aide dans cette situation, tu crois.
Tu y réfléchi, et personne ne te viens, vers qui tu pourrais aller d’autre que Rosie?
Gabrielle? Misha? Non, tu ne voulais pas qu’ils te voient comme ça. Si Rosie devait se moquer, plus tard, dans l’état où elle t’as trouvé un jour, tant pis.
En attendant, elle est là près de toi.

Et tu la regarde, comme elle te demande de faire.
Et tu aimerais qu’elle voit tout dans tes yeux. Tout ce qui s’est passé. Ta fuite, ta tête prête à exploser, ton cœur qui ne sait plus quoi faire à présent.
Ce serait bien, tellement bien, si elle pouvait tout deviner.
Mais elle ne peux pas.
Et tu réalise.
Tu te rends compte que tout ce qu’elle voit c’est une Effie en mauvais état, qui arrive à peine à respirer, qui a un collant déchiré et taché de sang. Oh, tes genoux te font tellement mal d’ailleurs.
Et tu ne sais pas à quoi elle pense. Elle a juste cette expression terriblement choqué. Et tu répète dans ta tête « Rosie, oh Rosie, attend rosie, je vais t’expliquer Rosie, attend » mais tu ne sais pas quoi expliquer, comment expliquer.

Et quand tu ouvre la bouche pour faire sortir de mots tu te sens comme si tu allais vomir.
Et c’est la panique parce que tu peux pas vomir sur Rosie non plus, oh la la.
Alors t’essaye de bouger, tu veux tellement pas savoir de quoi tu as l’air, mais c’est trop tard et tu te dis non. Non, non, non, non.

Mais tu vois toutes les paillettes par terre.
Et tu te dis que c’est couillon comme pouvoir.
Et tu remercie ce couillon de pouvoir qui t’as évité de vomir pour de vrai.

Et maintenant en plus du sang, en plus des vêtements foutus, en plus de tes cheveux que tu refuse d’imaginer dans quel état ils doivent être, t’as des paillettes sur les lèvres, sur le menton, sur ton haut et même sur ta jupe.
Et avec ça en plus tu te dis que ni toi ni Rosie vous oublierez tout ça.
Et t’as envie de rire parce que c’est tellement con tout ça.
T’as vraiment envie de rire. Que ton rire explose entre tous les murs. Qu’il fasse rire Rosie aussi.
Alors pourquoi tu pleures Effie?
Imagine si tu pleurais comme tu crache, en paillettes. Imagine comme ce serait ridicule. Imagine comme ce serait drôle. Allez, rit, Effie. Rit, quoi.

Mais non, tu pleures.

Tu pleures comme une gamine en plus.
Et t’as toutes ces paillettes dans ta bouche qui te font tousser.
C’est pas croyable.

Rosie.

Et tu répète son nom. Encore. Et encore. Entre deux hoquets, encore une fois. Et en même temps tu pleures comme une idiote.

Oh, Rosie, ça va pas! Ça… Nnh. Non ça va pas, tu sais… Il… Sidney, il…

T’aimerais que ce soit clair. T’aimerais le dire simplement. Mais t’es même pas sure de ce qu’il s’est passé. Tu sais pas. C’est allé trop vite. Et t’as refusée d’y penser tout l’après-midi.
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Rosie Jackson
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 18:10





Rosie reste immobile par terre, le cœur qui tambourine, les mains crispées sur ses genoux, et elle se dit que c'est des conneries, son histoire de respiration, parce que Effie respire toujours aussi vite et toujours aussi fort, si fort qu'elle hoquette des paillettes, qui viennent éclabousser le sol, et leurs vêtements. Et Rosie observe ces petits morceaux brillants, parce que c'est plus facile que regarder les larmes qui coulent sur les joues d'Effie.
Tu es une grande fille, Rosie, elle se sermonne. C'est toi l'adulte ici. Elle obéit, relève la tête, lève une main pour essuyer délicatement une larme qui coule des yeux de son amie, des yeux gris bien trop rougis par la tristesse.

Effie imite Rosie, en répétant son nom à plusieurs reprises. Si elle n'était pas en train de s’étouffer de sanglots, elle pourrait croire qu'elle se moque d'elle. Il y a encore plus de paillettes, elles s'accumulent sur le sol et ça va être une plaie à nettoyer, elle pense, avant de se sentir coupable de s'occuper de ça à un instant pareil.
Effie pleure, et Rosie voudrait qu'elle s’arrête. Et entre deux sanglots, elle arrive à dire quelques mots hachés, et le nom de Sidney.
Elle met quelques instants pour replacer ce nom. Bien sûr. Sidney Carter. Le petit copain d'Effie. Un type mignon, pas désagréable. Qui joue de la guitare, ou un truc du style. Elle se rappelle plus.

Sidney t'a fait ça ?

Elle regrette ces mots dès qu'ils franchissent ses lèvres. Non, bien sûr que non. Carter ne ferait pas une chose pareille, non, pas à Effie. Si ? Non, il devait lui être arrivé quelque chose, d'assez grave pour mettre Effie dans un état pareil. Maladie ? Accident ? Pire ?

Reste là.

Ordre un peu inutile. Effie n'a pas l'air de vouloir aller bien loin. Elle se relève, époussette ses vêtements, faisant tomber encore plus de paillettes sur le sol (encore une fois, elle pense à la corvée de ménage qui l'attend, et se met une baffe mentale. Chaque chose en son temps, Rosie), et se dirige vers le fond de la salle en se forçant à prendre un pas assuré. Elle ouvre un tiroir, puis un autre. Des pansements de secours, pour quand quelqu'un se pique avec une aiguille. Un paquet de mouchoir, à moitié vide, mais ça fera l'affaire. Elle reste devant l'armoire, indécise, et revient vers Effie. Si il lui faut autre chose, elle reviendra.
Elle s'agenouille de nouveau sur le sol dur, prend une main d'Effie. Elle ne s'y connaît pas, mais les égratignures ne semblent pas trop sérieuses. Peut-être qu'un pansement suffira pour l'instant.

Raconte moi, Effie.

Elle lui donne un mouchoir, et se rend compte que les pansements sont trop petits.

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Effie Ashen
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 18:41


D’un seul coup tes hoquets s’arrêtent quand Rosie te demande si c’est de la faute de Sidney.
Non.
Oui.
Tu sais pas.
Un peu. Surement.
C’est lui qui t’as mis dans cet état. Mais c’est pas lui. C’est de ta faute si tu saigne, si t’as plus de chaussures. Mais c’est aussi de sa faute parce que c’est lui qui t’as fais courir.

Mais qu’est-ce que tu peux dire? Apparemment t’as été plaquée. Et ça s’est fait tellement bizarrement. Au téléphone. Pourquoi au téléphone? Oh, tant mieux au téléphone, c’aurait été pire de pleurer devant lui.
Et il a parlé d’Avery. Et tu veux pas comprendre pourquoi il a parlé d’Avery.
Tu comprends pas le reste non plus.
Il t’aime mais il t’aime pas. Il a dit un truc comme ça. Et tu comprends que dalle. Rien. Depuis quand on peut aimer mais ne pas aimer une personne et la laisser et parler d’Avery alors que c’est sensé n’avoir aucun rapport.

Rosie s’en va, te dis de pas bouger. Tu dois attendre qu’elle revienne, mais qu’est-ce qu’elle peut faire pour toi. T’as les joues trempées et ça commence à coller. T’as des paillettes partout, sur la langue, sur les dents… Tu t’imagines en fée droguée, ou quelque chose comme ça, qui sniffe des paillettes comme de la cocaïne. Ça ce sniffe la cocaïne? Aucune idée, et t’en as tellement rien à faire. T’as des idées débiles, Effie.
Ton cerveau doit être en grève ou quelque chose, parce que t’as fais que des conneries aujourd’hui. En plus tu fais flipper Rosie. Qui revient, finalement.

T’as envie de lui dire pardon et que tu vas rentrer et que c’est pas la peine de s’inquiéter pour toi, t’es juste débile, c’est ça le problème, c’est rien d’autre. Que si Sidney décide de te quitter ce doit être pour ça. T’es conne, voilà, c’est tout. Conne et insupportable. Tu dois être collante en plus. Et tellement… Tu sais pas. Tellement tout. Tellement rien. Oh la la, tu sais pas.

Mais elle te demande de lui raconter. Et tu sais pas comment faire ça. Oh non tu veux pas.
Vraiment les mots sont tes ennemis aujourd’hui.
Tu voulais juste écrire, être tranquille, faire ce que tu aimes.
Mais tu viens déranger Rosie. Tu viens dans un état pas possible et t’es encore assez égoïste pour vouloir te défiler, partir sans rien lui dire.
Évidemment que ton petit copain veut plus de toi.

Sidney…

Il a une sonorité bizarre ce nom. Pourquoi?
Tu adore dire ce nom d’habitude. Tu le dis toujours en entier, pour ne manquer aucune syllabe, pour le savourer en bouche. Jamais tu ne l’as appelé Sid. Sid c’est trop court, c’est pas assez. Toi tu voulais profiter de lui en entier. Tu voulais tout savoir de lui, être tout le temps avec lui, et voilà où tu en es, bravo.

Il m’a appelé.

Au moins tu ne pleure plus. Tu étale juste ces larmes séchés, tu frotte tes yeux, pour faire disparaitre tout ça. Et t’espère que tes paillettes vont vite disparaitre aussi parce que c’est vraiment désagréable de les avoir dans la bouche comme ça.

Et… Je sais même pas… Vraiment bien ce qu’il a dit. Je sais même pas pourquoi il a parlé d’Avery… Je veux pas savoir, non.

Tu soupires. Tu veux pas dire la suite. Tu l’aimes juste tellement fort, Sidney. C’est ton premier amour. Et tu te trouves pathétique. Après tout tu vis pas dans un conte de fée, hein, les premiers amours ils finissent un jour. T’aurais du rester sur tes gardes, et ne pas oublier ça. Que ça ne durerai pas toujours.

… C’est fini. Je crois. J’ai pas vraiment…

T’as eu le temps de rien. T’as rien vu venir. T’as jamais fais gaffe. T’as été tellement, tellement conne. Oh, toi qui gamine faisait des grimaces en voyant ces personnages adolescentes et stupidement amoureuses à la télévision. Regarde ce que t’es devenue. Tu t’étais jurée de jamais devenir une de ces niaises. Putain, Effie, quand est-ce que t’as foirée comme ça?

Regarde, tu pleures comme une conne, une fois de plus.
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Rosie Jackson
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 19:35





Rosie finit par comprendre. Elle met un peu de temps, c'est vrai, à rassembler toutes les paroles incohérentes d'Effie et les assembler, et une fois que le puzzle est terminé, quelque chose dans son esprit fait ding, un peu comme la clochette de la porte d'entrée.
Et Rosie ne peut s’empêcher de laisser échapper un petit rire de ses lèvres, avant de les couvrir de ses mains pour s’empêcher d'éclater de rire complètement. Elle se sent horrible, parce qu'elle est soulagée. Ce n'est que ça, une rupture, un chagrin d'amour, pas de menaces et de violence, personne n'a frappé Effie et personne n'est mort. Elle lâche ses mains, elle lâche encore un petit rire, nerveux cette fois, parce qu'Effie a des vraies larmes accrochées aux cils et du vrai sang sur les doigts, et merde, oui elle est triste, mais à l'instant, Rosie, elle est juste tellement soulagée.
Sidney Carter vient de plaquer la douce, gentille, parfaite Effie, et c'est la chose la moins grave du monde.

Oh mon dieu Effie, je suis désolée.

Désolée pour elle, désolée qu'elle soit triste, désolée, mais les chagrins d'amour, ça se soigne. Elle essaie de reprendre son sérieux, efface son sourire, parce que c'est horrible, de sourire devant une nouvelle pareille. Elle reprend de nouveau les mains d'Effie dans les siennes. Parce qu'à ce moment là, elle ne sait pas très bien comment la réconforter.
Un autre prénom, dans la conversation. Avery, comme dans Avery Standford. Oh, comme Rosie pouvait se foutre d'Avery Standford. Et de Sidney Carter. Effie n'avait pas besoin d’eux non. Mais elle était amoureuse de son Sidney, qui aimait une autre fille. C'était tellement tragique. Et tellement classique. Que Rosie avait encore envie de rire.
A la place, elle serra Effie dans ses bras.

Ça va aller, Effie, ça va aller. Ces mots paraissaient tellement vides de sens. Tout va s'arranger, d'accord ?

Puis elle se dégage, et elle regarde Effie d'un air le plus sérieux du monde. Passée le soulagement, elle essaie d'imaginer ce que la blonde est en train de ressentir en ce moment. Et de se mettre à sa place. Mais comment se mettre à sa place ? Jamais un truc pareil n'était arrivé à Rosie.
Que faire, surtout ? Le plus grand talent de Rosie, c'était de ruiner la vie des gens en balançant quelque chose sur leur dos. Le jeu des rumeurs, tout ça. Mais elle ne voulait pas, et elle savait qu'Effie ne voudrait pas non plus. Elle ne savait pas. Elle ne savait pas si elle voulait oublier, se venger, passer à autre chose. S'en souvenir, ne plus refaire la même chose. Peut-être qu'elle devait lui apprendre à marcher tête haute, à regarder son ex avec un air de mépris en le passant dans les couloirs. Lui montrer, un peu, tout ce à quoi il renonçait en partant avec une autre.

Mais Effie, c'était tellement pas son truc, d'être fière.

Je peux faire un truc ? Dis moi si je peux faire un truc. Tu veux que je lui parle ? Tu veux qu'il change d'avis ? Qu'est-ce que je dois faire, Effie ?

Si elle est venue la voir, c'est bien qu'elle attend quelque chose d'elle non ? Ça la tue de ne pas savoir. Elle en a oublié ces saloperies de paillettes et les pansements qui de toutes façons ne collent pas et n'ont jamais servi à rien. Et elle pense aux vêtements d'Effie ruinés, et à ses chaussures perdues, à ses cheveux mal coiffés, et se dit qu'elle ne ressemble à rien, comme ça, avec des paillettes sur le menton et le nez rouge et gonflé.
Bon dieu Effie, arrête de pleurer.

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Effie Ashen
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Jeu 29 Mai - 20:19


Tu sais pas pourquoi elle rigole. T’écarquille les yeux.
C’est bon, tu vas pas te fâcher pour ça.
T’es surement très moche, là tout de suite. Puis tu pleures pour un garçon. Juste un garçon. Tu te sens stupide, de pleurer pour un seul garçon dans tout l’univers. Y a tellement de garçons, tellement de filles, tellement de gens, et de trucs, et d’événements. C’est pas comme si tu pensais que Sidney était l’homme de ta vie. T’y pensais pas, pas du tout. Tu refusais de penser même à ça. Peut être que depuis le début tu savais que ça durerai pas, et tu refusais de te l’avouer. Tu sais pas.
Mais c’était Sidney.
C’était Sidney et t’avais tout mis dans cette relation.
Tous les jours tu faisais tout pour paraître encore plus jolie que la veille. Tu faisais tellement d’efforts. Pour ne pas l’appeler tout le temps, pour ne pas courir vers lui, lui laisser de l’espace, qu’il ne te trouve surtout pas trop collante. Et c’était si dur tout ça, tu en voulais tant et tu faisais tout pour te taire. Pour être parfaite. Loin d’être si parfaite que ça, hein.

Et Rosie qui est là, qui s’efforce de ne pas rire, comme tu t’es efforcée d’être assez bien. Et toutes les deux ça marche pas. Et tu pleures toujours et elle essaye de te réconforter alors qu’elle a surement des tas d’autres trucs à faire. Qu’elle doit être fatiguée après son travail. Qu’elle a même essayer de mettre des pansements sur tes blessures, en vain, car ces pansements doivent se croirent trop bien pour toi ou quelque chose vu qu’ils refusent de coller sur ta peau abimée et couverte de paillettes.
C’est peut être à cause des paillettes.
Peu importe.

Et elle te prend dans ses bras, Rosie. Et c’est déjà bien. Et maintenant que t’y penses tu sais pas pourquoi t’es là exactement. Pour pas être seule surement. Ah. Pour ne pas retourner dans ta chambre là où t’as laissée ton portable, aussi.

Elle te dit que tout va s’arranger, mais tu vois pas trop comment ça va ce faire. Tu t’es trop remplie de Sidney, pendant trop longtemps. Tu sais même plus combien de temps. Mais trop longtemps.
Non, vraiment, si c’était pour finir comme ça, c’aurait été tellement mieux qu’il le fasse avant. Bien avant. Au tout début, quand elle était encore hésitante. Quand elle n’était pas encore amoureuse.
Ou encore mieux, tellement mieux, qu’il ne vienne jamais vers elle, qu’il ne lui demande jamais d’être sa petite amie. Comme ça tout serait bien.

Mais là, tout va mal. C’est tout son corps qui fait mal.

▬ Je peux faire un truc ? Dis moi si je peux faire un truc. Tu veux que je lui parle ? Tu veux qu'il change d'avis ? Qu'est-ce que je dois faire, Effie ?

Ces mots là, t’en revenais pas. C’était encore plus inattendu que son rire.
Ce que tu comptais faire
T’en sais rien. T’en sais juste tellement rien. T’as même plus l’impression d’être toi. Tu vois pas ce que tu peux faire à part pleurer et tout te reprocher parce que t’as bien du faire un truc qu’il fallait pas pour que le gars qui t’as demandé de sortir avec lui te dise comme ça que c’était fini.
T’as l’impression qu’il n’y a pas eu de relation soudain.
C’est lui qui a tout voulu, c’est lui qui a commencé, c’est lui qui a terminé.
Et toi, par accident, t’es tombée amoureuse en chemin.
Ça faisait pas parti du marché c’est ça? T’aurais bien aimé lire les closes du contrat en détail. T’aimerais savoir ce qui cloche pour pas t’en vouloir comme ça. Parce que là, tout de suite, tout ce que tu vois c’est que c’est de ta faute. Peu importe le problème, c’est de ta faute.

Alors, qu’est-ce que tu voulais faire, Effie?

Je sais pas…

Du vide, rien que du vide. Et de la douleur. Tu es triste oui, mais le pire c’est ton corps. Pourquoi t’as couru sans chaussures, pourquoi ne t’es-tu pas empêcher de tomber encore et encore. Ça fait trop mal, beaucoup trop mal. En plus tu commences à avoir des crampes.

Je veux pas… Le revoir. Son visage, sa voix… Je veux pas.

Il faut oublier, hein? Est-ce qu’on oublie vraiment? Combien de temps ça prend? Là tout ce que t’as oubliée c’est comment être heureuse. T’étais juste tellement bien avec lui, tu t’étais mise un peu trop à l’aise. Et maintenant qu’il n’y avait plus rien, comment t’allais faire pour sourire et rire? Ce sera quoi ta motivation, chaque matin, pour t’habiller, te boucler les cheveux. Pour qui te feras-tu belle? C’est comme si tu venais de tout perdre alors qu’en réalité ce n’est qu’une personne.

Il y a tout à reconstruire.
Tu es une reine avec un royaume en ruine, pleurant sur ton trône, te lamentant parce que, vraiment, comment tu vas gérer toutes ces ruines? Et comment vas-tu tout reconstruire?
Tu sais pas et c’est affreux.

Est-ce que tu peux m’aider? Je crois pas que… Je vais pouvoir tenir sur mes jambes.

Tes muscles te font trop mal. Demain, oh demain tu vas rester dormir dans ta chambre. Ou tu liras. Mais tu bougeras pas de ton lit. Et tu feras tout pour pas regarder l’état de ton royaume. T’y penseras plus tard.
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Rosie Jackson
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MessageSujet: Re: The last day of your life up to this point ♢ Effie   Ven 30 Mai - 16:23




Elle ne veut pas le voir, ni lui parler. Évidement. En fait, Rosie voit mal Effie se confronter à lui, se planter devant lui et lui cracher ses quatre vérités. C'est tellement pas son genre, d'affronter les choses en face. Il est trop tôt, sans doute aussi.
Elle va mieux, en tout cas. Elle arrive à parler. Lui demande de l'aider à se relever.

Oui, bien sûr. Attend.

Elle passe en courant d'air dans le fond de la boutique. Eteint sa machine à coudre, qui a continué de ruiner son travail dans un tac tac tac lancinant. Puis revient près d'Effie.
Elle passe un bras autour de sa taille, l'aide à se mettre debout sur ses pieds, se rend compte qu'elle est en effet un peu bancale. Elle met le bras d'Effie sur son épaule, la cale un peu solidement. C'est vrai que Rosie est plus grande qu'elle, mais même, elle est surprise de son poids. Effie est légère comme un nuage. Ou plutôt, dans l'état où elle est, comme un bout de chiffon. Elle se dirige vers la porte, pas trop vite, pour qu'Effie pose ses pieds doucement. Elle pousse la porte. Ding, fait la clochette. Dehors, il fait frais, mais encore clair. Il y a encore des gens dehors, des élèves qui ont fini leur balade et rentrent tout juste au pensionnat. Les boutiques se ferment, les lumières s’éteignent une à une. Avec un peu de chance, personne ne remarquera l'état d'Effie. Au pire, elles pourront dire qu'elle s'est tordue la cheville, et que Rosie a du l'aider à marcher. Personne ne verra les larmes dans l'obscurité.

Je te raccompagne.

C'est presque une évidence, mais elle le dit quand même.
Elles mettent presque une demi-heure à rentrer. Les escaliers à l'entrée sont le passage le plus difficile. Mais Rosie tient bon. Elle ressasse tout ce qu'Effie a dit. Elle va forcément finir par réaliser, pourquoi Sidney a parlé d'Avery. Même Rosie l'a deviné. Effie ne veut pas, probablement.
Mais elle s’inquiète, Rosie. Elle sait tous les efforts que faisait la blonde, pour lui plaire, à son copain. Toutes ces heures passées dans la salle de bain, tous ces « je suis bien comme ça Rosie ? ». Elle se demande ce qui va se passer maintenant. Si Effie va même se lever le matin.

Elles arrivent dans le pensionnat, passent les portes. De nouveaux escaliers jusqu'aux dortoirs. Heureusement, elles sont au même étage. La chambre d'Effie n'est pas loin de la sienne. Alors une fois qu'elle a lâché son amie, elle hésite.

Tu veux que je reste un peu ?

Parce qu'elle ne veut pas la laisser toute seule, pas ce soir.
Quelqu'un a bien besoin de lui enlever ses idées noires.

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