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 uspide down we go - sid

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E. Billie Westwood
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MessageSujet: uspide down we go - sid   Lun 13 Jan - 10:35



Il passera la porte, l'air de tout, l'air de rien, le regard atrocement vide, complètement détaché. Ses cheveux sombres seront un peu décoiffés, comme à l'accoutumé. Son visage arborera un air désinvolte dont il sait si bien se parer.

Je me suis toujours demandé, d'où cela te venait Sidney.

Je me suis toujours demandé, si c'était l'arrogance ou l'insousciance qui animait tes traits. De laquelle des deux, t'armais-tu ?

À en juger par l'endroit qu'il appelle sa chambre, je dirais sans peine, que c'est la seconde qui lui sied le mieux. Je suis entourée par des cannettes de Dr.pepper. Elles jonchent le sol où gisent aplaties contre le bois de son bureau, chantant sur tous les toits son indifférence. C'est tellement Sidney,qu'un  petit rire s'échappe de mes lèvres. Je sais bien que je ne suis pas du genre expressive, que je mourrais plutot une centaine de fois avant de te l'avouer. Mais je serais dupe si j'ignorais la pointe d'affection que j'éprouve en ce moment même. Sidney est un crétin. Sidney est mon cousin.

Et Sidney m'avait un peu manqué.

Mais plutot s'abreuver de dr. pepper que de l'admettre à haute voix.
Quand je m'assois sur son lit, je ne remarque qu'une seule chose. Sidney n'a absolument pas changé. Sa chambre ici, est à peu près la même que celle que je lui connaissais. Fidèle à lui même, l'absence de tout objet scolaire est trop évidente. Il n'y a ni trousses, ni livres, ni cahiers, ni devoirs entamés. À la place, il y a, bien sur, un monde musical décliné de mille façons différentes. La basse de Sidney repose contre un mur. Les partitions fleurissent partout comme des champignons et on trouve des disques de musiques, ci-là.

Ça fait un an que je ne l'ai pas vu. Mais depuis que je le connais, Sidney n'a jamais vraiment changé. Sidney est hors du temps,un  habitant venu d'un autre monde, sans aucun doute. Sidney est par dessus tout un crétin fini.

Sa chambre est un dédale d'inutilités horripilantes, surtout encombrante. Il y a des chaussettes et des vêtements sales, délaissés et abandonnés. On trouve des breloques et babioles par centaines, que je ne saurais nommer. Il s'en fiche, totalement comme toujours, complaisant dans sa vacuité. Mais c'est Sidney après tout. Enfin, c'est si sale que je m'en sens irritée. Son indépendance, aurait du le faire grandir un peu. Il semble que ce soit le cas contraire.

C'est la régression et la décadence.

Je suis l'ordre et la justice.

Je ne sais pas bien combien de temps en tout j'ai pris. Mais je nous rends service à tous les deux. Quand il passera la porte de sa chambre, Sidney prendra tout compte fait, cet air étonné qui le rend si bête. Il me semble avoir jeté beaucoup de trucs, toutes les choses inutiles, des bandes déssinées, magazines débiles entre autres. J'ai passé l'aspirateur aussi, rangé ses chaussettes, plié ses vetements, ordonné ses partitions. Maintenant l'endroit me satisfait. C'est propre. C'est carré. Il n'y a rien à redire.

À présent j'attends. Les jambes croisées, je compte les minutes et les heures. Je ne suis pas particulièrement préssée, mais à l'instant présent ou le temps s'étale, pour une fois, devant moi comme une mer sans fin, je n'ai absolument rien à faire. À part attendre Sidney. Alors quand la poignée s'active, je souris légèrement en penchant la tête. Glorieuses retrouvailles.

Et il est là devant moi, comme je me souviens de lui, la dernière fois que je suis venue à Bunbury lui rendre visite. Drole de coincidence, qu'on se revoit dans ces circonstances, tout de meme.

" Coucou Sidney "

Je pourrais me lever, le serrer dans mes bras, mais je ne suis pas du genre à faire ça. Et Sidney non plus. Alors je me contente de le regarder poliment, mes jambes toujours croisées. Enfin, je lui dis.

" Drôle de coincidence non ? "

Et pour l'instant j'omets, de lui dire que je m'apprête à vivre avec lui pendant quelques temps. Sidney doit être assez surpris. Je ne voudrais pas lui faire froler l'arrêt cardiaque.


Spoiler:
 
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Sidney G. Carter
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Dim 26 Jan - 19:08



In your minds the evils are so sweet

Parfois, tu te rendais compte que ça te manquait, Sidney. Les après-midis où ta mère préparait le goûter. Avery planquait des muffins dans ses poches en pensant que personne ne s'en rendrait compte et toi tu buvais des litres de Dr Pepper sous l’œil déjà critique de Billie, qui mangeait ses éternelles tartines de confiture. Tu te rendais compte que ta mère te manquait, que l'Australie te manquait, que même les professeurs te manquaient. Tu te rendais compte que Billie te manquait.

Tu ne pensais pas être spécialement proche de ta cousine. Elle t'énervait plutôt, en fait. Avec ses cheveux blonds toujours bien coiffés et sa manie de ranger tout ce qui traînait comme s'il était impensable qu'elle évolue dans un milieu un tant soit peu désordonné. Elle venait souvent squatter ta chambre et elle piquait tes BDs sur les étagères. Chaque fois, elle les lisait entièrement avant de dire que décidément, tu avais vraiment des goûts littéraires qui laissaient à désire. « Des goûts littéraires qui laissaient à désirer » ! Elle avait un truc comme. Un an de moins que toi. Et elle s'exprimait comme ta mère. Ou même ta grand-mère. Ça avait vraiment le don de t'exaspérer. Et puis en plus, quand Avery venait, elles se mettaient dans un coin et commençaient à parler à voix basse pendant que tu jouais sur ton portable. De temps en temps elles te jetaient un coup d’œil et se mettaient à rire comme si tu n'étais pas là. C'était réellement agaçant. Dès que tu te mettais à bouder, elles te disaient d'être un homme et de te comporter comme tel. C'était quoi, se comporter comme un homme, hein ? Tu savais même pas. Mais tu voulais pas leur dire que tu savais pas, alors tu haussais les épaules avec l'air de dire que les filles, c'était vraiment trop bêtes.

Parfois vous alliez au parc ensemble. Enfin plutôt, parfois, Billie s'incrustait quand tu proposais à Av d'aller au parc. Vous jouiez aux chevaliers mais en fait t'étais le seul chevalier. Avery elle faisait la magicienne et Billie la princesse en détresse. Tu te souviens, une fois, tu l'avais attachée à un arbre en disant que ça faisait mieux pour l'histoire. Mais tu l'avais oubliée après avoir combattu le dragon. Ce jour-là, t'avais vraiment cru que ta mère t'arracherait la tête. Tu te souviens que Billie avait beaucoup pleuré cette fois-là et qu'elle t'avait dit qu'elle te détestait et qu'elle voulait même plus être ta cousine. Tu te souviens l'avoir emmenée à l'épicerie au coin de la rue et de lui avoir dit de choisir la glace qu'elle voulait. Tu te souviens de sa voix fluette, t'expliquant qu'après réflexion, elle acceptait de redevenir ta cousine sous condition que tu lui offres un paquet de cartes Barbie par semaine. T'avais négocié un mois.

Non, tu ne pensais pas être spécialement proche de ta cousine. Pourtant tu l'étais, indéniablement. Elle avait fait partie de ta vie pendant des années et puis du jour au lendemain, elle avait disparu. Ou plutôt, toi, tu avais disparu. Tu ne l'avais plus revue, plus entendue gémir pendant des heures sur le fait que ton lit était en désordre. C'était comme ça. Elle n'était plus là. De temps en temps tu te disais qu'elle te manquait et tu espérais vaguement la revoir. Mais tu ne t'étais pas attendu à ça.

Ce corps installé sur ton lit au retour d'une journée de cours, ce regard intelligent perforant le tien plus abruti que celui d'un poisson anémique.

" Coucou Sidney "

Tu devrais peut-être répondre, faire quelque chose. Mais t'es juste irrévocablement perturbé. Tu regardes cette tête blonde devant toi ; elle n'a pas trop changé. Peut-être a-t-elle pris quelques centimètres. Est-ce que c'est vraiment elle, ou est-ce que c'est Av qui te fait une blague ? Mais tu ne parles plus à Av.

" Drôle de coincidence non ? "

Elle a ce petit sourire, comme si elle était fière d'elle et de son petit effet. Toi tu bouges pas, impassible. Tu te demandes toujours si c'est un canular. Tu jettes un regard circulaire à ta chambre tout en te disant que quelque chose est vraiment étrange dans tout ça. Tes sourcils se froncent un instant avant que tu ne comprennes. Ta chambre. Ta chambre est rangée. Où sont passées tes canettes ? Ta collection depuis six mois ? Ah et puis tes magazines avec les trucs et astuces du dernier jeu que tu t'es acheté. Disparus. Alors cette fois tu comprends, tu comprends que c'est vraiment Billie ; parce que c'est la seule personne que tu connaisses qui soit capable de s'infiltrer dans ta chambre et de tout remettre en ordre sans te demander soit la permission soit une somme d'argent exorbitante.

« Qu'est-ce que tu fous là toi ? »

Tu laisses tomber ton sac avant de t'affaler à côté d'elle sur le lit. Tu sais que tu aurais dû dire quelque chose d'émouvant. Quelque chose digne de ces retrouvailles cousin-cousine, une famille enfin réunie quel bonheur. Mais t'as jamais su et tu sauras jamais faire ça Sidney. Donc tu te contentes d'une deuxième intervention tout aussi pathétique que la première.

« J'espère que t'as pas vraiment balancé toutes mes affaires. »

T'oses pas la regarder, t'oses même pas trop bouger. Tu t'attends à ce qu'elle disparaisse dans un nuage de fumée ou à ce que tu te réveilles en sursaut au milieu de ta chambre en bordel.
Parce qu'en fait, la réalité, c'est que ça ne peut pas être réel.
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E. Billie Westwood
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Lun 24 Fév - 14:51



Parfois, rarement, quand j'ai le loisir de penser un peu : Je me dis que j'ai grandi un brin trop vite. J'aurais voulu que le temps s'allonge et s'étale au pied des saisons de mon enfance. J'aurais voulu que les étés passés à Bunbury s'ancrent dans ma mémoire de manière plus définitive. J'aurai voulu que l'insouciance de ces moments passés là-bas, laissent une empreinte plus puissante et durable sur les fibres de mon être, pour que je puisse sourire nostalgique et soupirer tout haut à Sidney  ; Ça me manque quand on était gamin.
On aurait pu faire comme dans les films du samedi soir. S'adosser, l'un contre l'autre, les doigts de pieds recroquevillés et penser tout haut à des souvenirs enfouis dans les tréfonds de nos mémoires. Et nos rires immatures auraient filés dans la pièce, comme des staccatos, un peu saccadés et étouffants, tellement attachant. Ç'aurait pu-t-être comme ça. Il y aurait eu un air convivial, nostalgique, peut-etre un poil dépressif. Mais on aurait souri comme les gamins naifs que nous étions des années auparavant.

Mais Sidney et moi ne sommes pas de cette trempe là. Il est détaché dans ses relations, moi pudique dans mon affection. Alors au lieu de ça, on se dévisage comme deux vieilles connaissances, peu sures de s'être reconnues, comme émergantes d'un brouillard. On bat des cils comme pour chasser la fumée d'un revers de la main.

Enfin Sidney se rend compte que le temps ne s'est pas figé. Il scrute avec attention les alentours avant que son regard soit brièvement traversé d'une lueur, comme  témoin d'une réalisation soudaine. Finalement il semble se rendre compte.

Les pieces du puzzles s'assemblent dans son esprit, enfin il lache du bout des lèvres

« Qu'est-ce que tu fous là toi ? »

Je m'offusque un peu. Sa réponse est brusque, mal polie, tellement rude, mes sourcils se froncent tout seul. Mais je m'y attendais tellement au fond, qu'un petit sourire étire d'avantage mes lèvres. C'est sa surprise qu'il exprime. Après tout, je suis apparue de nulle part, sans prévenir, sans rien dire, au milieu de sa routine. Alors je comprends. Mais je lui offre, tout de meme, mon air le plus condescendant possible, qui ne semble guère l'affecter.

Son sac émet un bruit sourd en heurtant le sol. En quelque pas Sidney franchit la distance qui le sépare du lit, sur lequel il se laisse tomber lourdement. Si lourdement en fait, que le matelas tremble sous moi. À ce moment la je sais. Je sais que c'est bien Sidney avec moi. Il ne fait meme pas mine d'essayer de masquer ses manières de gorilles, alors qu'il sait très bien ce que j'en pense. Mais je ne dis rien. Ça fait longtemps déjà, que j'ai levé le drapeau blanc et rendu les armes, en déclarant Sidney Gabriel Carter irrécupérable, que Dieu ait pitié de son âme.

Je sais qu'à ce moment il pense encore à sa chambre, victime d'un élan maniaque. Qu'il s'inquiète un peu, de tout comme de rien.
Sidney est transparent, je sais déjà tout ce qu'il va me dire, je n'ai meme pas besoin d'écouter ce qu'il me dit. Les mots sont dans ses yeux, inscrits sur ses joues, ils n'ont pas besoin de sortir de sa bouche.

Il s'inquiète pour ses affaires évidemment.

Je ne réponds pas tout de suite, délibérement. Je le regarde, mais lui a les yeux qui traçent une ligne droite devant lui. Comme s'il souhaitait me voir, sans totalement le faire. Un peu comme s'il était Orphée, hésitant de se retourner à l'idée qu'en me regardant je disparaisse. Ou au contraire, qu'en se retournant, il se rende compte que tout ça est bien trop réel.

Enfin je détache mon regard de Sidney pour fixer le mur en face de moi. Je ne sais pas quoi dire, en fait. Il y a trop de choses trop de trucs affolants. Les mots m'échappent, j'essaie de les rattraper, les organiser pour formuler quelque chose de pas trop bancal.

- Je ne sais pas. C'est un peu fou honnêtement. Je suis arrivé vers midi je crois. J'ai vu ton nom sur une liste dans le hall et je suis allé voir un chef de dortoir. Et me voici.

Je cligne des yeux rapidements. Je me sens un peu mal à l'aise dans ma robe blanche et j'ai l'impression que mon veston bleu est trop serré. Sans un mot je m'adosse à l'épaule de Sidney en fixant le plafond.

- J'ai juste jeté tes magazines débiles. Et tes canettes. Parce que c'est dégoutant. Ta mère serait horrifiée si elle voyait ça tu sais ?

J'aimerais parler d'autre chose que de banalités de la sorte. J'aimerais lui demander ce que ça fait de vivre seul, s'il n'a pas un peu peur, si rien ne lui manque. Si la vie ici n'est pas trop ennuyante. Mais avant, la question qui me démange depuis mon arrivée sort trop vite, avant que je ne puisse cacher mon excitation.

- Av est ici pas vrai ?
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Sidney G. Carter
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Mer 9 Avr - 18:09



Sadness is a blessing

Et en fait, t'étais pas si doué que ça avec les retrouvailles. Tu t'en rendais compte juste là maintenant. Quand tu retrouves quelqu'un après un très long moment, tu te demandes si c'est vraiment vrai ou si tu délires. T'avais tendance à pas mal délirer en ce moment, alors une hallucination de plus ou de moins en fait, tu t'en foutais. Tu te disais juste des trucs stupides du genre « ok, billie est dans ma chambre, elle va me faire la morale et me filer le numéro du coiffeur, c'est cool » ou bien « est-ce qu'elle aime encore la confiture de myrtille ? ». Ton esprit paraissait refuser d'admettre que la situation était tout simplement extraordinaire. Tu sentais son regard sur toi mais tu t'entêtais à fixer le mur comme si tu ne t'en rendais pas compte, comme si le simple fait de la regarder la rendrait indéniablement réelle.
Ça te faisait flipper, le réel.

- Je ne sais pas. C'est un peu fou honnêtement. Je suis arrivé vers midi je crois. J'ai vu ton nom sur une liste dans le hall et je suis allé voir un chef de dortoir. Et me voici.

Sa tête sur ton épaule par exemple, c'était un peu trop réel pour toi.
Et ses remarques sur ta chambre et ta mère aussi. Putain des fois ta mère elle te manquait tu savais pas pourquoi. C'est idiot d'avoir dix-huit ans et de toujours vouloir sa maman, tu sais. Mais c'était plus fort que toi. Chaque fois que tu sortais avec Effie en pensant à Av, chaque fois que tu embrassais Av en pensant à Effie, tu voyais l'image de ta mère avec ses muffins au citron et tu l'entendais te dire que, vraiment, t'étais un sacré bon à rien quand tu voulais. Tu l'imaginais te prenant dans ses bras en t'assurant que tout allait bien se passer, qu'il fallait pas s’inquiéter. Une maman ça doit avoir des pouvoirs magiques. C'est la seule qui peut te dire que ça va aller et qui te donne l'impression que ça va vraiment aller.

- Av est ici pas vrai ?

L'excitation presque tangible dans sa voix. T'étais obligé de te tourner vers elle après ça. Et quand tu la regardais, ça te frappait. Ses cheveux. T'avais oublié comment ils étaient blonds, mais maintenant tu te souvenais. Tu te souvenais quand vous alliez à la plage et que les cheveux d'Avery devenaient vraiment blonds sous le soleil et les passants les regardaient quand elles gambadaient avec leurs sacs et leurs serviettes, les passants les pointaient du doigt, et toi t'étais derrière et tu les entendais les nommer les deux, les deux petites blondes.

- Ouais.

Tu savais jamais quoi dire. Pourquoi tu savais jamais quoi dire ? On te le reprochait tout le temps, comme quoi tu savais pas faire la conversation ; voire même, tu avais un fameux talent pour couper court à celle-ci. Les mots te venaient pas. Tu devais toujours réfléchir un milliard d'années avant de sortir une phrase, tu t'étais même demandé si t'étais pas une sorte d'attardé ou quoi. Tu réfléchissais tout le temps, Sidney. Ça t'empêchait de t'endormir et ça reprenait au réveil comme si rien ne s'était passé. Ça te perturbait au milieu d'un cours ou d'un exercice, ça te pourrissait la vie quand tu voulais faire les choses simplement parce que rien ne te paraissait jamais simple. La vie, pour toi, c'était juste un interminable casse-tête. Un Rubik's cube géant avec des facettes à n'en plus finir. Une tapisserie avec des fils tellement emmêlés qu'on n'arrivait plus trop à s'y retrouver.

- Elle doit être dans sa chambre. Mais en fait je sais pas. J'en sais rien d'où elle est.

Tu savais plus rien d'elle. Ça te désespérait parfois. Avant c'était pas pareil tu vois, avant t'avais cette impression que tout était déjà acquis, que de toute façon personne ne pourrait jamais mieux la connaître que toi. Tu te sentais spécial et indétrônable. Tu te sentais petit prince de son cœur. T'avais pas besoin qu'elle te dise qu'elle t'aimait, tu t'en foutais tant qu'elle te laissait être à ses côtés et tant que tu pouvais continuer à nourrir tes « un jour ». Un jour tu serais le roi. Peu importait le temps qu'il fallait.
Maintenant tu te retrouvais pauvre esclave paumé et plus rien n'avait de sens.

- Je la vois plus trop en ce moment.

Plus trop. Ou plus du tout. L'un ou l'autre, c'était du pareil au même. C'était toujours et implacablement pas assez. Des fois t'arrivais à te dire que tout ça c'était qu'un drôle de rêve et que c'était pas si grave au fond ce qui pouvait bien se passer. Mais la tête de Billie sur ton épaule, à chaque fois, ça te rappelait que tu étais bien vivant Sidney. A chaque seconde, son poids sur toi et ses cheveux sur ta joue, ça te rappelait la plage et ses deux petites blondes.
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E. Billie Westwood
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Lun 2 Juin - 11:10


Et si je n'étais pas moi, si je n'étais pas Billie Westwood je me serais étalée en arrière façon étoile de mer et j'aurais avoué timidement quelque chose comme ''Dis moi qu'Av' est ici, elle me manque tu sais''.
Parce qu'avant que je ne découvre le maquillage, les jupes et l'amour, il y avait Avery. Elle avait été ma première copine, mon premier modèle, l'héroine de mon enfance, antérieure à ma période adolescente. Pour toutes ces raisons là, Avery était d'une importance tout particulière pour moi.
J'avais vraiment envie de la revoir. Surtout compte tenu des circonstances.
Alors, je garde mon regard rivé sur les yeux de Sidney qui se lèvent lentement, doucement pour croiser les miens.
On se dévisage en silence, nos visages éclairés par la lumière d'un jour couchant. Sous cette éclairage le regard un peu terne de Sidney parait presque flamboyant. Je remarque qu'il ne me regarde plus. Il a un air étrangement absent comme s'il pensait à autre chose en fait.
Et ça m'a toujours énervé.
Je me mets à froncer les sourcils et pincer des lèvres. Il me répond presque tout de suite.

- Ouais.

Sidney ne dit jamais oui pour affirmer une interrogation. Il dit toujours ouais, d'une voix trainante un peu molasse, inévitablement détachée. Mais pour l'avoir connu depuis toujours, je sens bien qu'il y a quelque chose qui cloche là tout de suite. Son ton est trop lourd, trop las. En plus il cherche des mots. Le Sidney de Bunbury ne s'encombrait pas d'explication en profondeur avec moi. Il me répondait de manière succinte toujours et il savait parfaitement que je n'aimais pas ça.
Celui que j'ai en face de moi me parait soucieux de beaucoup de choses. Je me demande alors si Sidney a changé. Quand j'y pense, ça fait vraiment beaucoup de temps qu'on ne s'est pas revu.

- Elle doit être dans sa chambre. Mais en fait je sais pas. J'en sais rien d'où elle est.

Le ton de Sidney devient de moins en moins affirmé comme s'il perdait pied. Plus je le regarde, plus j'ai l'impression qu'il est affligé. Et quelque part ça m'irrite ; Je pensais retrouver mon cousin indifférent, celui qui avait voulu me mettre la tête dans les toilettes, au lieu de quoi, j'ai un Sidney qui de plus en plus, parait déchargé, comme un téléphone sur batterie faible.
La différence entre les deux Sidney est imperceptible. Mais en fait, peut-être que je délire et que ça fait trop tout simplement longtemps que je ne l'ai pas vu.
Ou peut-être que moi aussi, je suis incapable de résoudre le mystère que constitue mon cousin.
Et à chaque seconde qui passe, il parait de plus incomfortable, comme s'il avait quelque d'accablant à me dire. Il crache finalement le morceau.

- Je la vois plus trop en ce moment.

Tout s'explique. Je lève ma tête de son épaule et je me redresse. Et je lui décoche le regard le plus sévère dont ma génétique m'a doté. Il y avait quelque chose de si naturel dans le binome que formait Sidney et Avery ; Ils se connaissaient depuis toujours et je suis persuadé que Sidney n'a jamais connu la vie sans Avery.
Ne la voir plus trop en ce moment voulait dire beaucoup de choses ; Comme ils se voyaient tout le temps.
Ne la voir plus trop en ce moment, pour Sidney, ça devait-être quelque chose comme vivre sans jeux vidéos. Un handicap vivable physiquement mais éprouvant mentalement. J'en étais persuadé.
Ma curiosité est alors à son summum. Sidney a du faire quelque chose d'absolument impitoyable parce qu'Avery n'aurait jamais rien fait à Sidney. Enfin j'ose l'espérer.
Parce que je voudrais bien qu'on se retrouve un jour tous les trois, à arpenter les plage si familières de Bunbury.

- Il s'est passé quoi Sid ?

Nous sommes rarement tendres lui et moi, mais comme cette situation inédite l'exigeait, j'avais sorti mon sourire le plus compréhensif. Parce que crétin ou pas, Sidney était tout de même mon cousin.
J'essaie d'anticiper sa réponse et je me mets à imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables mais aucun ne convient vraiment.
Pour encourager Sidney et lui donner tout mon courage je pose ma main qui parait toute petite, sur son dos. Je le tapote doucement ; Je dois avouer que je ne suis pas douée pour ces choses-là.

- Si c'est triste et que t'es tout seul dis toi que je vais vivre avec toi le temps qu'on arrange ça.

Cette fois, c'est mon sourire faussement adorable que je lui offre. Ce sourire qu'il a si bien connu durant notre enfance, à chaque fois que je l'embêtais.

- Et tu me passes ton téléphone s'il te plait Sid ?
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Sidney G. Carter
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Mar 24 Juin - 21:01



cold kind hand

Me faire engueuler par Billie Westwood ne faisait certainement pas partie de mes plans initiaux. Alors quand elle me sert son regard le plus strict et le plus déprimant du monde, j'ai juste envie de la balancer par la fenêtre. Ou, plus simplement, de lui montrer que la porte c'est par là-bas et que je la retiens pas. J'avais oublié combien elle pouvait être énervante parfois, avec son petit air de « t'es trop bête Sidney, je t'avais prévenu que je savais mieux que toi » putain. C'est une caractéristique qu'elle partage avec Av. Et avec toutes les autres filles de la planète d'ailleurs. Sérieux, elles peuvent vous rendre dingue. Elles vous font les pires coups de la Terre, répondent non quand c'est oui, oui quand c'est non, disent qu'elles veulent rien pour leur anniversaire et pleurent quand vous arrivez les mains vides. Et quand vous pensez enfin avoir tout bon, être réglo et sympa et compréhensif, elles vous balancent que vous êtes qu'un connard, que vous comprenez rien et qu'elles vous parleront plus jamais. Donc des fois, honnêtement, j'ai juste envie de leur dire ok, cassez-vous. De toute façon j'ai pas besoin de trois mille filles, j'ai juste besoin d'une seule, et elle m'adresse plus la parole.

« Il s'est passé quoi Sid ? »

Et puis les filles, souvent, ça fait comme Billie. D'un seul coup ça redevient hyper sympa, et vous savez pas pourquoi. Doit y'avoir un certain nombre de mécanismes dans leurs cerveaux que je pige pas. Je donnerai mon âme pour un décodeur. Sans exagérer. Elle me tapote le dos comme si j'avais six ans, et je sais pas si je dois prendre ça pour un signe d'affection ou un signe d'affliction. Mais j'aime bien. Ça me rappelle ma mère, quand elle voyait que j'allais pas bien mais qu'elle savait pas trop comment faire pour m'aider. Elle avait toujours cette tête là, un peu timide, osant à peine me toucher comme si je risquais de lui exploser à la gueule. Et puis elle me disait des trucs débiles, qui servent à rien en fait sauf à me rassurer, comme un pansement miniature sur un bras cassé. C'est psychologique. Ça soigne pas vraiment, mais c'est tout comme. Elle me disait des trucs comme Billie me dit là.

« Si c'est triste et que t'es tout seul dis toi que je vais vivre avec toi le temps qu'on arrange ça. »

Elle sait pas de quoi elle parle, elle sait pas ce qui va pas, mais bon elle est là quand même. Elle est là. Ça fait des mois que je l'ai pas vue et elle est sur mon lit comme si elle l'avait jamais quitté, avec ses jambes fines de sauterelle et son sourire ironique au possible. Je suis sûr qu'elle rêve de me balancer une vanne mais qu'elle le fait pas au cas où mon problème soit vraiment grave. Est-ce que mon problème est vraiment grave ? Je sais même pas. Je sais même plus. J'ai perdu le sens des réalités. Tout ce qui était léger est devenu lourd, tout ce qui était lourd est devenu léger. Inversion de la pesanteur. Je me suis fait hacker ma vie un peu, tu vois.

« Et tu me passes ton téléphone s'il te plait Sid ? »

Je hausse un sourcil parce que mon téléphone c'est un peu comme mon meilleur pote et mon pire ennemi en ce moment, mais je finis par le sortir machinalement de ma poche de jean et par lui passer. Ça sert à rien de discuter avec elle de toute façon. Elle est comme toutes les filles je vous dis. Elle a toujours raison, c'est toujours la plus triste, et si vous vous disputez, c'est vous l'enculé. Je sais pas pourquoi je trouve ça drôle, je devrais pas trouver ça drôle. C'est chiant de se lever le matin quand tout tourne à l'envers. Mais avec Billie assise bien convenablement sur ma couverture en désordre, avec ses allures de petite fille modèle, mes problèmes les plus graves paraissent prendre une autre dimension. Elle fait tellement rationnelle, posée là telle une tâche de café sur une lettre parfaitement paraphée. Elle semble débarquer d'une autre planète. C'est peut-être un peu ça d'ailleurs.

« J'suis sorti avec une fille, elle s'appelle Effie, parce que Av était pas amoureuse de moi du coup je me suis dit que ce serait plus facile de l'oublier si je sortais avec une autre et Effie était super sympa et super amoureuse de moi. »

C'est étrange de raconter toute l'histoire. J'ai l'impression que tout le monde dans l'académie est déjà au courant. Bon ça doit pas être vrai, mais j'ai jamais eu à expliquer la situation à qui que ce soit. Et là je suis censé mettre des mots sur mon bordel sentimental, devant ma propre cousine. Je sais pas si je suis tombé hyper bas et que j'ai plus rien à perdre ou si c'est juste que c'est normal de parler comme ça avec un membre de sa famille, aussi déglingué soit-il.

« Sauf qu'Av était amoureuse de moi aussi en fait. Et quand elle me l'a dit je lui ai dit que j'allais quitter Effie mais j'ai pas réussi à le faire parce que sérieux Effie si tu la connaissais tu comprendrais elle est juste trop. Trop gentille et trop sincère et trop tout ce que tu veux. Je savais pas comment faire. »

Plus je parle et plus je me sens con. Clairement.

« Du coup Av veut plus jamais me parler et j'ai quitté Effie par téléphone donc je pense qu'elle voudra sûrement plus jamais me parler non plus. Ou alors elle va vouloir me tuer, je sais pas vraiment encore ce qu'elle en pense parce qu'elle m'a raccroché au nez. »

Je fixe le blanc du plafond et honnêtement, s'il pouvait m'absorber pour l'éternité, ce serait parfait. Je suis pas prêt à entendre le sermon de Billie. Je sais ce qu'elle va me dire. Que je suis trop nul et que je fais pas attention aux filles et que si j'avais été plus vigilant j'aurais compris qu'Avery m'aimait. Mais j'ai dû me déclarer un milliard de fois à Av au cours des trois dernières années, et elle m'a toujours rejeté avec ce même rire, comme si j'étais vraiment trop bête et que c'était même pas envisageable. Même pas envisageable. On est potes, hein ? Ça me déprimait à en crever. Alors sérieux, est-ce que c'est de ma faute si elle, elle s'est réveillée trop tard ? Je sais plus. Vas-y, Billie. Dis-moi que je ne comprends rien aux filles. Vas-y.

Je pourrais que t'approuver, de toute façon.


(hs mais je me suis rendue compte que c'était à la première personne à la fin)(i am so sorry)(je roule)
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E. Billie Westwood
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MessageSujet: Re: uspide down we go - sid   Dim 18 Jan - 14:27


Sidney a haussé un sourcil l'air dubitatif puis il l'a sorti de sa poche lentement et l'a tendu vers moi. Je le prends machinalement et je navigue entre les différents écrans fourrés d'applications en tout genre. Je clique sur doodle jump de manière mécanique. Je me souviens d'y avoir joué souvent la dernière fois que j'avais vu Sidney ; N'avoir pas réussi à le battre m'avait vraiment contrariée.

Entre deux morts bien trop hatives, je lève un petit regard sur lui en attendant qu'il m'explique. Cette histoire a l'air follement compliquée. Et quand il commence enfin a me raconter, j'écoute ses paroles dont les mots maladroits trébuchent tout en jouant à Doodle Jump. Lentement je le vois déballer tout ce qu'il avait dans son sac en essayant de ne pas le juger ; A vrai dire je voulais juste savoir ce qu'il s'était passé. Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que Sidney a été nul sur ce coup la, plus nul que d'habitude. Et en même temps je me sens coupable parce qu'une petite partie, une partie infime de moi mais tout de même et malgré tout une partie de moi, s'esclaffe en imaginant Sidney en Don Juan. Il fait quand même mignon d'ailleurs avec son air de rocker, ses cheveux mal coiffés et son look négligé. Mais qui aurait pu l'imaginer en séducteur invertéré, briseur de coeur malgré lui.
Au final quand il a enfin fini son histoire et que je meurs au meme moment dans doodle jump, je lève la tête et je le regarde avec un sourire faussement navré.

- T'es un peu con Sid.

Je ne sais pas ce qui m'indigne le plus, qu'il ait fait mal à Av ou qu'il se soit rabattu sur quelqu'un d'autre en sachant pertinemment qu'il n'avait pas grand chose à lui offrir. En temps normal je lui aurais fait la leçon pendant des heures mais ça serait superflu aujourd'hui. Il traine sa culpabilité avec lui depuis quelque temps et c'est bien suffisant pas la peine d'en rajouter ; Je ne suis pas une vraie méchante. Je vois bien que Sidney est à terre, je ne vais pas le piétiner. Alors à a la place je me dis qu'il faudrait juste qu'il pense à autre chose. Je lui balance son téléphone qui affiche une énième mort et un score piteux.

- Il est naze ce jeu.

Je m'étire un peu avant de m'appuyer de manière vaguement négligée contre le mur. Je regarde Sidney tranquillement en souriant.

- Tu te souviens de Blake ? Grand, brun, bronzé, fan de rugby ?

Blake était un gars de Sydney dont j'avais parlé souvent à Avery et Sidney il y a quelques années de cela et qui m'avait même accompagnée a Bunbury une fois comme il avait de la famille dans le coin.

- C'était juste un pote au début.. Enfin tu sais quoi.. T'imagines déjà la chose.

Je le regarde avec un air d'évidence en souriant a moitié en cherchant les mots exacts.

- Comme 90% des garçons que je connais Blake a voulu sortir avec moi il y a trois mois, d'ailleurs je ne fais vraiment pas exprès, c'est fou. Je suis si jolie que ça ?

Ma question est purement rhétorique. J'aime bien être avec Sidney parce que je peux dire toute sorte de chose parce que je sais bien qu'il s'en fiche.

- Enfin Blake tu as vu c'était un vrai ami et du coup j'ai dit oui parce que je sais pas à quoi je pensais à ce moment la. BREF. Pendant deux semaines tout allait bien, on faisait des trucs de couple mais j'étais pas certaine d'être amoureuse, je me faisais tripoter parfois.. C'était génial quoi. Et puis comme on était en Janvier Blake comme tout le temps est parti en vacance avec sa famille. BREF, figure toi que j'étais triste parce que je commençais a m'y faire tu vois mais c'est pas le problème. Donc la vie continuait tranquillement à Sydney puis un jour Anita m'a invité à manger chez elle et là-bas j'ai rencontré son frère Anthony qui a un an de plus que nous seulement. et BREF, tu imagines déja comment ça s'est passé. Quand Blake est rentré je lui ait pas dit tout de suite.. J'avais peur qu'il se sente mal sauf qu'Anthony me plaisait. BREF.

J'ai parlé très vite à la fin je regarde Sidney en repensant brièvement à ce que je venais de lui raconter. Au début je me sentais un peu mal mais maintenant cette histoire me laissait de marbre.

- Tu penses que je suis une garce ?

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uspide down we go - sid

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