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 say something, giving up on you ▇ sidney

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Avery C. Standford
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MessageSujet: say something, giving up on you ▇ sidney   Sam 22 Fév - 22:19

I'M GIVING UP ON YOU
Il y a le sol qui tangue sous ses pas, les murs des couloirs interminables qui pèsent, sur le point de tomber et d'engloutir sa silhouette chancelante, d'avaler son cœur en vrac dans l'oubli de la nuit. Il y a ses lèvres rouges qui tremblent encore un peu, ses doigts qui effleurent fébrilement le mur comme pour vérifier quels sont les morceaux de son univers encore debout, ceux déjà à terre. Il y a son cœur qui tambourine dans sa poitrine jusqu'à l'explosion, qui se presse, se serre à s'en étouffer, qui lentement suffoque avec ce même nom ancré en son sein. Il y a les rires, les sourires et la petite musique de fêtes qui tournent encore dans sa tête, toute cette bonhomie qui sonne si amère. Il y a la jolie robe d'Effie, nacrée et délicate, et son éternelle douceur dans l'ombre de ses traits, derrière ses tendres boucles blondes. Il y a Lui, lui qui reçoit son présent, le plus impersonnel du monde, lui qui la remercie poliment, lui qui parle comme à une étrangère, lui qui n'a rien su dire à temps, lui devenu inconnu.

Et puis enfin, il y a sa chambre, la porte qui se renferme derrière elle, le silence et la lumière de la lune qui filtre à travers la fenêtre. Il y a sa robe qui tombe lentement dans le sol dans un bruit étouffé, le tissu de sa robe contre sa peau qui se tord sur la moquette. Il y a ses petites chaussures abandonnées en désordre comme des cadavres vides. Il y a le bruissement de sa couette quand elle s'enroule dedans, le léger craquement de son matelas sous son poids et la fraîcheur un peu réconfortante de ses draps dans lesquels elle aimerait s'oublier pour toujours, s'y perdre jusqu'à trouver le chemin jusqu'aux étoiles. Il y a enfin son intérieur qui explose en un millier de morceaux : des bouts de chair et de sang meurtris par l'amour. Il y a l'océan qui s'écoule sur ses joues, qui emporte tout sur son passage, qui s'étend sur son oreiller. Il y a son hoquet qui se voudrait étouffer et ses doigts qui serrent le tissu à s'en blanchir les jointures.

Il y avait lui, partout, dans les ombres du plafond : le petit garçon au fond de son bac à sable; le petit garçon aux cheveux roses mal coupés; son petit nez boudeur et ses lèvres qui pendent d'indifférence; le pli sur son front et son air déterminé, prêt à être roi du monde demain; le chocolat sur ses joues et les étoiles dans ses yeux où l'on voyait le ciel; la chaleur de sa petit main qui serrait ses doigts; sa silhouette courbée sur sa basse et les nuits, les jours à jouer à s'en écorcher les doigts; tous les trésors au fond de ses mains, de ses rires, de ses éclats parce qu'il était magicien, magicien incompris; le goût du dr. pepper sur ses lèvres et son odeur encore sur sa peau; son air désolé de condamné, la courbe de ses traits qui s'excusent piteusement de son propre silence, de sa propre faute; et la façon dont il prononçait son nom à elle et puis le sien; le son de sa voix caché derrière chaque bruissement, chaque petit bruit, même le plus infime déjà perdu dans la froideur nocturne.

Il y avait Sidney, partout et nul part. Sidney comme un mirage, une illusion qui s'effaçait lentement sous le ciel de décembre.

Sidney qui avait perdu sa chance.
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Sidney G. Carter
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MessageSujet: Re: say something, giving up on you ▇ sidney   Lun 24 Fév - 14:39



I'll be the one, if you want me to

Au jeu de l'amour, tu arrivais bon dernier, Sidney Carter.
Tu pensais sincèrement être quelqu'un de bien jusqu'à ces derniers mois, et même aujourd'hui tu te dis que t'es pas si mauvais que ça. Mais dès qu'il s'agit d'Effie Ashen ou d'Avery Standford, les affaires s'emballent. Plus rien ne va, les mots dérapent, les gestes sont maladroits, les soupirs malheureux. Tu te coupes les mains à force de vouloir ramasser les morceaux de tes amours. Cette soirée de Noël avait été catastrophique, voir même pire encore ; tu ne pensais pas être capable d'oublier un jour l'indifférence avec laquelle vous vous étiez parlé. C'était des conneries, ces histoires comme quoi on pouvait toujours rester amis après être tombés amoureux. Des pures conneries. La vérité, c'est qu'après ce genre de chose, on peut même plus se regarder dans les yeux. On a l'impression de sombrer, de chavirer, de couler toujours plus profondément dans un océan de rien. On a l'impression que plus jamais on verra la lumière du soleil. C'est triste, c'est morne, c'est dégueulasse.

Ça t'empêchait de dormir.

Tu t'étais retourné au moins cinq cent fois sous tes draps après cette foutue soirée. Tu avais embrassé Effie sur le front en lui disant bonne nuit, fais des beaux rêves. Tu n'avais pas dit je t'aime. T'avais pas osé. Et puis tu te sentais sale. Comme après un match de foot. Ou un match de rugby. Sous la pluie.
A présent, tu étais dehors.
Sous la neige.
Il faisait froid. Tu gardais ton portable à la main et ça te gelait les doigts. Tu le faisais tourner dans ta main, regardais si tu avais un message – il devait être genre quoi, quatre heures du mat ? Personne ne pouvait t'envoyer quelque chose à une heure pareille. C'était à toi de le faire. Mais on t'avait toujours dit que ça se faisait pas de quitter sa copine par message, alors tu faisais rien. Tu faisais rien, même si tu mourrais d'envie de courir jusqu'à cette chambre si proche de la tienne pour pouvoir la serrer dans tes bras. Avery. Avery, tu n'avais pensé qu'à elle, tout au long de cette soirée interminable. Tu n'avais pensé qu'à elle. Tu t'étais demandé pourquoi elle n'était pas à ton bras, pourquoi elle parlait avec autant de garçons différents de toi, pourquoi elle ne te regardait pas, pourquoi tu ne lui avais rien offert, pourquoi elle était aussi belle, pourquoi tu n'arrivais pas à l'inviter à danser. Et Effie, qui te regardait avec des yeux plein d'amour, avec un sourire doux comme du coton, ne pouvait rien y faire. Elle avait beau te couvrir de toutes les attentions du monde, tu ne la regardais pas vraiment. Tu n'étais pas vraiment là. Tu étais avec une autre, dans une autre dimension, une autre époque, une autre vie. Une vie où Sidney et Avery auraient été ensemble à la soirée de Noël et où ils auraient ébloui tout le monde tant ils auraient été heureux.

Il faisait froid, et la neige te couvrait d'un manteau blanc. Peut-être que si tu restais là suffisamment longtemps, tu finirais par te fondre dans le paysage. Ne plus être qu'un avec ce foutu mur où tu t'étais adossé. Oublier qu'il fallait que tu parles à Effie pour pouvoir voir Av. Un mur ça ne pense pas. Un éclair de lucidité et de fatigue te faisait dire que t'aurais dû comprendre certaines choses plus tôt. Que c'était con de rester avec Effie juste pour ne pas lui faire de la peine. Que c'était encore plus glauque de lui mentir et de faire semblant de l'aimer jusqu'à ce qu'elle se rende compte de la supercherie. Qu'Avery elle avait probablement autant besoin de toi qu'Effie. Mais que maintenant Av elle devait probablement plus rien en avoir à foutre de toi et de ta sale gueule d'hypocrite pas fichu de se décider. Elle allait finir par sortir avec ce mec, c'était sûr. Tony il s'appelait. Tu pouvais pas le voir. S'il la touchait tu le tuerais. De vrai tu le tuerais, tu le frapperais jusqu'à ce qu'il te supplie de le laisser vivre encore une minute – ou alors tu le laisserais juste faire parce qu'à ce moment là ce serait plus tes affaires et tout le monde s'en foutrait de savoir si ça te rend malheureux à crever ou non qu'ils sortent ensemble. Tu te sentais inutile Sidney. Tu avais ton portable entre les mains et les doigts rouges. Tu voyais les noms de ton répertoire défiler et celui d'Avery qui paraissait clignoter chaque fois que tu posais les yeux dessus, comme le panneau d'un grand music-hall dans la nuit noire.

Tu aurais voulu lui parler, Sidney.
Lui parler.
Juste une fois, avant d'abandonner.
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Avery C. Standford
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MessageSujet: Re: say something, giving up on you ▇ sidney   Dim 20 Avr - 12:06

I'M NAKED, I'M NUMB, I'M STUPID, I'M STAYING
Il y avait Sidney.

Sidney qu'elle avait rêvé courir comme jamais dans les couloirs à s'en ramasser par terre dans le vrac de son cœur, à s'en écorcher les paumes à force de tomber, Sidney qui aurait ouvert la porte en grand, qui l'aurait même défoncée s'il fallait et Sidney, il aurait été là, dans l'embrasure de la porte, le souffle court. Sidney dans la lumière pâle de la lune il aurait hurlé, il aurait crié, il aurait promis que tout irait bien à partir de maintenant : je suis désolé Avery, tu es la seule, j'ai besoin de toi alors ne pleure plus, je t'aime. Il aurait dit ces mots comme s'il les pensait réellement, sincèrement, comme quand ils n'avaient encore que quatorze ans et qu'ils ne comprenaient pas encore tout ce qui se cachait derrière « aimer ». Elle aurait voulu pouvoir encore croire que le fils Carter était capable de tout, même du plus fou, pour ses beaux yeux, qu'elle pouvait encore prétendre être ce tout, cet essentiel comme quand ils avaient sept ans et des dents en moins.

Mais, il n'y avait pas de Sidney.

Il n'y avait que le froid mordant des draps sur sa peau, le vide de la chambre, le rien au creux des reins, le néant qu'on a rempli avec de l'air devenu trop lourd par l'absence et les silhouettes sombres qui sortent de la nuit. Il n'y avait que ce manque qui lui écrasait la poitrine, se coinçait dans sa gorge et l'empêchait de respirer normalement. Il n'y avait que les morceaux de son cœur broyé d'attendre, brisé d'espérer en vain qu'on avait soigneusement réuni en un petit tas prêt à être enterré. Parce qu'Avery était fatiguée de ce petit doute fourbe qui la laissait encore croire : le garçon du bac à sable avait menti, il n'avait pas pu tenir son pari mais, peut-être, peut-être qu'un jour, elle pourrait lui pardonner, peut-être qu'un jour il se rendrait compte à quel point il avait tout fait foirer. Mais, avec des peut-être on ne construit que des châteaux de cartes, des chimères, qui sont à terre dès qu'on les frôle du bout du pied.

Avery était épuisée. Elle la sentait dans chacun de ses muscles, dans chaque veine, fibre de son corps qui criait un nom à s'en brûler, cette douleur qui la rongeait. Mais, Avery continuait d'attendre, à demie enchaînée au poste, attendre à en oublier quoi au juste. Elle n'était pas faite pour attendre pourtant, parce que ça lui faisait tourner la tête comme un manège jusqu'à la faire vomir d'avoir trop secoué son estomac : ça la rendait folle, malade, à cran de se remplir de rêves pour masquer le goût dégueulasse au fond de la gorge qui ne veut pas partir malgré trois kilogrammes de dentifrice.

Il était trois heures du matin et pas un chat, pas un bruit. Trois heures du matin et Avery avait des océans au bord des cils, la langue pâteuse, la nausée de trop retourner les souvenirs, de les ouvrir, les éventrer puis les recoudre pour y trouver une réponse : peut-être qu'elle se cachait derrière un sourire, une porte qui claque, une promesse, une insignifiance qui lui avait fait loupé le coche sa clé d'un autre monde. Elle aurait aimé se planter des clous dans le cerveau pour arrêter de penser, penser à ces signes qu'elle connaissait par cœur à force de les compter, penser à Sidney partout, nul part, qui lui faisait mal au cœur. Il était trois heures et elle était seule, au bord du vide.

L'adolescente fit défiler une nouvelle fois sa liste de conversations d'un geste ennuyé, emmerdée de courir après le sommeil qui bon Dieu ne venait pas, il était parti faire la bringue jusqu'à cinq heures à l'autre bout de la ville. Et puis, elle avait reposé le téléphone pour enfouir son visage rougi dans l'oreiller, avant de reprendre l'appareil quelques minutes plus tard dans une routine mécanique entrecoupée de quelques œillades vers le ciel sombre.

AND IF CUPID'S GOT A GUN THEN HE'S SHOOTING
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Sidney G. Carter
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MessageSujet: Re: say something, giving up on you ▇ sidney   Mer 28 Mai - 16:42



In the sea of lovers without ships



Il y a en toi cette contradiction, cet irrépressible paradoxe, qui te paralyse chaque heure davantage.

Qu'est-ce qui est bien, au fond, hein ? Où est-ce qu'elle se situe, cette putain de réponse à toutes tes questions ? Tu as beau tourner le problème dans tous les sens, tu as simplement l'impression de t'enfoncer de plus en plus profondément dans un brouillard épais comme du coton. Quand tu étais petit tu rêvais d'être grand pour pouvoir faire ce que tu voulais. Maintenant que tu es grand, tu te dis juste que les responsabilités, c'est ce qu'il peut y avoir de plus tortueux sur Terre. Ça n'a rien à voir avec ce que tu avais espéré. C'est beaucoup plus fade, beaucoup plus triste, beaucoup plus réel. La réalité, c'est ce qui craint le plus en fait. Le moment où tu captes que tes songes, c'était des songes.

Et il fait froid, il fait si froid que tu te crois mourir, crever, dégringoler dans le vide, si froid que ton corps semble ne jamais pouvoir retrouver la chaleur du soleil un jour, et il y a ce nom qui clignote toujours sur l'écran de ton portable, et la nuit, et le vent, et la neige sous tes pieds et sur tes cils et sur tes mains et sur ta peau et tu dis que c'est trop étouffé pour être vrai tout ça et de toute façon tu t'en fous, tu t'en fous de tout et tu composes le numéro.

Tu n'appuies pas simplement sur le contact dans ton répertoire, tu tapes chaque nombre de tes doigts glacés. Pour être sûr de ce que tu fais, pour être certain de ne pas te tromper. Et puis pour te rendre compte que tu le connais encore par cœur.

C'est juste pour entendre son répondeur tu sais, tu sais bien, elle doit dormir, elle dort sûrement, elle est dans un sommeil si profond que rien ne pourrait le troubler, un sommeil avec des rêves plus grands qu'elle tu sais, des bouts de rêves accrochés à ses mèches blondes, mais c'est juste comme ça juste pour entendre sa voix et pour raccrocher. Et puis si elle te demande plus tard, un jour, un miraculeux jour où elle t'adressera la parole, si elle te demande pourquoi tu l'as appelée, tu pourras toujours dire que c'était une erreur. Tu t'es endormi sur ton portable, il a composé le numéro de lui-même, c'était pas de ta faute, promis, pardon, promis. Tu penses à Effie. Mais ce n'est pas grave de toute façon, appeler ce n'est pas tromper, ce n'est pas comme si tu faisais quelque chose de mal. Il y a ce bip qui retentit toutes les cinq secondes et ton cœur qui bat un peu plus fort à chaque fois. Tu redeviens ce gamin qui entre dans la chambre de sa mère, qui regarde tout sans toucher à rien, qui possède cette excitation inqualifiable de celui qui a l'impression de faire une bêtise sans en faire une pour autant. Tu sais qu'à la huitième sonnerie, le répondeur se déclenchera, et tu sais qu'à cet instant là tu entendras sa voix chantonner qu'elle n'est pas joignable pour le moment mais que vous pouvez lui laisser un message. Ce ne sont que quarante secondes, qui paraissent s'étirer à l'infini. Plus que trois secondes. Et si tu lui laissais un message, est-ce que ça deviendrait quelque chose de mal ? Demain tu diras à Effie. Tu diras que tu ne peux plus sortir avec elle, que tu es vraiment désolé, mais que tu ne peux pas continuer. Que si tu continues tu deviendras dingue et que tu la rendras tellement malheureuse qu'elle s'en arrachera les cheveux. Tu ne veux pas que ça arrive. Demain tu iras la voir quand il fera jour et que la neige aura cessé de tomber, quand tout sera devenu fade et triste et réel, tu iras la voir et ce sera terminé. Deux secondes. Tu ne lui diras pas pour Avery. Tu ne lui diras pas parce que tu sais qu'en réalité, elle sait déjà. Elle s'en doute, elle n'est pas stupide, elle n'est pas comme ça. Ou au moins, elle sait que tu n'es plus vraiment là ; même si elle ne sait pas trop pourquoi. Demain tu lui diras. Tu l’appelleras, elle aussi, parce que tu es si lâche et que c'est tellement difficile de lui dire ça en face et que tu sais que si tu lui donnes rendez-vous à nouveau tu n'arriveras toujours pas à lui expliquer ce qui ne va pas. Tu voudrais faire autrement. Tu voudrais avoir le courage de faire autrement. Mais si tu en avais été capable, tout aurait été beaucoup plus simple, Sidney. Une seconde, et puis tu raccrocheras. Juste une seconde, c'est juré, une seconde avant la fin, une seconde et puis tu iras dormir et oublier et chercher tes mots pour parler à Effie Ashen, la jolie Effie, trop jolie pour toi. Une seconde.

« Allô ?
- Attends-moi s'il te plaît. »

Et tu lâches ton portable.

Ce n'était pas tout à fait quelque chose de mal.
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Avery C. Standford
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MessageSujet: Re: say something, giving up on you ▇ sidney   Mer 28 Mai - 18:01

WHEREVER YOU GO, BRING ME HOME
La liste de contacts défila. Une nouvelle fois. Il y avait le voisin de classe du second trimestre, d'il y a deux ans, celui qui aimait bien les chats sans jamais parler beaucoup; il y avait la grande copine à qui l'on avait racontait tout; il y avait le type un timide dont elle avait amoureuse pendant des mois jusqu'à connaître son emploi du temps par cœur; il y avait la personne croisée la semaine dernière ou il y a cinq ans à qui on avait oublié de reparler...Il y avait tous ces noms qu'elle connaissait par cœur, à force de les lire en continu.

Un centième coup d'œil sur l'heure. Cent soixante-deux secondes sans avoir plus trouver le sommeil.

L'appareil se mit à vibrer.

Cent soixante treize secondes. Une de plus et le nom qui était là partout, apparut sur l'écran. Une de plus et le temps d'un battement de cœur perdu.

Avery regarda l'appareil longtemps, les lèvres soudain tremblantes et les doigts crispés. Elle relut plusieurs fois le nom, chaque lettre minutieusement comme pour être sûre qu'elle ne se trompait pas.  

Sidney.

Sidney.

Sidney.

Sidney était en train de l'appeler à trois heures du matin. Sidney qu'elle avait espéré courir comme si sa vie en dépendait pour la rejoindre, pour lui dire qu'il n'y avait que Elle, Elle, le centre de son Univers, son tout, son essentiel. Sidney était au bout du fil. Sidney qu'elle attendait était plus proche qu'il ne semblait l'avoir jamais été. Sidney venait de balayer toutes ses convictions branlantes, toutes ses résolutions déterminées. Il venait de tout envoyer s'écraser contre le mur. Il venait de tout réduire à de la poussière, toutes ses chimères qu'elle avait lentement essayé de se construire pour se convaincre qu'un monde sans lui, ça pouvait être tout aussi bien.

Et Avery réalisa qu'elle aurait voulu fuir. Elle aurait voulu pouvoir simplement reposer l'appareil et faire comme si elle n'avait jamais rien entendu, s'endormir soudainement dans un sommeil profond duquel elle se réveillerait dans un tout autre monde. Pour la première fois, depuis qu'elle était partie en claquant la porte, en hurlant et en le traitant de tous les noms du monde, du pire des connard qui existait, Avery avait peur. La peur qui lui serrait la gorge, le ventre, lui faisait trembler les mains comme une enfant prise en faute.

Avery avait peur d'entendre le son de sa voix. Avery avait peur de voir Sidney. Elle avait peur de savoir. Tout lui revenait à la figure avec plus de force encore qu'avant : Sidney et Effie, qui s'embrassent, qui se disent des mots doux, qui se lancent des regards tendres, la chaleur de la main du garçon dans la sienne ou la façon dont il riait quand il avait huit ans, la manière dont il avait l'habitude de la regarder aussi, ou comment il avait regardé Effie ensuite, l'odeur de ses vestes dans lesquelles elle avait nagé. Elle avait peur parce que tout s'était brisé dans le sol dans une explosion tonitruante, une détonation qui avait fait trembler les murs, les morceaux d'eux avaient éclaté, tonné, tempêté dans un orage de sentiments.

Elle avait peur parce que pour une fois dans sa vie, elle ne savait pas.

Elle avait toujours su pourtant: Sidney ça serait son frère, son meilleur ami pour la vie, son confident, son éternel. Sidney ce n'était pas compliqué, cela n'aurait jamais pu être compliqué parce que tout avait toujours été aussi simple entre eux qu'un : cap ou pas cap ? Quand ils avaient huit ans ou six ou douze, ils ne se posaient jamais de questions; pas même quatorze. C'était Sidney et Avery plus forts que le monde, la vie, le temps, ensemble pour toujours à compter les étoiles en composant des chansons.

Ils semblaient indestructibles.

Le doigt de la jeune fille dérapa.

Elle se sentit bête. Bête parce que ce n'était plus une collégienne, bête parce que ce n'était que Sidney, bête parce qu'elle avait dit qu'elle allait aller de l'avant et qu'elle allait se construire un autre monde, où il n'existerait pas. Un monde avec d'autres couleurs. Elle se sentit bête parce qu'elle aurait voulu pouvoir encore pleurer et se cacher loin des problèmes comme elle l'avait toujours fait, bête parce qu'elle ne voulait pas devenir adulte.

« - Allô ? » Sa voix tremblait mais, cette voix-ci elle allait lui dire. Cap Sidney. Cette fois-ci serait la dernière fois qu'elle hésiterait et la dernière fois qu'elle décrocherait. Cap Sidney. Tu entends Sidney?

Cap.

Cap.

Cap d'un monde sans toi.

« - Attends-moi s'il te plaît. »

Cap.

Mais ça aussi, Sidney c'est un mensonge. C'est à ton tour de donner un gage ! A ce jeu là, on dirait que c'est toujours toi qui gagne.  Tu as toujours été le plus fort pour qu'elle ait son cœur qui syncope et sa tête qui renverse. Comme le premier jour, la première fois, où tu l'as devancé à son propre jeu.

Ô Sidney, tu as toujours été le seul capable de changer le monde en un battement de cil.
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